Alger ré-autorise le transbordement de certaines cargaisons par les ports marocains
A peine trois semaines après l’interdiction initiale de transbordements des marchandises par les ports marocains, l’Association professionnelle des banques et établissements financiers (ABEF) vient de donner ses instructions pour reprendre la domiciliation des opérations d’importation des marchandises déjà en transit par les ports marocains.
Les nouvelles directives, relayées par l’ABEF, ont été émises directement par le ministère algérien des Transports. Dans un courrier daté du 29 janvier, le ministère de tutelle appelle l’Association à instruire ses services « à l’effet de procéder à la domiciliation de toutes les opérations d'importation de produits notamment ceux périssables et en particulier les viandes, dont la date d'embarquement à bord des navires est antérieure au 10 janvier 2024 ».
Note de l'ABEF ré-autorisant le transbordement de certaines cargaisons par les ports marocains. (Crédit : ABEF)La reprise de la domiciliation des marchandises en cours de transit ne concerne que les cargaisons embarquées avant l’interdiction des opérations de transbordement par les ports marocains. C'est à dire les containers déjà en cours de livraisons et qui ne peuvent être déroutés.
Par ailleurs, les nouvelles instructions démontrent que l’interdiction « toute opération de domiciliation pour les contrats de transport qui prévoient le transbordement/transit par les ports marocains », selon la première note de l’ABEF, n’a pas réellement tenu compte des répercussions d’une telle décision. Par conséquent, l’embargo ferme voulu par Alger est aujourd’hui cassé par le besoin de domicilier les cargaisons de produits à destination d’Algérie, et notamment « ceux périssables, et en particulier les viandes », ce qui laisse deviner l’urgence ayant mené à ce rétropédalage.
Alors que l'effet de la décision algérienne, davantage politique, demeure marginal et devrait porter « préjudice en premier lieu à l’économie algérienne », engendrant des surcoûts pour les importateur algériens, comme l’expliquait au Desk Rachid Lazrak, professeur de droit à l’Université Ibn Tofail de Kénitra et expert en relations internationales, elle engendre également des perturbations aux transporteurs maritimes, obligés désormais à adapter leurs opérations.
C’est d’ailleurs le cas des compagnies maritimes Maersk et CMA CGM, qui ont annoncé, en fin de la semaine dernière, plusieurs modifications de leurs routes maritimes qui affectent leurs connexions avec les ports algériens. Les deux sociétés ont réduit, voire supprimé, le passage de leurs conteneurs via le port de Tanger Med à destination de l'Algérie, alors que celui-ci constitue l'un de leurs principaux hubs de transbordement en Méditerranée.
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