S'abonner
Se connecter
logo du site ledesk
Newsroom
Le meilleur de l’actualité au fil des événements
22.07.2026 à 09 H 57 • Mis à jour le 22.07.2026 à 09 H 57
Par
Drame

À Bologne, la mort d’Abderrahim Fakir plonge l’Italie dans la controverse

Crédit : DR
Plaqué au sol par deux policiers le 19 juillet, Abderrahim Fakir, d'origine marocain est mort après avoir crié à l'aide. Sa mort a déclenché des manifestations à Bologne, des affrontements avec la police et des réactions à Rome comme à Rabat. Les détails

Abderrahim Fakir, un ressortissant marocain de 42 ans installé en Italie depuis l'âge de sept ans, est mort le dimanche 19 juillet dans le quartier du Pilastro à Bologne, alors qu'il était maintenu au sol par deux policiers venus intervenir après un signalement de voisins inquiets de son état d'agitation.


Une vidéo de la scène, largement diffusée sur les réseaux sociaux, montre l'homme immobilisé sur le ventre pendant plusieurs minutes, criant à plusieurs reprises « à l'aide » avant de devenir inerte. Le parquet de Bologne a ouvert une enquête visant les deux policiers ainsi que quatre secouristes présents sur place  une autopsie a été ordonnée et les images des caméras-piétons des agents doivent être examinées. L'Italie avait déjà été condamnée par la Cour européenne des droits de l'homme en janvier 2026 dans une affaire similaire de plaquage ventral.


Le maire de centre-gauche de la ville, Matteo Lepore, a appelé à « faire toute la lumière » sur les circonstances du drame et a convoqué un rassemblement le lundi 20 juillet dans le centre-ville. Plusieurs milliers de personnes y ont participé. Une partie du cortège a mené un sit-in pacifique, brandissant des portraits de la victime, tandis que la tension est montée près des bâtiments de la police : des pétards et au moins une bombe artisanale ont été lancés contre les forces de l'ordre, qui ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogène et des canons à eau. Des barricades de fortune ont également été dressées.


Les affrontements ont fait onze blessés légers, selon les autorités et la presse italienne : cinq parmi les manifestants et six parmi les policiers déployés sur place.


La présidente du Conseil italien a réagi mardi 21 juillet sur X, qualifiant les événements d'« inacceptables » et appelant à ce que « la vérité soit recherchée jusqu'au bout, sans préjugés et sans complaisance pour personne », tout en soulignant qu'« aucune justification ne peut être trouvée à la violence ». Le ministre de l'Intérieur, Matteo Piantedosi, a de son côté affirmé qu'aucun « bouclier » ne devait protéger les policiers et que personne n'est au-dessus des lois, laissant à la justice le soin d'établir les responsabilités.


Le Maroc réagit

L'ambassadeur du Royaume à Rome, Youssef Balla, a appelé à faire toute la lumière sur les circonstances du décès, dans le respect de la vérité, de la justice et de la dignité humaine, tout en réaffirmant sa confiance dans les institutions judiciaires italiennes, seules compétentes pour établir d'éventuelles responsabilités.


Il a exhorté la communauté marocaine d'Italie à rester unie, responsable et vigilante, à ne pas céder à des tentatives de récupération ou de provocation, et à exprimer sa douleur aux côtés des amis italiens dans un esprit de dignité et de sérénité. Il a également exprimé sa gratitude pour les nombreux messages de solidarité venus de la société civile italienne.


Le ministère des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l'étranger a indiqué pour sa part suivre « avec une profonde préoccupation » les événements ayant conduit à ce décès. Rabat a demandé aux autorités italiennes compétentes d'accélérer l'ouverture d'une enquête approfondie afin d'établir toutes les circonstances du drame et d'apporter les éclaircissements nécessaires, en insistant sur la nécessité de déterminer les responsabilités et de garantir la pleine application des procédures légales en vigueur.


Le ministère a précisé que des instructions fermes ont été données à l'ambassade du Royaume à Rome ainsi qu'au consulat général territorialement compétent afin d'assurer un suivi étroit du dossier.

©️ Copyright Pulse Media. Tous droits réservés.
Reproduction et diffusions interdites (photocopies, intranet, web, messageries, newsletters, outils de veille) sans autorisation écrite.