Centré sur le Maroc, Aya Gold & Silver fait son entrée au Nasdaq pour séduire les investisseurs américains
Benoit La Salle, CEO d’Aya Gold & Silver. Création : Mohamed Mhannaoui / Le Desk
Le lundi 4 mai, Aya Gold & Silver a fait ses débuts sur le Nasdaq, où le titre du producteur d'argent se négocie sous le symbole « AYA », et ce au moment même où le métal blanc poursuit une trajectoire haussière qui aiguise l'appétit des investisseurs pour les valeurs minières de moyenne capitalisation.
Le groupe, dont le siège est à Montréal, conserve sa cotation principale à la Bourse de Toronto sous le même symbole. La cotation OTCQX américaine, jusqu'ici référencée sous « AYASF », a été retirée à cette occasion, un passage classique du marché de gré à gré vers une place réglementée, généralement perçu comme un gage de maturité et de gouvernance par les fonds institutionnels américains.
« L'accès aux marchés de capitaux américains par l'intermédiaire du Nasdaq constitue une étape charnière pour Aya », a déclaré dans un communiqué son président-directeur général Benoit La Salle. Selon lui, l'opération doit « accroître la visibilité » du titre et « élargir la base d'actionnaires », alors que la société « clôture une année record ».
Les opérations d’Aya sont concentrées au Maroc, le long de la faille de l'Anti-Atlas, une province géologique que l'entreprise décrit comme l'une des plus riches et des moins explorées du continent africain. Le Royaume combine, selon le groupe, infrastructures solides, énergies renouvelables et fiscalité favorable au secteur extractif.
La mine de Zgounder, navire amiral du groupe, est selon Aya une opération « pur argent », une rareté dans un secteur où le métal blanc est le plus souvent extrait comme sous-produit du plomb, du zinc ou du cuivre. Elle est devenue en 2025 la plus grande mine d'argent d'Afrique, devant le complexe historique d'Imiter exploité par Managem. Son nouveau complexe de traitement, déclaré en production commerciale fin décembre 2024, produit du doré argentifère destiné aux raffineurs internationaux, avec une cible de production moyenne d'environ 6 millions d'onces par an sur la durée de vie de la mine, prolongée jusqu'en 2036.
En parallèle, Aya avance sur le projet polymétallique de Boumadine, dont l'étude de faisabilité est en cours. Le gisement, qualifié de « substantiel » par le groupe, doit constituer le second pilier de croissance et diversifier le profil de production au-delà de l'argent pur.
Le groupe publiera ses résultats du premier trimestre 2026 jeudi 14 mai, avant l'ouverture des marchés nord-américains.
L'arrivée d'Aya sur le Nasdaq intervient dans un environnement porteur pour les producteurs d'argent. La demande industrielle, alimentée par le photovoltaïque et l'électronique, conjuguée à un regain d'intérêt pour les métaux précieux comme valeurs refuges, soutient les cours. Pour les producteurs de taille intermédiaire, la double cotation Toronto-Nasdaq est devenue un passage quasi obligé pour capter les flux des fonds américains spécialisés et améliorer la liquidité du titre.
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