Casablanca Smart City 2025 : vers une métropole intelligente, inclusive et résiliente
Casablanca: Ouverture de la 9ème édition du forum Casablanca Smart City. Crédit: MAP
Sous le Haut Patronage du Roi Mohammed VI, la 9ᵉ édition du forum Casablanca Smart City s’est ouverte mercredi dans la capitale économique avec l’ambition renouvelée de faire de la ville une référence continentale en matière d’urbanisme intelligent, durable et centré sur l’humain. Placé sous le thème « Smart NextGen Cities : Innover pour une métropole durable et inclusive », l’événement réunit sur deux jours un large panel d’experts, de décideurs publics, de chercheurs, de représentants d'institutions internationales et d’acteurs de la société civile autour des défis et opportunités des villes de demain.
Le numérique et l’IA au cœur du projet urbain
Dans son allocution d’ouverture, la ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, Amal El Fallah Seghrouchni, a réaffirmé le rôle central que jouent le numérique et l’intelligence artificielle dans l'amélioration de la qualité de vie en milieu urbain. Elle a insisté sur la nécessité d’une approche interdisciplinaire, conjuguant urbanisme, technologies émergentes, gouvernance participative et inclusion citoyenne. La ville intelligente, selon elle, ne saurait se résumer à une addition de gadgets technologiques, mais doit répondre à une exigence de durabilité, d’efficacité des services publics et d’équité sociale.
Mobilité, logistique et infrastructures : les priorités régionales
Intervenant par la voix de son secrétaire général, Khalid Cherkaoui, le ministre du Transport et de la Logistique, Abdessamad Kayouh, a rappelé que la mobilité représente un levier stratégique de développement urbain. Il a évoqué les grands chantiers en cours dans la région Casablanca-Settat – dont la Ligne à grande vitesse (LGV), le train express régional et les zones logistiques intégrées – comme autant de jalons d’un projet urbain articulant inclusion, transition numérique et écologique.
Un écosystème propice à l’innovation territoriale
Pour Mohamed Jouahri, directeur général de Casablanca Events & Animation, les technologies émergentes offrent des leviers puissants pour transformer en profondeur les services publics, qu’il s’agisse de mobilité, de gouvernance, d’inclusion sociale ou encore d’employabilité. Il a souligné que la ville est en train de renforcer ses infrastructures en perspective de futurs grands événements internationaux, consolidant ainsi sa stature de pionnière africaine des smart cities.
Un message confirmé par la participation internationale de haut niveau, marquée par la présence de Yaoundé, invitée d’honneur de cette édition. Son représentant, Jacquis Gabriel Kemleu Tchagbou, a salué l’expérience marocaine comme un modèle inspirant pour les villes africaines, en appelant à intensifier les partenariats Sud-Sud dans les domaines de la gouvernance locale, de l’urbanisme durable et de la transformation numérique.
La Smart City comme projet de société
Plusieurs élus ont contribué à dessiner les contours d’une gouvernance urbaine intelligente. Abdellatif Maâzouz, président du conseil régional de Casablanca-Settat, a insisté sur la nécessité d’ancrer la ville intelligente dans les réalités économiques, sociales et environnementales actuelles, en la pensant comme une articulation entre héritage territorial et vision d’avenir. Il a mis en avant une gouvernance basée sur la coopération interterritoriale et les synergies collectives.
Nabila Rmili, présidente du Conseil communal de Casablanca, a plaidé pour une ville pensée en réseau, dans l’interaction permanente avec ses citoyens, ses institutions et ses territoires partenaires. Elle a salué l’initiative royale relative à la mise en place de plateformes régionales de réserve de première nécessité, illustrant selon elle une ville « intelligente, mais surtout prête, agile et profondément humaine ».
L’Université, moteur de la ville de demain
Le monde académique s’est aussi largement exprimé. Houcine Azeddoug, président de l’Université Hassan II de Casablanca, a défendu une Smart City centrée sur l’humain, fondée sur la démocratie participative et le service du bien commun. Par la voix de son vice-président, Anass El Kettani, il a affirmé l’engagement de l’université à former les talents de demain, produire des solutions innovantes et s’ancrer dans l’écosystème local.
Dans une intervention à distance, Hicham El Habti, président de l’Université Mohammed VI Polytechnique, a pour sa part appelé à une convergence entre sphères publique, privée et académique. Il a insisté sur la nécessité de faire des universités de véritables laboratoires d’innovation territoriale, à l’image de l’UM6P et de ses campus vivants, où recherche appliquée et développement local s’articulent étroitement.
Gouvernance, participation et souveraineté numérique
L’une des tables rondes les plus attendues a porté sur la gouvernance participative et connectée. Anouar Sabri, président du Groupe parlementaire sur l’IA, a souligné que la ville intelligente devait être d’abord un projet humain et social. Il a mis l’accent sur la gouvernance des données, plaidant pour la mise en place d’un cadre législatif national sur l’usage de l’IA et la création d’une autorité indépendante.
Latif Ladid, président du Forum IPv6, a rappelé que l’inclusion numérique passe par une connectivité robuste et moderne. Il a salué l’adoption du protocole IPv6, qui permet une identification sécurisée de chaque citoyen et appareil, fondement d’une ville réellement connectée.
D'autres intervenants, comme Badre Tnacheri Ouazzani pour Rabat ou Montaser Hiyari de l’Institut arabe de développement urbain à Riyad, ont souligné l’importance de la concertation locale, de la coopération régionale et de l’adaptation des modèles aux spécificités du monde arabe.
Hackathon et participation citoyenne
Enfin, un hackathon mobilisant une centaine de jeunes autour de la mobilité urbaine illustre l’une des convictions fortes portées par cette édition : l’intelligence urbaine ne peut se construire sans intelligence collective. Le forum, qui se clôt jeudi, entend ainsi renforcer l’ancrage de Casablanca dans le mouvement global des métropoles intelligentes, mais aussi inscrire cette ambition dans une logique de proximité, de résilience et de justice sociale.
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