S'abonner
Se connecter
Logo du site LeDesk
29.06.2025 à 11 H 56 • Mis à jour le 30.06.2025 à 02 H 58 • Temps de lecture : 3 minutes
Par

Festival Julian Marley fait vibrer Mawazine sous le signe de l’héritage reggae

C’est dans une atmosphère de ferveur et d’émotion que Julian Marley a signé, samedi soir, la clôture mémorable de la 20e édition du Festival Mawazine-Rythmes du Monde, livrant sur la scène Bouregreg un concert vibrant, empreint de spiritualité et d’authenticité

Sur les rives illuminées du Bouregreg, entre Rabat et Salé, la dernière soirée du festival a pris des allures de cérémonie rituelle. Le fils du roi du reggae a transcendé les attentes d’un public nombreux et conquis, en livrant un show envoûtant, où le roots jamaïcain s’est exprimé dans toute sa puissance, sa sagesse et son universalité.


Dès les premières notes, Julian Marley a capté l’attention de la foule, habité par une énergie à la fois sereine et flamboyante. Vêtu d’une chemise jaune éclatante, dreadlocks longues et basse en bandoulière, il s’est imposé comme un maître de scène, portant haut l’étendard d’un reggae militant et lumineux. Des titres comme Lemme Go, Boom Draw, Straighter Roads, Build Together ou encore Things Ain’t Cool ont déclenché une série d’ovations spontanées, la foule reprenant les refrains à l’unisson, dans une ambiance de communion rare.


Entouré de musiciens complices et de deux choristes vêtues de robes chamarrées, Julian Marley a enchaîné les morceaux avec fluidité, oscillant entre rythmes chaloupés et envolées instrumentales d’une grande finesse. Le concert, d’une intensité croissante, a atteint son paroxysme lorsque le chanteur a rendu hommage à Bob Marley en revisitant plusieurs de ses titres cultes. Ces instants suspendus ont plongé l’auditoire dans une émotion palpable, renouant avec l’essence du reggae : un appel à la paix, à la justice et à l’unité des peuples.


Au-delà de l’hommage filial, Julian Marley a imprimé sa propre marque. Avec une aisance désarmante, il a dansé, bondi, arpenté la scène, galvanisant les spectateurs qui scandaient son nom dans une liesse contagieuse. Le final a été à l’image de l’ensemble du concert : vibrant, généreux, porté par une ferveur collective. La clameur du public, réclamant un rappel dans un tonnerre d’applaudissements – « Julian ! Julian ! We want more ! » – a retenti longtemps après la dernière note.


Julian Marley, né à Londres le 4 juin 1975 de l’union de Bob Marley et Lucy Pounder, a grandi dans l’ombre bienveillante d’une légende. Mais il a su, avec humilité et exigence, se forger une identité propre. Musicien autodidacte et polyvalent – maîtrisant basse, guitare, batterie et claviers – il s’est imposé comme l’un des piliers du reggae contemporain. Nominé aux Grammy Awards pour son album Awake, il a participé à la tournée Africa Unite, et foulé les scènes de festivals majeurs, dont celle des Jeux Olympiques de Pékin en 2008. Fort de plus de 100 millions d’écoutes en ligne, il incarne aujourd’hui une relève fidèle et innovante du reggae international.


En clôturant cette 20e édition de Mawazine, Julian Marley a non seulement célébré l’héritage de son père, mais il a aussi livré une performance personnelle, enracinée dans une spiritualité sincère, laissant une empreinte durable dans la mémoire du public.


Organisé sous le Haut Patronage du Roi Mohammed VI par l’Association Maroc Cultures, le Festival Mawazine – Rythmes du Monde s’est imposé comme l’un des plus grands événements musicaux au monde. Pour cette édition anniversaire, du 20 au 28 juin 2025, Rabat et Salé ont vibré au rythme de dizaines d’artistes venus des cinq continents, dans une programmation éclectique saluée par plus de deux millions de festivaliers. La prestation de Julian Marley en clôture restera sans doute comme l’un des temps forts les plus mémorables de cette vingtième édition.

©️ Copyright Pulse Media. Tous droits réservés.
Reproduction et diffusions interdites (photocopies, intranet, web, messageries, newsletters, outils de veille) sans autorisation écrite.