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02.04.2026 à 11 H 04 • Mis à jour le 02.04.2026 à 11 H 39
Par
Carburants

Leila Benali affirme que le Maroc dispose de 51 jours de stock de diesel

Une station-service casablancaise submergée par l'afflux d'automobilistes, dans la nuit du 15 au 16 mars 2026. Une station-service casablancaise submergée par l’afflux d’automobilistes, dans la nuit du 15 au 16 mars 2026. Crédit : Mustapha Razi / Le Desk
Le ministère de la Transition énergétique a révélé ce jeudi que le Royaume ne dispose que de 51 jours de réserves en diesel et 55 jours en essence, dans un contexte de flambée des cours mondiaux du brut alimentée par la guerre au Moyen-Orient et de hausse de 30 % des prix à la pompe depuis fin février

Le Maroc dispose de réserves de diesel et d'essence couvrant respectivement 51 et 55 jours de consommation, a indiqué jeudi la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable à Reuters, alors que le Royaume subit de plein fouet les répercussions de la guerre au Moyen-Orient sur les marchés mondiaux des hydrocarbures. Les approvisionnements en charbon et en gaz ont, eux, été sécurisés jusqu'à fin juin, fait-elle savoir.


La situation est d'autant plus critique pour Rabat que le pays ne dispose d'aucune capacité de raffinage domestique depuis 2015, date à laquelle sa seule raffinerie a fermé ses portes après accumulation de dettes impayées. Le Maroc est depuis entièrement dépendant des importations de carburants raffinés.


Les prix à la pompe ont bondi d'environ 30 % à la suite des frappes américaines et israéliennes contre l'Iran fin février, qui ont provoqué une flambée record des cours du brut en mars. Pour amortir le choc social, le gouvernement, qui avait supprimé les subventions au diesel en 2014, a réintroduit des aides ciblées en faveur des transporteurs professionnels : taxis, bus et camions.


Diversification des sources d'approvisionnement

Face à cette dépendance structurelle, Rabat a engagé une politique de diversification de ses fournisseurs. «  La politique marocaine de diversification des sources d'approvisionnement, notamment en provenance d'Europe et des États-Unis, a contribué à atténuer l'impact  », a déclaré le ministère de la Transition énergétique à Reuters.


Le charbon représente environ 60 % de la production électrique nationale, contre 10 % pour le gaz naturel et 25 % pour les énergies renouvelables, selon le régulateur de l'électricité. Des appels d'offres seront lancés à la mi-avril pour sécuriser les approvisionnements en charbon au troisième trimestre.


Sur le front gazier, le Maroc importe l'essentiel de ses besoins depuis des terminaux espagnols de gaz naturel liquéfié, via un pipeline qui acheminait autrefois le gaz algérien. La consommation de gaz a par ailleurs reculé de 11 % au premier trimestre, grâce à une hausse de la production hydroélectrique après des pluies ayant permis le remplissage des barrages, selon la même source.


Des marges de manœuvre budgétaires sous pression

Le gouvernement a construit son budget 2026 sur une hypothèse de 60 dollars le baril, très en deçà du cours actuel du Brent, qui évoluait autour de 108 dollars jeudi, selon Reuters. La ministre de l'Économie et des Finances, Nadia Fettah, n'a pas répondu aux sollicitations de l'agence Reuters sur les implications du conflit pour le déficit budgétaire et l'inflation, bien qu'elle ait publiquement reconnu que la situation régionale alimenterait les tensions inflationnistes.


Abdellatif Jouahri a indiqué le mois dernier que le Maroc pourrait activer une ligne de crédit flexible du FMI de 4,5 milliards de dollars si les prix du pétrole venaient à dépasser 120 dollars le baril. Les importations énergétiques du Royaume avaient reculé de 5 % en 2025, à 11,5 milliards de dollars.

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