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19.02.2026 à 17 H 16 • Mis à jour le 20.02.2026 à 10 H 54
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Proche-Orient

Gaza : le Maroc confirme l’envoi de policiers et d’officiers supérieurs à la future Force internationale de stabilisation

Des officiers de l'armée marocaine lors d'un exercice militaire. Des officiers de l’armée marocaine lors d’un exercice militaire. Crédit : DVID
« Le Maroc est prêt à déployer des officiers de police et à former des policiers originaires de Gaza », a déclaré Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, annonçant également l’envoi d’officiers militaires de haut rang au sein du commandement conjoint de la Force internationale de stabilisation

Le Royaume devient le premier pays arabe à officialiser une contribution à la Force internationale de stabilisation (ISF) destinée à encadrer la reconstruction et la sécurité dans la bande de Gaza, dans le cadre du nouveau « Board of Peace » lancé par Washington.


Le Maroc a annoncé ce jeudi 19 février qu’il enverrait des contributions militaires et policières à Gaza, marquant ainsi la première promesse publique d’un État arabe en faveur de la Force internationale de stabilisation (International Stabilization Force, ISF) en cours de constitution. L’annonce a été faite par le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, lors de la réunion inaugurale du « Board of Peace » convoquée par le président américain Donald Trump.


« Le Maroc est prêt à déployer des officiers de police et à former des policiers originaires de Gaza », a déclaré le chef de la diplomatie marocaine. Il a également précisé que le Royaume déploiera « des officiers militaires de haut rang au sein du commandement militaire conjoint de l’ISF  », en référence à la future architecture de commandement de la Force internationale de stabilisation.


Un engagement sécuritaire à double volet

La contribution marocaine se décline donc en deux axes. Sur le plan sécuritaire civil, Rabat propose l’envoi de policiers chargés d’appuyer les dispositifs de maintien de l’ordre et de participer à la formation des forces locales gazaouies, dans une logique de transfert de compétences et de montée en capacité.


Sur le plan militaire, la participation envisagée concerne des officiers supérieurs intégrés au commandement conjoint de l’ISF, ce qui place le Maroc à un niveau stratégique dans la structuration de la force multinationale, sans qu’il soit, à ce stade, question du déploiement d’unités combattantes sur le terrain.


En outre, le Maroc devrait déployer sur place un hôpital militaire de campagne. Toujours selon Nasser Bourita, le Royaume s’est déclaré disposé à piloter un programme de déradicalisation visant à combattre les discours de haine et à promouvoir la tolérance ainsi que la coexistence. Une initiative qui s’inscrirait dans la continuité des dispositifs déjà mis en œuvre au Maroc.


Une première arabe dans un dispositif encore embryonnaire

En officialisant cette contribution, Rabat devient le premier pays arabe à s’engager publiquement dans ce mécanisme international encore en phase de structuration. Le « Board of Peace », présenté par Washington comme l’organe politique chapeautant les efforts de stabilisation et de reconstruction de Gaza, vise à fédérer des États contributeurs autour d’un mandat sécuritaire et de reconstruction.


L’ISF, pour sa part, doit assurer la supervision du cessez-le-feu, l’accompagnement du désarmement des groupes armés et la sécurisation des opérations de reconstruction. Les contours précis de son mandat, ses règles d’engagement et son ancrage juridique international restent toutefois à clarifier.


Une projection diplomatique calibrée

Pour le Maroc, cet engagement s’inscrit dans une tradition de participation aux opérations internationales de maintien de la paix, notamment sous l’égide des Nations unies en Afrique et au Moyen-Orient. Il traduit également la volonté du Royaume de se positionner comme acteur stabilisateur dans les crises régionales, tout en ménageant ses équilibres diplomatiques au sein du monde arabe.


En misant sur un apport en expertise policière et en encadrement militaire stratégique plutôt que sur un déploiement massif de troupes, Rabat opte pour une implication à forte portée politique, mais à empreinte opérationnelle maîtrisée, dans un dossier aussi sensible que celui de Gaza.

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