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20.05.2026 à 17 H 24 • Mis à jour le 21.05.2026 à 00 H 40
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Diplomatie

À Rabat, la France précise les contours de son partenariat « d’exception » avec le Maroc

Lors de la rencontre entre Jean-Noël Barrot, ministre français de l'Europe et des Affaires étrangères, et son homologue marocain Nasser Bourita, le 20 mai 2026 à Rabat. Lors de la rencontre entre Jean-Noël Barrot, ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, et son homologue marocain Nasser Bourita, le 20 mai 2026 à Rabat. Crédit : MAE
Le ministre français de l'Europe et des Affaires étrangères a réaffirmé, mercredi à Rabat, que « le présent et l'avenir du Sahara s'inscrivent dans la souveraineté du Maroc », détaillant pour la première fois les mesures pratiques prises par Paris en application de cette position. Les détails

La 2e Conférence ministérielle sur le maintien de la paix en environnement francophone, qui s'est ouverte ce mercredi 20 mai à Rabat, dix ans après une première édition parisienne, aura été l'occasion pour Jean-Noël Barrot, ministre français de l'Europe et des Affaires étrangères, de détailler publiquement plusieurs volets d'un agenda bilatéral avec le Maroc déjà arrêté depuis la visite d'État d'Emmanuel Macron au Royaume, en octobre 2024.


Coprésidée par Jean-Noël Barrot et son homologue marocain, Nasser Bourita, et organisée avec l'Organisation des Nations unies et l'Organisation internationale de la Francophonie, la rencontre a réuni 54 délégations, dont 25 représentées au niveau ministériel.


Un traité bilatéral entre Rabat et Paris

L'événement, à la veille de la Journée internationale des Casques bleus du 29 mai, s'inscrit dans un calendrier multilatéral chargé. Dans son discours d'ouverture, le ministre français a défendu une modernisation des opérations onusiennes de paix face à l'évolution des théâtres d'engagement (usage croissant des drones, campagnes de désinformation), plaidé pour un meilleur respect des engagements financiers des États membres, et mis en avant la nécessité de partenariats étroits avec les pays africains et l'espace francophone, dont les personnels, par leur connaissance des terrains et de la langue, contribuent selon lui à l'efficacité des dispositifs déployés. Il a également souligné l'importance d'une participation accrue des femmes aux opérations de paix.


C'est toutefois sur le volet bilatéral que la séquence a livré ses indications les plus substantielles. Lors d'un point de presse conjoint avec Nasser Bourita, à l'issue de leurs entretiens, le chef de la diplomatie française a confirmé la préparation d'un traité bilatéral entre Paris et Rabat, destiné à formaliser un cadre futur de coopération globale. Selon ses propres indications, il s'agirait du premier instrument de ce type conclu par la France avec un pays non européen.


Le ministre a inscrit cette perspective dans une trajectoire qu'il a décrite par contraste avec les phases antérieures du partenariat, observant que celui de 2026 n'a plus grand-chose à voir avec ceux de 2016 et de 2006.


Une visite d'Etat du Roi Mohammed VI prévue en France

Le calendrier de l'année à venir, tel qu'il a été présenté, prévoit également la tenue prochaine, à Rabat, du 15ᵉ séminaire intergouvernemental maroco-français – instance opérationnelle de pilotage des dossiers communs – ainsi qu'une visite d'État du roi Mohammed VI en France, présentée par Jean-Noël Barrot comme une étape charnière des relations bilatérales.


Le ministre a rappelé, à l'appui de ce calendrier, que le Maroc demeure le premier partenaire économique de la France sur le continent africain et constitue, selon les termes qu'il a employés, un point de passage déterminant en matière logistique, énergétique et financière entre l'Europe et l'Afrique. La conférence de Rabat est intervenue quelques jours après le sommet Africa Forward, ce qui a permis au ministre de situer la coopération franco-marocaine dans un projet plus large de dialogue euro-africain.

Sur le dossier du Sahara, qui constituait l'un des points les plus attendus de la visite, Jean-Noël Barrot n'a pas annoncé d'inflexion de la position française : il s'en est tenu à la ligne déjà fixée par la lettre adressée par Emmanuel Macron à Mohammed VI en juillet 2024, qui reconnaît le plan marocain d'autonomie comme l'unique base envisageable d'un règlement politique du conflit.


Le ministre a en revanche détaillé plusieurs mesures, déjà engagées ou en cours, qui traduisent ce soutien sur le terrain. Paris a accru sa présence consulaire à Laâyoune, où a été ouvert un centre de dépôt des demandes de visa, et y a établi une école française ainsi qu'une Alliance française. L'investissement privé des entreprises françaises dans les provinces du Sud, soutenu par l'Agence française de développement (AFD), est appelé à se développer, selon les indications du ministre.


L'organisation de la conférence à Rabat doit également être lue dans son contexte propre. Elle prolonge la première édition parisienne de 2016 et marque une forme de reconnaissance institutionnelle de la contribution marocaine aux opérations onusiennes de maintien de la paix, auxquelles le Royaume participe de longue date.


Coorganisée avec l'ONU et l'OIF, elle vise, selon les éléments diffusés par le ministère marocain des Affaires étrangères, à favoriser une compréhension commune, au sein de l'espace francophone, des évolutions en cours du modèle onusien de maintien de la paix et des réformes engagées sur l'architecture du maintien et de la consolidation de la paix.

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