S'abonner
Se connecter
logo du site ledesk
Newsroom
Le meilleur de l’actualité au fil des événements
09.10.2025 à 09 H 14 • Mis à jour le 09.10.2025 à 23 H 23
Par
Contenu partenaires

CNSS : la généralisation de l’Assurance Maladie Obligatoire, un tournant historique pour le Maroc

Le siège de la CNSS à Casablanca. Crédit : Le Desk Le siège de la CNSS à Casablanca. Crédit : Le Desk
Dans le cadre du chantier royal de protection sociale lancé sous l’impulsion du roi Mohammed VI que Dieu l’assiste, la CNSS étend progressivement l’AMO à l’ensemble des citoyens. Du régime AMO Tadamon, destiné aux populations les plus vulnérables, aux travailleurs indépendants, salariés et personnes sans activité professionnelle, chaque Marocain bénéficie désormais d’un droit effectif à la couverture médicale. Cette avancée marque une étape décisive vers l’instauration d’un système de santé universel, solidaire et durable

Depuis 2021, le Maroc vit une transformation majeure de son système de protection sociale, portée par la volonté royale de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. L’objectif est clair : garantir à chaque citoyen un accès équitable aux soins médicaux. Acteur principal de cette transformation, la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) a su orchestrer avec efficacité la généralisation de l’Assurance Maladie Obligatoire (AMO). Ex- RAMED’istes, travailleurs indépendants, salariés et personnes sans activité sont désormais couverts par l’AMO. Résultat : des millions de Marocains peuvent aujourd’hui accéder équitablement aux services de soins.


La vision royale et le cadre institutionnel

L’initiative s’inscrit dans une trajectoire voulue et tracée par le Roi Mohammed VI, qui a placé la protection sociale au cœur des réformes nationales. Ses discours, notamment au Parlement et lors des fêtes du Trône, ont fixé une ligne claire : garantir une couverture universelle, sans laisser aucun citoyen au bord du chemin.


La loi-cadre n°09-21, adoptée en 2021, a constitué le socle législatif de cette ambition, offrant aux institutions publiques l’impulsion nécessaire pour refondre le système de couverture maladie. Le Conseil économique, social et environnemental (CESE), dans un avis publié à l’automne 2024, a salué cette dynamique, qualifiant la réforme d’« intérêt crucial » tout en appelant à consolider les acquis et combler les failles encore présentes. Mais au-delà des textes, il fallait une force opérationnelle capable de transformer cette vision en réalité quotidienne. Ce rôle pivot revient à la CNSS, qui s’est elle-même engagée dans une profonde mutation pour accompagner ce chantier national.


Une architecture sociale inclusive et durable

La généralisation de l’AMO repose sur une structure intelligente et flexible, offrant aux nouveaux bénéficiaires les mêmes droits et prestations octroyés aux salariés du secteur privé (AMO TS), qui constituent la base historique du système de sécurité sociale marocain. Le panier de soins, les taux de remboursement et les modalités de prise en charge sont identiques, garantissant une équité réelle dans l’accès aux soins de santé.


Il s’agit donc d’un régime unifié qui se décline en trois nouvelles portes d’entrée, selon la situation professionnelle et sociale du citoyen :


-De l’assistance à l’assurance : l’AMO Tadamon

Pendant longtemps, le RAMED représentait le filet de sécurité des ménages les plus précaires. Mais il s’agissait d’un dispositif d’assistance, sans logique assurantielle. Depuis décembre 2022, il a été remplacé par l’AMO Tadamon, un régime où l’État assume la cotisation au profit des plus vulnérables. Résultat : plus de 11 millions de bénéficiaires profitent désormais d’une prise en charge étendue, incluant non seulement l’accès aux hôpitaux publics, mais aussi aux soins ambulatoires et aux remboursements dans le secteur privé selon les tarifs de référence. L’État consacre près de 9,5 milliards de dirhams par an pour assurer la pérennité de ce régime.


Dans les agences CNSS, des milliers de dossiers AMO Tadamon affluent chaque jour. Pour de nombreux bénéficiaires, comme Hassan, père de famille, ce changement a bouleversé leur quotidien : « Je n’hésite plus à consulter pour mes enfants, même pour un simple rhume. Avant, le coût me faisait reculer. »

 

-L’intégration des travailleurs indépendants

L’AMO TNS couvre une mosaïque de professions qui, jusqu’alors, évoluaient en marge du système de sécurité sociale. Médecins, commerçants, artisans, agriculteurs, chauffeurs, auto entrepreneurs… tous les TNS sont désormais éligibles à une couverture médicale structurée, avec une cotisation déterminée par un décret d’application selon le revenu de chaque catégorie.


En 2024, plus de 3,4 millions de travailleurs non salariés et leurs ayants droit avaient intégré le système. Le défi reste toutefois considérable : beaucoup peinent à payer régulièrement leurs cotisations, ce qui entraîne une fermeture temporaire de leurs droits. Pour y remédier, la CNSS déploie des dispositifs de sensibilisation et de rattrapage. Comme le souligne son directeur général, Hassan Boubrik, « légiférer ne suffit pas, il faut stimuler l’adhésion réelle, notamment dans les zones rurales et informelles ».

 

-AMO Achamil : la pièce complémentaire

Depuis janvier 2024, le dispositif s’étend aussi aux personnes sans emploi ni statut professionnel mais solvables. C’est l’AMO Achamil, fondé sur le Registre Social Unifié (RSU), qui permet aux ménages dépassant le seuil de vulnérabilité, mais sans activité déclarée, de cotiser volontairement.


Cette offre complète l’édifice de la couverture universelle, en veillant à ce qu’aucune frange de la population ne soit laissée pour compte. Il s’agit d’une étape audacieuse, qui traduit la volonté d’une inclusion totale dans le système.


Cette pluralité des régimes AMO ne constitue pas une fragmentation, mais une réponse ciblée aux besoins spécifiques de chaque catégorie sociale. Elle reflète une vision inclusive et pragmatique d’un état social, où chaque citoyen trouve sa place dans un système sanitaire cohérent, solidaire et équitable.


Un parcours continu de couverture

L’un des aspects les plus novateurs de la réforme réside dans la continuité des droits. Un salarié qui perd son emploi bascule vers l’AMO Achamil, un indépendant recruté en contrat salarié passe automatiquement à l’AMO TS, et un bénéficiaire de AMO Tadamon dont les revenus progressent rejoint un régime contributif. Cette fluidité, encore en cours de consolidation, évite les ruptures brutales et accompagne les parcours de vie.


Les chiffres d’une mutation inédite

Quatre ans après le lancement de ce chantier gigantesque, les résultats sont remarquables. La CNSS a intégré plus de 15 millions de nouveaux bénéficiaires dans le régime AMO, portant la couverture médicale à plus de 80 % de la population marocaine, contre seulement 40 % avant la réforme. En 2024, le montant total des remboursements a dépassé les 18 milliards de dirhams.


Cependant, des défis subsistent. Le CESE estime à 8,5 millions le nombre de personnes encore hors couverture ou aux droits suspendus. L’équilibre financier du système dépend de la solidarité entre assurés, notamment la contribution des plus jeunes et des plus sains pour compenser les plus vulnérables. La fiabilisation du RSU, la lutte contre la fraude, la digitalisation du recouvrement et la réduction des disparités entre régimes CNOPS et CNSS restent des priorités majeures.


La modernisation de la CNSS

Chef d’orchestre de cette réforme, la CNSS incarne aujourd’hui une administration moderne, proactive et résiliente. Grâce à une stratégie digitale ambitieuse et une présence territoriale renforcée, elle est en mesure de répondre aux exigences d’un système de protection sociale élargi, tout en plaçant l’assuré au cœur de ses préoccupations.


Une digitalisation accentuée

La CNSS a fait de la transformation numérique un levier stratégique pour fluidifier les parcours assurés et absorber l’augmentation des flux. L’application mobile MaCNSS en est l’illustration parfaite. Avec 340 000 utilisateurs uniques chaque jour, elle permet : le suivi des remboursements, le téléchargement d’attestations, la déclaration des ayants droit, la consultation des droits AMO…


Pour accompagner les nouvelles catégories d’assurés — notamment les Travailleurs Non-Salariés, les bénéficiaires d’AMO Tadamon et AMO Chamil — l’application a été enrichie d’une interface en langue arabe, facilitant l’inclusion numérique.


À ses côtés, le service Taawidaty offre aux assurés la possibilité de gérer à distance leurs demandes des prestations du régime général : pensions, allocations familiales, indemnités journalières de maladie et de maternité, indemnité pour perte d’emploi (IPE), et remboursement des cotisations.


Un maillage territorial renforcé

La digitalisation ne s’est pas faite au détriment de la proximité. Bien au contraire. La CNSS a également renforcé sa présence territoriale, avec plus de 3 000 points de proximité pour le dépôt des dossiers de maladie, 176 agences fixes et 65 agences mobiles, afin d’être au plus près des assurés, même dans les zones les plus reculées. Cette stratégie hybride (digitale et territoriale) a permis d’améliorer significativement la qualité de service, tout en garantissant une couverture nationale efficace.


Et ce n’est pas fini, la prochaine étape majeure concerne la digitalisation complète de l'assurance maladie par la mise en place de la feuille de soins électronique. Ce projet, déjà bien avancé, permettra une dématérialisation totale du processus et une gestion optimisée des dossiers.


Un chantier permanent, porteur de dignité

Au-delà des dispositifs techniques, cette réforme incarne une transformation de société. Elle traduit l’opérationnalisation de la Vision Royale qui veut faire de la santé un droit, et non un privilège. Comme le rappelle la CNSS : « le dispositif global de l’AMO n’exclut personne ». Pour Hassan, artisan à Fès, la promesse est devenue réalité : « Avant, j’avais peur d’aller chez le médecin. Aujourd’hui, je sais que mes enfants et moi sommes protégés. »


Chaque prise en charge accordée, chaque remboursement validé, raconte l’histoire d’un Maroc qui avance vers plus de dignité et d’équité. La généralisation de l’AMO n’est pas un objectif atteint une fois pour toutes : c’est un chantier permanent, appelé à se renforcer dans les années à venir.


(Contenu partenaires)


©️ Copyright Pulse Media. Tous droits réservés.
Reproduction et diffusions interdites (photocopies, intranet, web, messageries, newsletters, outils de veille) sans autorisation écrite.