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06.03.2025 à 13 H 04 • Mis à jour le 06.03.2025 à 13 H 04 • Temps de lecture : 4 minutes
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Energie

Gazoduc Afrique Atlantique : à Washington, l’ONHYM annonce une première mise en service dès 2029

Amina Benkhadra, directrice générale de l’Office national des Hydrocarbures et des Mines (ONHYM).

La directrice générale de l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM), Amina Benkhadra, a présenté à Washington les avancées majeures du Gazoduc Afrique Atlantique (GAA), à l’occasion d’un événement organisé mercredi par le think tank américain l’Atlantic Council.


Ce projet d’envergure émanant du roi Mohammed VI et du président du Nigeria, entre dans une phase décisive d’investissement, a affirmé Benkhadra lors de ce briefing stratégique, tenu en marge de sa participation au « Powering Africa Summit », un événement majeur sur le partenariat énergétique entre les Etats-Unis et l’Afrique qui se tient les 6 et 7 mars dans la capitale fédérale américaine.


Devant un parterre de diplomates, d’experts du domaine énergétique, de représentants du secteur privé et de bailleurs de fonds, la directrice de l’ONHYM a souligné l’importance fondamentale de cette infrastructure pour la sécurité énergétique de l’Afrique de l’Ouest, de l’Europe et, plus largement, de l’espace Atlantique.


Inscrite dans une dynamique de coopération régionale et de développement durable, cette initiative ambitionne de répondre aux défis énergétiques du continent tout en renforçant les liens économiques entre les Etats traversés, a-t-elle indiqué.


Rappelant que le projet a franchi des étapes importantes, Benkhadra a précisé que la décision finale d’investissement progresse avec une mise en service progressive prévue pour les premiers tronçons dès 2029.


Dans cette perspective, elle a insisté sur l’importance des partenariats stratégiques, évoquant les discussions avancées en cours avec de grands opérateurs internationaux, y compris américains et des institutions financières afin de garantir la viabilité économique et technique du projet.


Outre son enjeu énergétique, le GAA se distingue, selon la directrice de l’ONHYM, par son ampleur et son impact socio-économique majeur. Avec une longueur de plus de 6000 kilomètres, le futur gazoduc vise à desservir près de 400 millions de personnes, contribuant ainsi à l’électrification du continent dans un contexte où l’accès à l’énergie demeure limité à 40 % pour certains pays.


Au-delà de la fourniture d’énergie, cette infrastructure représente un levier de développement industriel, facilitant l’émergence de nouveaux pôles de production et stimulant les économies locales.


Benkhadra a mis en avant en particulier les synergies entre le GAA et le secteur des minerais critiques, un domaine clé qui bénéficiera directement d’un meilleur accès à l’énergie, favorisant ainsi l’exploitation et la transformation des ressources naturelles.


L'ambassadeur du Maroc à Washington, Youssef Amrani, a ouvert la discussion en situant le gazoduc dans son contexte géopolitique plus large, à un moment notamment, a-t-il noté, où les enjeux énergétiques occupent une place centrale dans l'agenda américain.


Il a souligné que ce mégaprojet s'inscrit pleinement dans la vision stratégique portée par le roi Mohammed VI et représente un pilier fondamental de l'Initiative Atlantique Royale. Cette démarche visionnaire ambitionne, a-t-il dit, de renforcer l'intégration économique du continent africain et d'améliorer sa connectivité énergétique avec le reste du monde, créant ainsi des corridors de croissance inclusive et de développement durable.


Soulignant l’impératif d’accélérer les collaborations internationales, l’ambassadeur a insisté sur la nécessité de mobiliser les financements et d’accompagner les prochaines étapes du projet, en capitalisant sur l’intérêt croissant manifesté par les partenaires internationaux. De son côté, le Nigéria a émis le souhait d'une collaboration plus étroite avec le Forum économique mondial (WEF) organisé à Davos en Suisse, pour le GAA.


Ce briefing stratégique initié par le prestigieux centre de recherche américain a suscité un fort engouement parmi les participants, illustrant la place centrale du GAA dans l’avenir énergétique du continent et son rôle structurant dans la coopération énergétique mondiale.


A travers ce projet, le Maroc réaffirme son engagement en faveur d’une Afrique plus connectée, plus intégrée et plus souveraine sur le plan énergétique, a relevé Amrani.


En novembre dernier, le Maroc avait donné un coup d'accélérateur sur le projet du gazoduc. Après avoir tenu une réunion de travail au niveau des ministres de l'énergie des pays membres de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), avec la participation du Maroc, le royaume faisait connaître son intention de lancer des appels d'offres dans le cadre des phases initiales du gazoduc, en 2025, dont la première phase du comprendra le Maroc, la Mauritanie et le Sénégal.


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