S'abonner
Se connecter
logo du site ledesk
Newsroom
Le meilleur de l’actualité au fil des événements
20.07.2026 à 00 H 13 • Mis à jour le 20.07.2026 à 07 H 50
Par
Géopolitique

La CEDEAO signe l’accord intergouvernemental pour le Gazoduc Nigeria-Maroc

69e sommet de la CEDEAO. Crédit : Africaguinee.com
La CEDEAO a signé à Freetown l'accord intergouvernemental encadrant le Gazoduc Africain Atlantique Nigeria-Maroc, projet de 6 800 km estimé à 25 milliards de dollars, désormais entré dans sa phase institutionnelle et financière. Les détails

Dimanche 19 juillet, en marge d'un sommet tenu à Freetown, les chefs d'État et de gouvernement des pays membres de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest ont signé l'Accord intergouvernemental (IGA) qui encadre juridiquement le développement du Gazoduc Africain Atlantique reliant le Nigeria au Maroc, rapporte la MAP.


Dans un communiqué conjoint, l'ONHYM et la NNPC Ltd. précisent que ces signatures formalisent l'approbation de l'IGA par la 66ᵉ session ordinaire de la Conférence des Chefs d'État et de Gouvernement de la CEDEAO, tenue le 15 décembre 2024 à Abuja. Elles constituent l'aboutissement d'un processus engagé sous la coordination de la CEDEAO, conformément au mémorandum d'entente signé par le Maroc et le Nigeria le 15 septembre 2022.


Plus tôt cette année, Amina Benkhadra, directrice générale de l'ONHYM, avait alors indiqué à Reuters que la signature de l'IGA interviendrait courant 2026. Elle avait précisé que le gazoduc serait construit par segments : les premiers tronçons relieront le Maroc aux champs gaziers de Mauritanie et du Sénégal, un tronçon sud connectera le Ghana à la Côte d'Ivoire, avant qu'un dernier segment ne relie le Ghana aux gisements nigérians, avec une première production attendue pour 2031.


Long de près de 6 800 kilomètres, ce gazoduc doit acheminer le gaz naturel nigérian le long de la façade atlantique de l'Afrique de l'Ouest jusqu'au Maroc, avant sa connexion au réseau gazier européen. Porté conjointement par le Royaume et le Nigeria depuis plusieurs années, le projet est piloté sur le plan opérationnel par l'Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) côté marocain et par la Nigerian National Petroleum Company Limited (NNPC Ltd.) côté nigérian.


Selon l'ONHYM et la NNPC, les études d'ingénierie détaillées (FEED) sont désormais achevées, les campagnes de reconnaissance du tracé réalisées, et les études environnementales et sociales largement avancées, ce qui permet au projet d'aborder sa phase opérationnelle.


D'un accord bilatéral entre Rabat et Abuja, le gazoduc devient un projet à vocation continentale, porté par l'ensemble des pays traversés par son tracé. Le Maroc et la Mauritanie, qui ne sont pas membres de l'organisation ouest-africaine, ne figuraient pas parmi les signataires de Freetown. Les deux pays doivent parapher l'accord lors d'une cérémonie distincte, prévue ultérieurement au Royaume du Maroc, en présence du président nigérian Bola Ahmed Tinubu.


Gazoduc Nigerai-MarocGazoduc Nigerai-Maroc Infographie Mohamed Drissi Kamili / Le Desk.


Le projet, initié à l'origine par le roi Mohammed VI et l'ancien président nigérian feu Muhammadu Buhari, continue de bénéficier du soutien plein et entier de l'actuel chef de l'État nigérian. Sa concrétisation marque l'aboutissement d'un long processus diplomatique visant à fédérer autour d'un même corridor gazier treize pays de la façade atlantique africaine, incluant également les États sahéliens enclavés, appelés à bénéficier des interconnexions régionales prévues.


Les prochaines étapes prévoient la création d'une société de projet, dont le siège sera établi à Casablanca, ainsi que d'une autorité de gouvernance du gazoduc, la Pipeline Higher Authority, basée à Abuja. Viendront ensuite la mobilisation des investisseurs et la préparation de la décision finale d'investissement, étape charnière avant le lancement effectif des travaux.


Sur le plan technique, une fois achevé, l'AAGP traversera treize pays et sera raccordé, dans le nord du Maroc, au gazoduc Maghreb-Europe. Sa capacité de transport est évaluée à 30 milliards de mètres cubes de gaz naturel par an, dont jusqu'à 15 milliards pourraient être destinés au Maroc et à l'Europe — soit près de 3 milliards de pieds cubes de gaz nigérian par jour (3 Bcf/j), selon la NNPC.


Le projet est présenté comme un levier de sécurité énergétique pour l'Afrique de l'Ouest, susceptible de soutenir le développement de la production électrique et l'industrialisation de la région. L'ONHYM et la NNPC le décrivent également comme un puissant levier de développement économique, appelé à soutenir les industries énergivores, la valorisation des minerais critiques et stratégiques, le développement des infrastructures portuaires et logistiques, ainsi que l'émergence de nouvelles chaînes de valeur régionales créatrices d'emplois, tout en favorisant l'émergence d'un marché régional intégré du gaz naturel.


« La signature de l'Accord intergouvernemental par les Chefs d'État d'Afrique de l'Ouest dote le Gazoduc Africain Atlantique de la base souveraine indispensable pour passer d'une vision stratégique à une réalisation concrète », a déclaré Bashir Bayo Ojulari, Group Chief Executive Officer de NNPC Limited, cité dans le communiqué. « Cette étape majeure traduit le mandat clair donné par le président Bola Ahmed Tinubu. Le Gazoduc Africain Atlantique est au cœur de cette ambition, en fournissant les infrastructures nécessaires pour acheminer près de 3 milliards de pieds cubes de gaz nigérian par jour vers les marchés », a-t-il ajouté.


De son côté, Amina Benkhadra, directrice générale de l'ONHYM, a salué «  une étape importante dans la progression du projet du gazoduc AAGP, porté par l'ONHYM et la NNPC, sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI et de Son Excellence le président Bola Ahmed Tinubu ». Elle a ajouté que le projet « contribuera durablement à renforcer la sécurité énergétique, à accélérer l'industrialisation, à soutenir la valorisation des ressources naturelles africaines et à promouvoir une prospérité partagée », le rattachant à l'Initiative royale en faveur de l'espace atlantique africain et de l'accès des États du Sahel à l'océan.

©️ Copyright Pulse Media. Tous droits réservés.
Reproduction et diffusions interdites (photocopies, intranet, web, messageries, newsletters, outils de veille) sans autorisation écrite.