Abdelilah Benkirane joue à l’équilibriste sur la question iranienne
Abdelilah Benkirane, secrétaire général du Parti de la justice et du développement (PJD). Crédit : PJD
Dans un discours prononcé ce dimanche 22 juin à Fès, Abdelilah Benkirane, secrétaire général du Parti de la justice et du développement (PJD - opposition) et ancien chef du gouvernement, a tenté de concilier soutien au Royaume et solidarité islamique à l'égard de Téhéran. Face aux critiques suscitées par ses récentes déclarations jugées favorables à l’Iran, Benkirane a affirmé que son positionnement s’inscrivait exclusivement dans une logique de solidarité religieuse, et non diplomatique.
« Je suis avec le Maroc contre toute puissance hostile, y compris l’Iran, s’il venait à y avoir un conflit direct », a-t-il déclaré. Il a cependant nuancé cette posture en soulignant que les tensions actuelles opposant l’Iran à Israël ne relèvent pas, selon lui, d’un différend bilatéral entre Rabat et Téhéran, mais d’un affrontement géopolitique global. « L’Iran est engagé dans un bras de fer plus large avec Israël, appuyé par les États-Unis », a-t-il précisé.
« Nous soutenons l’Iran au nom de l’Islam »
Ce jeu d’équilibriste, où patriotisme et rhétorique panislamique se mêlent, survient alors que le PJD tente de se repositionner dans le débat public, en mobilisant sa base conservatrice autour de thématiques identitaires. Abdelilah Benkirane, dont le discours populiste reste fortement imprégné de références religieuses, a reconnu que l’Iran soutenait historiquement le Front Polisario et son principal allié, l’Algérie. Mais il a affirmé que son appui à Téhéran ne découle pas de convergences géopolitiques : « Nous sommes en désaccord avec les positions doctrinales de l’Iran et ses innovations théologiques, mais nous les soutenons au nom de l’Islam, parce qu’il brandit la bannière de l’Islam et défend la cause palestinienne. »
Attaquant violemment Israël dans une séquence au ton martial, le leader du PJD a décrit l’État hébreu comme un « régime criminel », fondé sur « les meurtres de civils, les blocus et la famine ». Il a martelé qu’Israël n’avait « aucun avenir dans la région », comparant son destin à celui des Mongols, des Croisés ou des puissances coloniales, tous, selon lui, « chassées un jour des terres de l’Islam ».
Opposé à toute normalisation avec Israël, Benkirane a enfin adressé une mise en garde implicite à la classe politique favorable à ce rapprochement. « Si vous croyez qu’en éliminant l’Iran ou le Hamas, votre problème sera réglé, vous êtes dans l’illusion. La Oumma compte plus de deux milliards de personnes », a-t-il lancé, réaffirmant la primauté, à son opinion, de l’unité islamique sur les considérations diplomatiques.
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