CAN 2025 : Maroc – Tanzanie, le favori face au défi de l’outsider
CAN 2025 : Brahim Diaz lors du match Maroc-Zambie . Crédit : MAP
Le Maroc reçoit la Tanzanie ce dimanche 4 janvier 2026 à 17h00 en huitième de finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN 2025) au Complexe Sportif Prince Moulay Abdellah à Rabat. Favoris historiques, les Lions de l'Atlas affrontent une équipe tanzanienne qualifiée pour la première fois de son histoire en phase à élimination directe. Entre passif écrasant, statistiques générales et enjeux de premier plan, ce duel s'annonce décisif et riche en suspense.
Un duel historique largement favorable au Maroc
Le bilan des confrontations directes penche nettement en faveur du Maroc. Sur huit rencontres toutes compétitions confondues, les Lions de l'Atlas ont remporté sept victoires contre une seule défaite, avec quinze buts marqués contre cinq encaissés. La seule victoire tanzanienne remonte au 24 mars 2013 lors des éliminatoires de la Coupe du monde 2014 à Dar es Salaam (2-1).
Lors de leur dernière confrontation en CAN, en phase de groupes de l'édition 2023, le Maroc s'était imposé 3-0 grâce à des buts de Romain Saïss, Azzedine Ounahi et Youssef En-Nesyri. La Tanzanie n'a pas trouvé le chemin des filets lors de ses quatre dernières rencontres face au Maroc, qui a gardé sa cage inviolée lors de cinq de ces huit confrontations.
Plus récemment, dans le cadre des qualifications pour la Coupe du monde 2026, le Maroc a signé deux victoires 2-0, à l'extérieur en novembre 2023 et à domicile à Oujda en mars 2025. En août 2025, les Marocains l'ont encore emporté 1-0 en quart de finale du Championnat d'Afrique des nations (CHAN), dont ils ont remporté le titre.
Le Maroc, un favori appelé à assurer
Le Maroc a logiquement franchi le cap de la phase de groupes en terminant premier avec une maîtrise collective rassurante, malgré un flottement contre le Mali (1-1). L'équipe a excellé dans tous les compartiments du jeu : avec une moyenne de 62 % de possession (deuxième du tournoi), elle a réalisé 1 564 passes tentées avec une précision de 88,8 %, démontrant une domination territoriale constante. Les Lions de l'Atlas ont inscrit six buts et totalisé un expected goals (xG) de 6,39, se classant respectivement troisième et deuxième meilleurs totaux du tournoi.
Offensivement, le Maroc s'est montré prolifique avec 43 tirs tentés et 82 touches dans la surface adverse, le meilleur total de la compétition. Dans les 30 mètres adverses, l'équipe a réussi 208 passes avec une précision remarquable de 80,3 %, première du tournoi dans cette zone. Cette capacité à faire progresser le ballon s'illustre également par 227 passes progressives réalisées.
Bonnes individualités mais fragilités à corriger
Le Maroc s'appuie sur plusieurs joueurs en forme étincelante. Brahim Diaz et Ayoub El Kaabi partagent la tête du classement des buteurs avec trois réalisations chacun, et un nouveau but de l'un ou de l'autre établirait un record marocain sur une seule édition de la CAN. Azzedine Ounahi brille par sa créativité avec deux passes décisives, un total inédit pour un joueur marocain dans ce tournoi, alliant précision technique (91,8 % dans les 30 mètres adverses) et impact offensif malgré l'attention défensive dont il fait l'objet. Défensivement, Nayef Aguerd domine avec 96,6 % de duels défensifs gagnés, le meilleur taux du tournoi, tandis que Yassine Bounou affiche un différentiel positif de 0,15 buts évités. Neil El Aynaoui, Anass Salah-Eddine et Ismail Saibari complètent ce tableau d'excellence collective avec des performances remarquables dans leurs registres respectifs.
Malgré cette domination, certaines faiblesses persistent. Le taux de tirs cadrés reste limité à 12,6 %, témoignant d'une efficacité perfectible devant le but. Les duels aériens affichent un pourcentage de réussite modeste de 42,1 %, tout comme la précision dans les passes en profondeur (18,2 %). Plus inquiétant, le Maroc a perdu 299 ballons et affiche un taux de réussite des dribbles de seulement 49,3 %, bien en deçà de son standing.
Les démons des matches à élimination directe
Cette huitième de finale constitue la quatrième apparition du Maroc à ce stade de la compétition. Les Lions de l'Atlas n'ont franchi ce cap qu'une seule fois, en 2021, après une victoire renversante contre le Malawi (2-1). En 2019, ils avaient été éliminés par le Bénin aux tirs au but (4-1) malgré une égalisation de Youssef En-Nesyri, tandis qu'en 2023, ils avaient chuté face à l'Afrique du Sud (2-0).
Le Maroc a concédé l'ouverture du score lors de chacun de ses trois précédents huitièmes de finale disputés en CAN. Une victoire contre la Tanzanie permettrait au Maroc de rejoindre les quarts de finale pour la cinquième fois de son histoire, après 1998, 2004, 2017 et 2021.
Les statistiques récentes en matches à élimination directe appellent toutefois à la prudence. Les Lions de l'Atlas ont perdu leurs deux derniers matches couperets et leur succès contre le Malawi en 2021 demeure leur seule victoire lors de leurs cinq derniers matches à élimination directe.
Défensivement, le Maroc reste sur une série de cinq matches à élimination directe avec au moins un but encaissé. Son dernier clean sheet dans ce contexte remonte à la demi-finale remportée 4-0 contre le Mali en 2004. Sur quatorze rencontres de ce type, les Lions de l'Atlas n'ont conservé leur cage inviolée qu'à deux reprises. Le Maroc a également disputé deux séances de tirs au but en CAN, toutes deux perdues, contre l'Algérie en 1988 et le Bénin en 2019.
La Tanzanie, l'outsider libéré
La Tanzanie aborde ce rendez-vous sans complexe après avoir validé une qualification historique. Les Taifa Stars ont décroché leur billet pour les huitièmes de finale grâce à un match nul 1-1 contre la Tunisie lors de leur dernière rencontre de groupe. Avec deux points, ils deviennent l'équipe la moins bien classée à se qualifier pour la phase à élimination directe depuis l'introduction du système des meilleurs troisièmes en 2019.
Ils ont évité la défaite à deux reprises lors de cette édition, égalant leur meilleur bilan historique en phase finale, déjà atteint en 2023. La Tanzanie n'a perdu qu'un seul de ses cinq derniers matches de CAN, face au Nigeria, après avoir enchaîné auparavant quatre défaites consécutives.
Un bilan contrasté face aux nations nord-africaines
Pour la Tanzanie, ce huitième de finale constitue une nouvelle page dans son rapport aux nations nord-africaines en CAN. Il s'agit de sa cinquième confrontation face à une sélection de cette région. Les Taifa Stars avaient perdu contre l'Égypte en 1980, l'Algérie en 2019 et le Maroc en 2023, avant d'accrocher la Tunisie lors de la phase de groupes de l'édition actuelle.
Le Maroc devient la deuxième sélection affrontée à deux reprises par la Tanzanie en phase finale de CAN, après le Nigeria rencontré en 1980 et de nouveau lors de cette édition.
Une efficacité ciblée mais des limites évidentes
Sur le plan offensif, les Tanzaniens ont marqué lors de chacun de leurs trois matches de groupe, une performance qu'ils n'avaient réalisée qu'une seule fois auparavant, en 1980. Ils ont inscrit des buts lors de quatre de leurs cinq derniers matches de CAN, mais restent toujours sans victoire après douze rencontres disputées dans la compétition, un record négatif partagé avec la Guinée Bissau.
L'intégralité de leurs trois buts dans cette édition a été inscrite dans le premier quart d'heure de la seconde période, révélant un schéma tactique prévisible mais efficace. Leurs adversaires ont par ailleurs trouvé les montants lors de chacun des trois matches de groupe de la Tanzanie.
Feisal Salum s'est distingué en devenant le premier joueur tanzanien évoluant dans le championnat local à marquer en CAN depuis Thuwein Waziri en 1980. Novatus Miroshi a également brillé en délivrant sa deuxième passe décisive du tournoi face à la Tunisie. Sur l'ensemble de la phase de groupes, la Tanzanie a cadré quinze tirs pour trois buts, soit un taux de conversion de 14 %, avec une possession limitée à 36 % contre la Tunisie et seulement 206 passes complétées lors de ce match.
Analyse prospective et pronostic
Dans un Complexe Sportif Prince Moulay Abdellah acquis à la cause des Lions de l'Atlas, cette confrontation oppose un Maroc riche de son expérience, de ses statistiques et de son statut, à une Tanzanie libérée, novice à ce niveau mais portée par l'élan d'une qualification historique.
Le Maroc reste largement favori, mais les risques liés aux matches à élimination directe ne sont pas négligeables. Les Lions de l'Atlas ont concédé le premier but lors de leurs trois précédents huitièmes et n'ont plus signé de clean sheet en phase couperet depuis 2004. La Tanzanie, bien que statistiquement inférieure, a montré une efficacité ciblée après la pause et une capacité à résister dans la première période.
Les modèles croisant historique des confrontations, production offensive et solidité défensive donnent au Maroc une probabilité de victoire comprise entre 70 et 75 % dans le temps réglementaire. La probabilité d'un match nul, synonyme de prolongation, se situe autour de 15 à 18 %, tandis qu'une victoire tanzanienne directe reste marginale, estimée entre 8 et 12 %.
Les scores les plus probables restent une victoire marocaine, correspondant soit à une maîtrise totale et un clean sheet retrouvé, soit à un scénario où la Tanzanie marque mais ne renverse pas la hiérarchie.
Pour le Maroc, ce match est plus qu'une qualification. Il s'agit de rompre une série négative, de transformer la domination statistique en autorité compétitive et de valider dès ce premier match couperet son statut de favori à domicile. Les Lions de l'Atlas ont tous les atouts pour s'imposer : un collectif dominant, des individualités en forme exceptionnelle et le soutien de leur public.
Pour la Tanzanie, déjà entrée dans l'histoire par cette qualification, ce huitième de finale représente une opportunité unique de défier la logique, un test où chaque détail tactique pourrait peser lourd. Sans pression et avec la liberté de l'outsider, les Taifa Stars peuvent espérer créer la surprise dans un match où l'histoire penche nettement d'un côté, mais où la magie de la CAN pourrait rebattre les cartes.
Rendez-vous ce dimanche 4 janvier à 17h00 au Complexe Sportif Prince Moulay Abdellah à Rabat pour un duel entre favori et outsider, entre expérience et audace, entre assurance sous pression et liberté.
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