Vague de licenciements chez Atento à Tétouan : les salariés poursuivent leur mobilisation
Depuis plusieurs jours, la ville de Tétouan est le théâtre de manifestations menées par des dizaines d'anciens employés de l'entreprise d'origine espagnole Atento et contrôlée par le fonds américain GLG Partners, spécialisée dans les services de centres d'appels. Ces protestations font suite à des licenciements massifs touchant plus de 200 salariés, qui dénoncent des indemnités de départ jugées insuffisantes et des retards répétés dans le versement de leurs salaires.
Les travailleurs licenciés affirment avoir été confrontés à des propositions d'indemnisation qu'ils estiment injustes, ne reflétant pas leur ancienneté ni les préjudices subis. Certains, avec plus de 20 ans d'ancienneté, se sentent abandonnés sans perspectives d'avenir, d'autant plus que le marché de l'emploi à Tétouan offre peu d'opportunités. La direction d'Atento justifie ces licenciements par des difficultés financières, une explication que les employés et les représentants syndicaux remettent en question, y voyant plutôt une stratégie pour réduire les coûts au détriment des travailleurs.
Face à cette situation, les ex-employés ont organisé des rassemblements dans différents quartiers de Tétouan, exprimant leur colère et leur détermination à obtenir le paiement intégral de leurs indemnités de départ. Ils dénoncent également le manque de dialogue avec la direction, qui leur aurait proposé soit d'accepter 60 % des indemnités prévues, soit d'engager des procédures judiciaires longues et coûteuses. Cette absence de communication renforce leur sentiment d'injustice et leur volonté de poursuivre les manifestations jusqu'à satisfaction de leurs revendications.
La situation à Tétouan s'inscrit dans un contexte plus large de précarisation des conditions de travail chez Atento. En Espagne, l'entreprise a récemment imposé des transferts géographiques à plus de 500 employés, avec des salaires souvent inférieurs à 1 000 euros, sous peine de licenciement. Ces mesures ont été perçues par les syndicats comme des licenciements déguisés, visant à réduire les effectifs sans respecter les procédures légales.
De plus, aux États-Unis, une plainte a été déposée contre Atento pour des pratiques de licenciement et de harcèlement au sein de ses centres d'appels au Mexique, mettant en lumière des violations présumées des droits syndicaux.
Les travailleurs licenciés de Tétouan appellent à la solidarité nationale et internationale pour faire pression sur Atento afin qu'elle respecte ses obligations envers ses employés. Ils demandent également l'intervention des autorités marocaines pour garantir leurs droits et prévenir de telles pratiques à l'avenir.
La situation reste tendue à Tétouan, et les manifestants ont exprimé leur intention de continuer leurs actions jusqu'à ce que leurs revendications soient pleinement satisfaites.
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