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07.07.2025 à 18 H 02 • Mis à jour le 07.07.2025 à 18 H 02 • Temps de lecture : 3 minutes
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Festival Jazzablanca célèbre les musiques africaines : entre mémoire et réinvention

À Anfa Park, la soirée du dimanche a réuni deux univers artistiques puissants, entre la sagesse acoustique de Salif Keïta et l’audace contemporaine d’Aïta Mon Amour

Le Festival Jazzablanca a offert, dimanche 6 juillet à Anfa Park, une soirée vibrante en hommage aux musiques africaines dans toute leur pluralité. Deux performances singulières ont marqué cette célébration : celle du chanteur malien Salif Keïta, figure emblématique de la musique mandingue, et celle du duo marocain Aïta Mon Amour, porté par Widad Mjama et Khalil Epi. Deux propositions artistiques ancrées dans la tradition, mais résolument tournées vers l’innovation.


En ouverture, Salif Keïta a livré une prestation d’une sobriété remarquable, recentrée sur l’essence même de son art. Fidèle à l’esprit de son dernier album So Kono, le chanteur malien a mis en avant sa voix d’or, accompagnée d’une instrumentation acoustique épurée. Loin des arrangements surchargés, cette approche a permis à son timbre unique de résonner pleinement dans l’espace, emportant le public dans un voyage introspectif à travers les sonorités de la musique mandingue.


En marge du concert, l’artiste a partagé avec la presse ses réflexions sur les affinités culturelles entre le Mali et le Maroc. Il a notamment évoqué les similitudes entre le ngoni, instrument à cordes d’Afrique de l’Ouest, et le guembri, pilier de la musique gnawa. « Là où il y a la musique, il n’y a pas de haine », a-t-il déclaré, réaffirmant son engagement pour une musique comme outil de paix et de cohésion sociale.


La deuxième partie de la soirée a ouvert un tout autre chapitre. Sur la Scène 21, le duo Aïta Mon Amour a proposé une relecture audacieuse de la tradition aita, ce genre populaire marocain longtemps marginalisé. Entre chant, poésie et électronique, Widad Mjama et Khalil Epi ont construit une performance immersive, nourrie de textures sonores contemporaines et enrichie par la présence de musiciens invités. Le résultat : un moment suspendu, où mémoire et futur se sont entremêlés avec élégance.


À travers ce dialogue entre deux esthétiques que tout semble opposer – la profondeur spirituelle d’une tradition acoustique et la fougue expérimentale d’une création postmoderne – la soirée a incarné avec force la diversité des expressions musicales africaines. Une richesse qui s’inscrit dans la vocation même du Festival Jazzablanca : celle de faire dialoguer les cultures, d’inviter à l’écoute et de repousser les frontières esthétiques.


La 17ᵉ édition du festival, qui se poursuit jusqu’au 12 juillet, confirme une nouvelle fois son identité singulière. Anfa Park, avec ses deux scènes, ses espaces de détente et de restauration, s’impose comme un lieu de vie et de rencontres artistiques. L’ambiance y est à la fois conviviale et exigeante, fidèle à l’esprit d’un festival qui fait du métissage sonore sa ligne de conduite.


Parallèlement, la scène « Nouveau Souffle », installée au Parc de la Ligue arabe, accueille quatre concerts gratuits dans une volonté affirmée d’élargir l’accès à la musique live. Daraa Tribes, Mehdi Qamoum, Anas Chlih Quintet et Soukaina Fahsi y incarnent une nouvelle génération d’artistes marocains qui explorent, chacun à sa manière, les résonances du patrimoine.

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