Festival Moblack et Lost Frequencies : l’électro mondiale aux couleurs africaines à Mawazine
C’est l’Italien Moblack qui a donné le ton en ouvrant les festivités avec un set aux sonorités profondes et organiques, puisées dans l’afrohouse contemporaine. Maître dans l’art de construire des univers sonores immersifs, le producteur a enchaîné rythmes tribaux, textures électroniques hypnotiques et voix africaines finement samplées, tissant un récit musical fluide et envoûtant qui a immédiatement conquis l’assistance.
Au cœur de sa performance, Moblack a tenu à saluer la culture du pays hôte en revisitant Sawt Al Hassan, chant patriotique emblématique du Maroc. Sur une atmosphère solennelle, alors que le drapeau marocain flottait entre ses mains, les premières notes du morceau ont déclenché une salve d’applaudissements et un rare moment de communion avec le public, visiblement ému.
Mais la surprise la plus marquante de la soirée est venue de son invitation à Salif Keita, légende vivante de la musique malienne. Dans une atmosphère suspendue, l’artiste aux cinquante années de carrière a interprété Yamore en version acoustique, mêlant sa voix reconnaissable entre toutes aux textures électroniques de Moblack. Une rencontre inédite entre tradition mandingue et beats modernes, saluée comme l’un des moments les plus forts du festival.
La deuxième partie de la soirée a été assurée par le DJ belge Lost Frequencies, figure montante des scènes électroniques mondiales. Fidèle à sa signature lumineuse et mélodique, il a livré un set calibré pour les grandes scènes, déroulant ses succès planétaires comme Reality, Are You With Me ou Crazy, dans une ambiance euphorique, rythmée par des visuels minimalistes, mais percutants. Une électro légère et accessible, idéale pour embarquer les festivaliers dans une transe joyeuse et collective.
Loin de s’opposer, les univers de Moblack et Lost Frequencies se sont révélés complémentaires : le premier enraciné dans les textures organiques d’Afrique, le second porté par une pop électronique aux refrains fédérateurs. Ensemble, ils ont dessiné un panorama sonore contemporain, résolument international, mais nourri d’une attention sincère aux cultures d’origine. Cette soirée marque l’avant-dernier grand rendez-vous sur la scène de l’OLM Souissi, avant la clôture très attendue samedi soir avec le tandem explosif Lil Baby - El Grande Toto.
Organisé sous le Haut patronage du roi Mohammed VI, le Festival Mawazine - Rythmes du monde affirme, une fois de plus, sa vocation de scène mondiale ouverte à la diversité des genres et des sensibilités. À travers cette programmation mêlant étoiles de la house africaine et têtes d’affiche de l’électro pop européenne, Rabat s’impose, pour un soir encore, comme l’un des carrefours majeurs de la musique actuelle.
©️ Copyright Pulse Media. Tous droits réservés.
Reproduction et diffusions interdites (photocopies, intranet, web, messageries, newsletters, outils de veille) sans autorisation écrite.

