CAN 2025 : le Maroc manque sa deuxième étoile dans un climat délétère
La Panenka manquée de Brahim Diaz face au Sénégal, tournant fatidique de la finale de La CAN 2025. Crédit : MAP
La finale de la Coupe d'Afrique des Nations 2025, disputée ce dimanche 18 janvier au Stade Prince Moulay Abdellah de Rabat, restera dans les mémoires comme l'une des plus controversées de l'histoire de la compétition. Les Lions de la Teranga à l’origine de la polémique se sont imposés face au Maroc, pays hôte (1-0), grâce à un but de Pape Gueye en prolongation (94e). Pour le Maroc, l'attente d'un nouveau sacre continental se prolonge après un demi-siècle et une finale manquée en 2004.
Une finale longtemps fermée
L'enjeu a trop longtemps pris le pas sur le jeu dans cette finale. Tous deux en quête d'un second sacre à la CAN, Sénégalais et Lions de l'Atlas ont livré une première période fermée, où la tension a étouffé le spectacle.
Pourtant, Yassine Bounou a dû s'employer à plusieurs reprises. Dès la 5e minute, le portier marocain a surgi devant Pape Gueye sur corner. À la 38e minute, il a magnifiquement laissé traîner son pied droit face à Iliman Ndiaye, qui s'était présenté seul devant lui. De son côté, Édouard Mendy s'est longtemps ennuyé, n'ayant eu qu'à s'interposer sans forcer devant Abde Ezzalzouli.
Le réveil marocain en seconde période
La seconde période a vu le Maroc s'installer davantage dans le camp sénégalais. À la 57e minute, El Kaabi s'est retrouvé lancé dans la surface mais a trop ouvert son pied face à Mendy. Les hommes de Walid Regragui ont multiplié les occasions sans parvenir à concrétiser.
À la 89e minute, Bounou a de nouveau frustré les Sénégalais en repoussant une frappe de l'entrant Ibrahim Mbaye. Les 90 minutes poussives allaient être balayées par un temps additionnel très confus.
Dans les arrêts de jeu, les Sénégalais ont cru ouvrir le score. Sur corner, Ismaïla Sarr a poussé le ballon au fond des filets après une tête d'Abdoulaye Seck repoussée par le poteau. Mais l'arbitre congolais, M. Ndala Ngambo, avait déjà signalé une faute évidente de Seck sur Achraf Hakimi (90e+1). Un coup de sifflet qui a échaudé le camp sénégalais.
L'épisode surréaliste du penalty
Le tournant du match est survenu à la 90e+6. Après intervention de la VAR, l'arbitre a accordé un penalty au Maroc pour une faute grossière d'El-Hadji Malick Diouf, qui avait déséquilibré par une prise de clé au cou Brahim Diaz dans la surface pour repousser le ballon.
Désemparés par cette décision logique confirmée par la VAR, les Sénégalais ont longuement contesté dans une attitude d'anti-jeu lunaire. Puis, pour beaucoup, ils ont disparu de la pelouse alors que certains de leurs supporters surgissaient des tribunes pour tenter d'envahir la pelouse. Une scène pathétique en finale de CAN, qui a fait entrer cette rencontre dans l'histoire peu glorieuse de la compétition continentale.
C'est Sadio Mané qui a finalement ramené les siens à la raison s'opposant à l'avis du sélectionneur Pape Thiaw. Le capitaine sénégalais a multiplié les appels à ses coéquipiers, répétant « on va jouer, on joue comme des hommes », allant même jusqu'au vestiaire pour convaincre ses partenaires de revenir sur la pelouse.
La Panenka ratée de Brahim Diaz
Après une interruption d'une dizaine de minutes et alors que l'arbitre aurait pu siffler un forfait du Sénégal, Brahim Diaz s'est élancé avec le titre assuré au bout du pied droit. Mais sa tentative de Panenka a totalement capoté (90e+24). Édouard Mendy n'a pas bougé et a capté le ballon sans broncher, faisant de Diaz la victime expiatoire d'une finale décidément à part.
Celui qui aurait pu rêver du trophée de meilleur joueur de la CAN avec son palmarès de buts, a fini la rencontre au bord des larmes, sur le banc, après avoir été sorti en début de prolongation par Walid Regragui (98e).
Le sort a finalement souri aux Sénégalais, alors que les Marocains étaient touchés au mental. Avec une frappe bien inspirée, Pape Gueye a catapulté le ballon dans la lucarne (94e). Un but inespéré pour une équipe qui était au bord du gouffre quelques instants plus tôt. Le Sénégal marquait ainsi son premier but en finale de CAN : le sacre de 2021 face à l'Égypte s'était dessiné aux tirs au but (0-0, 4-2 t.a.b.).
Le Maroc, réduit à 10 après la blessure de l'entrant Hamza Igamane et à court de changements, n'a pas abdiqué. À la 108e minute, Nayef Aguerd a trouvé la barre transversale sur corner, faisant frissonner tout un stade.
Bounou a également réalisé un double arrêt héroïque face à Cherif Ndiaye, qui aurait pu tuer le match (109e). Mais le siège marocain n'a pas abouti. Les Lions de l'Atlas quittent leur CAN pleins de regrets.
L'amertume d'un pays hôte
Au coup de sifflet final, les images de la retransmission télévisée ont montré Pape Thiaw refusant de saluer son homologue marocain Walid Regragui. Un geste qui vient ternir davantage l'image de cette finale déjà marquée par les controverses.
Ces tensions n'étaient pas apparues de nulle part. À la veille de la finale, les Sénégalais avaient dénoncé un déficit d’organisation imaginaire à l’endroit sa délégation à Rabat. Un épisode tout aussi surréaliste que le comportement du sélectionneur sénégalais durant ce match.
Pour le Maroc, qui avait mis les petits plats dans les grands pour organiser cette édition de la CAN exceptionnelle sur tous les plans, la défaite laisse un goût particulièrement amer. Brahim Diaz restera hanté par cette Panenka manquée.
Cette finale 2025 marquera durablement les esprits et soulève des questions sur le fair-play au plus haut niveau du football africain. Le Sénégal remporte sa deuxième CAN, mais les polémiques qui ont entouré ce match, et en amont de cette rencontre au sommet, laisseront assurément des traces.
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