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04.02.2026 à 17 H 57 • Mis à jour le 05.02.2026 à 11 H 12
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Pluies

Barrages sous pression : des apports hydriques historiques forcent des déversements préventifs (ministère)

Lâcher d'eau au barrage Oued El Makhazine, après une forte hausse des apports en eau. Lâcher d’eau au barrage Oued El Makhazine, après une forte hausse des apports en eau. Crédit : MAP
La Direction générale de l’hydraulique (DGH) a fait le point, mercredi, sur la situation hydrologique exceptionnelle que connaît le Maroc depuis le début de la saison 2025-2026. Après plusieurs années de sécheresse, des apports massifs et rapides ont été enregistrés dans les barrages, conduisant les autorités à engager des opérations de déversement contrôlé

Après plusieurs années de sécheresse aiguë, le Maroc connaît depuis le début de la saison hydrologique 2025-2026 un retournement de situation inédit. Selon une note officielle de la Direction générale de l’hydraulique (DGH), arrêtée au 4 février 2026, le Royaume a enregistré une séquence pluvieuse exceptionnelle, marquant une rupture nette avec les déficits hydriques accumulés ces dernières années.


Depuis le lancement de la saison pluviale en septembre 2025, les précipitations cumulées ont atteint 145,5 mm, soit un excédent de 32,5 % par rapport à la moyenne annuelle. Ces apports ont eu un impact direct sur les ressources en eau, avec des volumes entrants dans les barrages évalués à 8,73 milliards de mètres cubes (m3). Le taux de remplissage national des barrages s’établit ainsi à 61,88 %, correspondant à un stock de 10,37 milliards de m3, un niveau inédit depuis 2019, fait-on savoir.


Ces apports sont qualifiés d’exceptionnels par la DGH. Près de 95 % des volumes enregistrés depuis le début de la saison ont été captés en moins de deux mois, dont 8,31 milliards de m3 depuis le 12 décembre 2025. Cette dynamique rapide a conduit plusieurs barrages à atteindre, voire dépasser, leur capacité maximale, nécessitant la mise en œuvre d’opérations de délestage préventif et contrôlé afin de préserver la sécurité des ouvrages et de créer une capacité tampon pour absorber d’éventuels apports supplémentaires.


Le cas du barrage Oued El Makhazine illustre l’ampleur de la situation. Entre septembre 2025 et le 4 février 2026, ce barrage a reçu 972,9 millions de m3, dont 716,8 millions enregistrés sur les seules deux dernières semaines. Ces volumes représentent 184 % de la moyenne annuelle habituelle. Le stock y a atteint 988 millions de m3, portant le taux de remplissage à 146,85 %. Face à cette situation, des opérations de déversement préventif ont été engagées, totalisant à ce jour 372,9 millions de m3.


Les autorités hydrauliques soulignent que le barrage a dépassé sa capacité normale depuis le 6 janvier 2026, avec un niveau supérieur de près de quatre mètres au niveau historique maximal enregistré depuis sa mise en service en 1972. Malgré cette situation exceptionnelle, aucune anomalie ni dysfonctionnement n’a été constaté sur l’ouvrage ou ses équipements, selon les inspections techniques réalisées en continu.



Des équipes spécialisées en veille permanente

Dans ce contexte, le ministère de l’Équipement et de l’Eau, en coordination avec les agences de bassins hydrauliques, a renforcé les dispositifs de suivi et de surveillance. Des équipes techniques spécialisées assurent une veille permanente, appuyée par des simulations hydrologiques basées sur des prévisions météorologiques actualisées en temps réel. Les systèmes de mesure ont été intensifiés, avec des relevés biquotidiens, en remplacement des cycles mensuels habituels.


Les projections établies par les services hydrauliques indiquent que les sept prochains jours pourraient connaître de nouveaux apports significatifs, estimés à environ 620 millions de m3. Le débit maximal du barrage pourrait atteindre 3 163 m3 par seconde, tandis que les lâchers contrôlés pourraient culminer à 1 377 m3 par seconde, soit près de quatre fois le débit actuellement observé.


Parallèlement, des cartes des zones potentiellement exposées aux inondations ont été élaborées, intégrant les niveaux d’eau attendus et les apports non régulés des oueds environnants. Ces outils visent à anticiper les risques, orienter les décisions de gestion et renforcer les mesures de protection des populations et des biens.


Face à cette situation hydrologique exceptionnelle, les autorités réaffirment leur mobilisation totale pour garantir la sécurité des infrastructures hydrauliques, assurer la continuité de leurs fonctions et organiser la gestion optimale des ressources en eau et des risques d’inondation.

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