Justice sociale et politique publique : devant le Parlement, le roi Mohammed VI fixe un nouveau cap
Lors du discours donné par le roi Mohammed VI au Parlement à l’occasion de l’ouverture de la première session de la cinquième année législative, le 10 octobre 2025 à Rabat. Crédit : MAP
Le roi Mohammed VI a donné ce vendredi son traditionnel discours à l’occasion de l’ouverture de la première session de la cinquième année législative, devant les parlementaires des deux Chambres à Rabat. Dans son allocution, le chef de l'État a d'emblée rappelé qu'« il ne devrait y avoir ni antinomie ni rivalité entre les grands projets nationaux et les programmes sociaux, tant que le but recherché est de développer le pays et d’améliorer les conditions de vie des citoyens, où qu’ils soient ».
« Dans la même veine, une attention particulière doit être portée à l’encadrement des citoyens et à la communication autour des initiatives engagées par les pouvoirs publics, et des différentes lois et décisions, notamment celles ayant trait directement aux droits et aux libertés des citoyens. Cette mission n’est pas du seul ressort du gouvernement. Elle est l’affaire de tous, et vous, les parlementaires, êtes en première ligne, car vous êtes les représentants des citoyens », a poursuivi le Souverain.
« C’est aussi la responsabilité des partis politiques et des mandataires siégeant au sein des différents conseils élus, à tous les échelons de l’organisation territoriale. Doivent également s’y associer médias, acteurs de la société civile et, globalement, toutes les forces vives de la nation », a-t-il indiqué.
Dans son allouction, le monarque a appelé à une nouvelle génération de programmes de développement territorial : « Nous considérons que le niveau du développement local est le vrai miroir du progrès du Maroc émergent et solidaire, dont nous nous employons tous à consolider le statut. »
« De fait, le diptyque "justice sociale et lutte contre les inégalités territoriales" est loin d’être un slogan creux, ou une priorité conjoncturelle dont l’importance pourrait décliner au gré des circonstances », déclare le chef de l'État.
« Nous le considérons plutôt comme une orientation stratégique qui requiert l’engagement de tous les acteurs, ainsi qu’un enjeu crucial qui doit imprégner les différentes politiques de développement. Par ailleurs, le cap tracé par le Maroc émergent pour réaliser la justice sociale et spatiale exige la mobilisation de toutes les potentialités dont il dispose. En effet, la transformation majeure que Nous entendons opérer en matière de développement territorial requiert un changement significatif des mentalités et des méthodes de travail, ainsi qu’un véritable enracinement de la culture du résultat. Cette démarche doit reposer sur la collecte de données de terrain précises et l’utilisation des technologies numériques » , a-t-il poursuivi.
Concernant ces programmes de développement de nouvelle génération, le souverain relève que « parce que toute négligence affectant l’efficacité et la rentabilité des investissements publics est inadmissible, Nous exhortons, chacun à son niveau, à lutter contre toute pratique chronophage, énergivore et avide de ressources ».
Différents points ont été soulignés par le roi Mohammed VI dans son discours. Premièrement, « accorder un intérêt particulier aux régions en situation de très grande précarité, notamment les zones montagneuses et les oasis, en tenant compte de leurs spécificités et de la nature de leurs besoins. De fait, le développement territorial harmonieux ne saurait être réalisé sans une complémentarité et une solidarité effective entre les différentes zones et les diverses régions. À cet égard, il devient indispensable de reconsidérer le développement des zones montagneuses qui couvrent 30 % du territoire national. En effet, ces espaces doivent être dotés d’une politique publique intégrée qui prend en considération leurs particularités et leurs nombreuses potentialités ».
Deuxièmement, « mener avec sérieux l’opérationnalisation optimale des leviers de développement durable du littoral national, y compris la loi relative au littoral et le Plan national du littoral. Le but est de contribuer à assurer l’équilibre nécessaire entre le développement accéléré de ces espaces et les exigences de leur protection et de mise en valeur de leurs grands atouts, dans le cadre d’une économie maritime nationale, génératrice de richesse et d’emplois ».
Troisièmement, « étendre le Programme national pour le développement des centres ruraux émergents, en tant que levier adapté pour la gestion de l’urbanisation et la réduction de ses impacts négatifs. En outre, ces centres émergents sont susceptibles de devenir un maillon efficace dans la dynamique visant à fournir aux citoyens en milieu rural des services administratifs, sociaux et économiques de proximité ».
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