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02.06.2026 à 21 H 54 • Mis à jour le 02.06.2026 à 21 H 54
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Football

Le Maroc passe Madagascar à l’essoreuse, Saibari range les serviettes

Préparation Mondial 2026 : victoire du Maroc face à Madagascar en amical (4-0) Préparation Mondial 2026 : victoire du Maroc face à Madagascar en amical (4-0). Crédit : MAP
Quatre buts, zéro frisson : pour sa dernière à Rabat avant l'envol vers l'Amérique, le Maroc a expédié Madagascar comme on règle une formalité administrative. Saibari a signé le formulaire en double exemplaire. Une révision tranquille avant le vrai oral de dimanche face à la Norvège de Haaland

Il y a des soirées où l'on sait dès la quatrième minute qu'on n'apprendra pas grand-chose, sinon que le réveil sonne tôt à Rabat. Ce mardi soir, devant un Moulay Abdellah venu en voisin, les Lions de l'Atlas n'ont pas pris le temps des présentations pour cet amical préparatoire au Mondial 2026 : le ballon avait à peine fini de rouler que Madagascar était déjà mené. Score final, 4-0, et un constat tranquille : pour une dernière sur le sol marocain avant l'embarquement vers l'Amérique, c'est ce qu'on appelle voyager léger.


Saibari, doublé express et facture salée

Quatrième minute, donc. El Khannouss pose un corner sur la tête des bonnes intentions, et Ismaël Saibari se charge de transformer la phase arrêtée en sentence. Le milieu du PSV, dont on rappellera qu'il joue désormais au volume où l'on n'entend plus les contradicteurs, venait d'ouvrir un bal qu'il comptait bien mener jusqu'au dernier slow.


S'ensuit le seul quart d'heure où Madagascar a eu le droit de toucher le cuir. Les Barea, 104es à la FIFA et coachés par le Breton Corentin Martins, ont consciencieusement fait tourner, jusqu'aux abords de la surface adverse, où la possession se transformait en énigme insoluble. Du beau jeu de cour de récré, sans le moindre tir cadré pour donner un sens à tout ça. La défense marocaine a regardé la manœuvre comme on regarde quelqu'un repeindre un mur : poliment, sans bouger.


Le temps que les insulaires se rendent compte qu'ils jouaient à domicile sans en être chez eux, le Maroc avait déjà repris la télécommande. À la 19e, Ezzalzouli sert Mazraoui dont la frappe vient embrasser la transversale. Pas grave : six minutes plus tard, Saibari remet ça, signe le doublé et range définitivement le suspense au vestiaire. 2-0 à la pause, et déjà l'impression d'assister à une séance d'entraînement un peu trop bien organisée.


Ouahbi fait son marché, le banc continue le travail

Retour des citrons, et Mohamed Ouahbi ouvre grand le tiroir. Le sélectionneur, celui qui a fait du repérage de gamins une religion avant de récupérer les clés des grands, profite de l'amical pour ce que c'est : un laboratoire. Sortie de Saibari (mission accomplie, on ne tente pas le diable), d'Ezzalzouli et de Halhal, entrées d'Ayoub El Kaabi, Soufiane Rahimi et Chadi Riad. Dans la foulée, Ounahi et El Mourabet relaient Bouaddi, et Gessim remplace le néophyte Amaimouni-Echghouyab, la fameuse surprise de la liste à qui l'on offrait là un baptême tranquille.


Changer cinq, six joueurs sans rien changer au scénario : voilà l'idée. Le pressing est resté haut, la défense malgache toujours invitée à danser. Rahimi s'est offert le 3-0 sur penalty (78e), de ce pas posé du type qui a déjà vu plus chaud ailleurs, avant qu'El Kaabi ne mette le couvercle à la 87e. Quatre buts, quatre auteurs sur la feuille pour deux d'entre eux, et un banc qui a prouvé qu'il pouvait faire le boulot des titulaires sans le manuel.


Beaucoup de certitudes, un absent et un vrai test en embuscade

On notera, pour les comptables, l'absence, parmi d’autres, d'Achraf Hakimi, laissé au repos après une saison où il a tout de même soulevé la Ligue des champions avec le PSG : on lui pardonnera de regarder celui-là en pantoufles. Pour le reste, c'est la suite logique d'un printemps amical à la teinte plutôt rassurante : un nul face à l'Équateur, une victoire sur le Paraguay, une démonstration contre le Burundi qui dessine un groupe en forme et un sélectionneur qui affine ses gammes sans trembler.


Reste que battre les Barea, c'est un peu réviser ses tables de multiplication à la veille du bac : utile pour la confiance, insuffisant pour juger. Le vrai oral arrive dimanche, à Harrison, dans le New Jersey, au Sports Illustrated Stadium. En face, la Norvège et un certain Erling Haaland, soit un autre registre de défense à tester que celle, hospitalière, de Madagascar. C'est là, à deux pas du MetLife où les attend le Brésil le 13 juin, que l'on saura si ce 4-0 valait pour ce qu'il était : une formalité expédiée, ou la dernière mise en jambe avant les choses sérieuses.


En attendant, le Maroc a fait ce qu'il fallait faire, gagner large, ne pas se blesser, donner du temps de jeu et plier bagage avec le sourire. Direction l'Amérique. La vraie répétition générale, elle, n'a pas encore commencé.

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