Le Maroc en finale du Mondial U20 face à l’Argentine : « Il n’y a pas d’équipe invincible »
Une scène de communion en the le public et les Lionceaux de l’Atlas, au terme de leur match victorieux contre la France en demi-finale de la Coupe du monde U20. Crédit : FRMF
La sélection marocaine des moins de 20 ans s’est qualifiée pour la finale de la Coupe du monde au Chili en s’imposant face à la France à l’issue d’une séance de tirs au but conclue à 5-4, après un match terminé sur le score de 1-1 au terme des prolongations. Les Lionceaux de l’Atlas disputeront la finale ce dimanche à Santiago face à l’Argentine, avec pour objectif déclaré de revenir avec le trophée, comme l’a affirmé le sélectionneur national, Mohamed Ouahbi.
Dans ses déclarations à la presse après cette qualification, Ouahbi a indiqué que ses joueurs ont abordé la compétition avec un seul objectif : « apporter de la joie au peuple marocain et à Sa Majesté le Roi ». Concernant la finale, il a assuré que l’équipe l’abordera avec le même état d’esprit, la même confiance et la même humilité, en profitant d’une courte période de repos avant de reprendre la préparation.
Revenant sur la demi-finale, le sélectionneur a expliqué que le Maroc avait adopté un plan de jeu offensif avec un pressing constant sur le porteur du ballon, une approche qui a « porté ses fruits » en créant des occasions capables de sceller l’issue de la rencontre dans le temps réglementaire. Il a reconnu la fatigue ressentie au fil du match, source d’espaces laissés à l’adversaire, ce qui a exigé « calme et concentration ». Il s’est dit pleinement satisfait des performances tout au long du tournoi et a souligné l’homogénéité du groupe, saluant la prestation décisive du troisième gardien, Abdelhakim El Mesbahi, lors de la séance de tirs au but.
Le parcours marocain a posé ses bases dès la phase de groupes, qualifiée de relevée. Les protégés de Mohamed Ouahbi ont battu l’Espagne (2-0), puis le Brésil (2-1), avant de s’incliner contre le Mexique (0-1) dans un match sans enjeu, terminant premiers de leur poule. En huitièmes de finale, ils ont éliminé la Corée (2-1) à l’issue d’un match intense. En quarts, ils ont dominé les États-Unis (3-1) en s’appuyant sur une défense solide et une efficacité en transition. La demi-finale face à la France s’est conclue sur un nul 1-1, puis sur une victoire 5-4 aux tirs au but.
Une épopée en cohérence avec la formation
Au-delà des résultats, cette épopée met en lumière le modèle marocain de formation. L’Académie Mohammed VI est représentée par quatre joueurs cités comme déterminants : Yassir Zabiri, Fouad Zahouani, Houssam Essadak et Yassine Khalifi. La cohérence du travail de détection au Maroc et à l’étranger, le suivi technique et l’expérience accumulée lors des compétitions continentales ont permis à cette génération de rester en lice jusqu’au dernier jour du tournoi.
À l’international, la presse sud-américaine salue largement la qualification marocaine. En Argentine, Clarin titre sur « le meilleur moment de l’histoire du football marocain » et évoque « une décennie dorée ». La Nacion souligne la première finale mondiale de l’histoire du Maroc et met en avant la gestion de Mohamed Ouahbi, l’usage successif des trois gardiens et le sang-froid d’Abdelhakim El Mesbahi. Au Brésil, Ge.globo insiste sur le jeu fluide du Maroc depuis les groupes et rappelle la première place devant l’Espagne et le Brésil, Lance ! note la meilleure performance historique de la sélection et la perspective d’un deuxième sacre africain, en mentionnant notamment l’attaquant Yassir Zabiri.
D’autres médias brésiliens – CNN Brasil, UOL et Itatiaia Esporte – soulignent la montée en puissance marocaine et le rôle clé d’El Mesbahi lors des tirs au but. Au Chili, El Mercurio décrit « un match à suspense » et la « célébration euphorique » à Valparaiso, en détaillant la blessure de Yanis Benchaouch, l’entrée de Gomis, puis celle de Mesbahi pour la séance décisive. La Tercera insiste sur la domination tactique marocaine et décrit le tir au but de Zabiri, renvoyé par le poteau avant de heurter le dos du gardien français. En Uruguay, El País relève l’utilisation de trois gardiens dans le même match et fait d’El Mesbahi le héros de la soirée. Au Paraguay, ABC Color estime que son entrée « a scellé la qualification ». Au Pérou, El Comercio met l’accent sur les arrêts du troisième gardien durant la séance.
La presse argentine analyse aussi les profils individuels. La Nacion dresse un portrait d’Othmane Maama, présenté comme une menace pour l’Argentine en finale : but en bicyclette contre le Brésil, passe décisive contre les États-Unis, comparaisons faites par d’autres médias avec Cristiano Ronaldo, et rôle central dans une équipe marquée par l’ordre, les transitions rapides et l’engagement collectif. Le parcours de Maamma – enfance à Alès, passage par Montpellier puis Watford – y est rappelé, tout comme ses déclarations sur l’état d’esprit du groupe.
Sur le plan organisationnel, la FIFA a désigné l’Italien Maurizio Mariani pour arbitrer la finale au Stade national de Santiago, assisté de Daniele Bindoni et Alberto Tegoni, avec l’Américain Joe Dickerson comme quatrième arbitre. Le Maroc jouera sa première finale mondiale ce dimanche à 20h00 (heure locale), soit 00h00 (heure marocaine). La Fédération royale marocaine de football (FRMF) a par ailleurs convoqué le gardien d’Agadir, Ilyas Moutik, pour remplacer Yanis Benchaouch, blessé en demi-finale. Deux vols spéciaux ont été programmés par Royal Air Maroc pour permettre aux supporters marocains de se rendre au Chili et soutenir leur équipe.
À la veille de la rencontre, Mohamed Ouahbi a déclaré qu’« il n’y a pas d’équipe invincible » et que le staff a axé le travail sur la récupération et les aspects tactiques, ainsi que sur le bien-être mental des joueurs. Côté argentin, l’entraîneur Diego Placente a évoqué une confrontation « difficile », en précisant que son onze ne subirait pas de changements majeurs. Le capitaine Hossam Essadak a, de son côté, rappelé que « le rêve de cette génération est de faire la joie du peuple marocain » et que « la finale se joue sur des détails ».
Dimanche soir, le Maroc visera un titre qui marquerait un nouveau tournant pour le football national, au terme d’un parcours qui a déjà établi une première historique : accéder à la finale de la Coupe du monde U20.
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