Subventions de l’énergie : 1,6 milliard de dirhams par mois pour protéger le pouvoir d’achat
Fouzi Lekjaa, ministre chargé du Budget, lors du point de presse à l’issue de la réunion du Conseil de gouvernement le 2 avril 2026. Crédit : MAP
À l'issue de la réunion du Conseil de gouvernement du jeudi 2 avril, le ministre délégué chargé du Budget, Fouzi Lekjaa, a dressé un tableau préoccupant de la conjoncture énergétique internationale. Les perturbations mondiales, liées notamment à l'instabilité au Moyen-Orient et au conflit en Iran, ont provoqué de profonds déséquilibres dans le commerce mondial et les chaînes d'approvisionnement.
Les chiffres avancés par le ministre pour le mois de mars sont éloquents. Le prix du gasoil à la tonne a bondi de 717 à 1 260 dollars, soit une hausse de 75 %, en lien direct avec l'envolée du baril de pétrole passé de 70 à 100 dollars (+44 %). Le gaz butane a enregistré une augmentation de 38 %, les cours passant de 547 à 751 dollars. Du côté des intrants électriques, le fioul (+60 %), le gaz naturel (+63 %) et le charbon (+21 %) ont tous subi des hausses significatives.
Face à ce choc, le gouvernement a choisi de mobiliser un effort budgétaire inédit de 1,648 milliard de dirhams par mois afin d'amortir l'impact sur les ménages et les professionnels.
Maintien du prix du gaz butane : 600 MDH par mois
Le prix de la bouteille de gaz butane de 12 kg restera inchangé pour les consommateurs. Pour y parvenir, l'État porte sa subvention à 78 dirhams par bonbonne, contre 30 dirhams avant la crise, ce qui représente un soutien additionnel de 48 dirhams par unité.
Ce dispositif concerne l'ensemble des usages du gaz butane, aussi bien domestique que professionnel, et coûte à lui seul 600 millions de dirhams chaque mois au budget de l'État. Sans cette intervention, le prix de la bouteille aurait quasiment doublé pour le consommateur final.
Gel des tarifs de l'électricité : 400 MDH par mois
Aucune modification tarifaire ne sera appliquée sur l'électricité, que ce soit pour les ménages ou les entreprises. Cette décision vise à absorber intégralement la hausse des coûts de production liés au fioul, au gaz naturel et au charbon.
Le coût de cette mesure pour les finances publiques s'élève à 400 millions de dirhams par mois, un effort considérable qui traduit la volonté de l'exécutif de préserver la compétitivité des entreprises et le pouvoir d'achat des citoyens.
Aide directe au transport professionnel : 648 MDH par mois
Le gouvernement a relancé le dispositif de soutien aux professionnels du transport, couvrant les taxis, les bus, le transport scolaire et rural. Le montant de l'aide s'établit à 3 dirhams par litre de carburant consommé.
Effectif depuis le 15 mars 2026, ce mécanisme représente une dépense mensuelle de 648 millions de dirhams. Les premiers virements bancaires aux bénéficiaires ont débuté le jeudi 2 avril. L'objectif est double : soutenir les transporteurs tout en évitant une répercussion sur les tarifs de transport de personnes et de marchandises, ce qui contribue à contenir l'inflation sur les marchés.
Un effort budgétaire soutenable selon le gouvernement
Fouzi Lekjaa a tenu à rassurer sur la solidité des finances publiques. Selon le ministre, la gestion budgétaire permet de supporter ces dépenses exceptionnelles sans recourir à une loi de finances rectificative. Les résultats de la gestion financière à fin mars 2026 sont jugés satisfaisants.
Le gouvernement mise sur les marges de manœuvre budgétaires existantes pour financer cet effort, tout en maintenant un suivi constant via un comité interministériel présidé par le chef du gouvernement. Ce comité est chargé d'adapter les mesures en fonction de l'évolution de la conjoncture internationale.
Quel impact pour les Marocains ?
Pour les ménages, ces mesures signifient concrètement que le prix de la bouteille de gaz reste à 50 dirhams, que la facture d'électricité n'augmente pas, et que les tarifs de transport restent stables. C'est un véritable bouclier tarifaire qui protège directement le pouvoir d'achat dans un contexte de forte inflation énergétique mondiale.
Pour les entreprises, le gel des tarifs électriques et la stabilisation des coûts de transport permettent de maintenir une certaine prévisibilité des charges d'exploitation, un facteur clé de compétitivité.
Au total, l'enveloppe mensuelle se décompose en 600 millions de dirhams pour le gaz butane, 400 millions pour l'électricité et 648 millions pour le transport professionnel Ces mesures s'inscrivent dans le cadre des orientations royales visant à garantir une réactivité immédiate face aux crises et à limiter au maximum l'impact de la conjoncture internationale sur les citoyens marocains.
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