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24.05.2026 à 09 H 17 • Mis à jour le 26.05.2026 à 10 H 24
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Débat

À l’Université Euromed de Fès, les entreprises en difficulté au cœur des Journées Restructuring

La 4ᵉ édition des Journées Restructuring de Fès, organisée les 21 et 22 mai à l’Université Euromed de Fès (UEMF), a réuni universitaires, magistrats, avocats et praticiens autour des enjeux de restructuration et d’insolvabilité des entreprises. Crédit : UEMF La 4ᵉ édition des Journées Restructuring de Fès, organisée les 21 et 22 mai à l’Université Euromed de Fès (UEMF), a réuni universitaires, magistrats, avocats et praticiens autour des enjeux de restructuration et d’insolvabilité des entreprises. Crédit : UEMF
Les 21 et 22 mai, l’Université Euromed de Fès (UEMF) a accueilli la 4ᵉ édition des Journées Restructuring de Fès, rendez-vous consacré au droit des entreprises en difficulté. Dans un contexte de fragilités économiques accrues, universitaires, magistrats, avocats et praticiens y ont échangé autour des transformations du droit de la restructuration et de l’insolvabilité

Crises économiques, tensions financières, hausse des coûts ou encore instabilité géopolitique : dans un environnement où les entreprises se trouvent davantage exposées aux difficultés, les enjeux de restructuration et d’insolvabilité occupent une place croissante dans les débats juridiques et économiques. C’est dans ce contexte que s’est tenue, les 21 et 22 mai à l’Université Euromed de Fès (UEMF), la 4ᵉ édition des Journées Restructuring de Fès, organisée par l’École de droit de la Sorbonne et l’UEMF.


« Le monde traverse des crises, des crises financières, des crises économiques, avec le renchérissement des matières premières, des crises politiques », explique au Desk François-Xavier Lucas, professeur à l’École de droit de la Sorbonne et à l’Université Euromed de Fès, coordinateur scientifique de l’événement. « Toutes ces fragilités exposent les entreprises », poursuit-il, estimant que le droit constitue un levier permettant d’accompagner les sociétés confrontées à des difficultés, notamment à travers la renégociation des dettes, les délais de paiement ou certains mécanismes de restructuration.


Pensées comme un espace d’échange entre praticiens du traitement des difficultés des entreprises, ces Journées ont en effet progressivement pris de l’ampleur. Selon les organisateurs, la participation est passée d’environ 150 personnes à ses débuts à plus de 250 lors de l’édition 2025. Réunissant plus de 40 intervenants experts, plus de 300 participants et une dizaine de partenaires stratégiques, cette 4ᵉ édition a ainsi rassemblé universitaires, magistrats, avocats et praticiens spécialisés autour des évolutions du droit des entreprises en difficulté, de la restructuration amiable et judiciaire, mais aussi des nouveaux équilibres de l’insolvabilité dans un contexte national et international.


Le professeur de droit souligne également le besoin croissant d’espaces d’échange spécialisés autour de ces enjeux. « Le droit de la restructuration est une matière complexe », relève-t-il, expliquant que ces journées ont été pensées comme un lieu permettant aux praticiens du traitement des difficultés des entreprises de « se réunir pour échanger sur leurs pratiques » et analyser ensemble les évolutions juridiques du secteur.


Huit tables rondes autour des transformations du droit des restructurations

Répartis sur deux journées et huit tables rondes, les échanges ont couvert un large éventail de sujets allant des procédures amiables et collectives aux restructurations transfrontalières, en passant par les mécanismes de sauvegarde accélérée ou les nouvelles problématiques liées à la gouvernance des entreprises en difficulté.


Une partie des débats a été consacrée à la restructuration en contexte national et international, avec un focus sur les évolutions européennes du droit de l’insolvabilité, la transposition des directives européennes et les interactions entre différents systèmes juridiques. Les discussions ont également porté sur les restructurations multi-juridictionnelles et les enjeux de coordination entre tribunaux dans des dossiers internationaux complexes.


Le programme a par ailleurs abordé les contentieux récents liés aux restructurations, les recours en matière de plans de sauvegarde, la restructuration de la dette obligataire ou encore les implications des plans sur les rapports entre actionnaires et créanciers. Des cas pratiques, notamment autour de la restructuration du groupe Bourbon ou des dossiers Altice, ont également nourri les échanges.


La deuxième journée s’est intéressée à la responsabilité des différents acteurs des restructurations – mandataires judiciaires, repreneurs ou dirigeants – ainsi qu’aux tensions entre confidentialité et transparence dans les procédures amiables et collectives.


Au-delà des débats techniques, les Journées Restructuring s’inscrivent également dans une logique de formation spécialisée portée par le partenariat entre l’Université Euromed de Fès et l’École de droit de la Sorbonne. « Nous avons développé une activité de recherche avec ces journées d’études qui viennent compléter la formation », explique François-Xavier Lucas.


Pour les étudiants du master franco-marocain, l’événement constitue aussi une occasion de rencontrer des praticiens de haut niveau, avec parfois des débouchés professionnels : « On a des étudiants qui ont été embauchés par certains de ces cabinets qui assistent à nos journées », indique-t-il.

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