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10.07.2025 à 12 H 00 • Mis à jour le 10.07.2025 à 12 H 16 • Temps de lecture : 3 minutes
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Extrémisme

Un imam salafiste expulsé d’Espagne vers le Maroc

Un Marocain résidant à Olot, dans la région catalane de La Garrotxa, a été expulsé vers le Maroc par les autorités espagnoles après avoir été désigné comme un individu représentant un danger grave pour la sécurité publique en raison de ses convictions salafistes radicales. Selon un communiqué du ministère espagnol de l'Intérieur, l’expulsion, exécutée le 1er juillet, a été qualifiée d’«  opération de haute valeur  » dans le cadre de la stratégie de lutte contre l’extrémisme.


L’homme avait été interpellé à Camprodon, dans le Ripollès, par la Police nationale espagnole, en exécution d’un arrêté d’expulsion émis par le secrétaire d’État à la Sécurité. Ce dernier justifiait la mesure par la participation du ressortissant marocain à des «  activités contraires à la sécurité de l’État  », considérées comme une infraction très grave à la loi sur l’immigration. En plus de son éloignement immédiat du territoire espagnol, une interdiction de retour a été prononcée pour une durée de 10 ans.


Les services de sécurité espagnols le considéraient comme un salafiste radical. Après avoir tenté en vain de devenir imam à Besalú, en 2017, il était retourné brièvement au Maroc, avant de revenir en Espagne en 2020 pour s’installer à Olot. Selon des sources policières citées par la presse espagnole, il propageait des doctrines hostiles à la coexistence, prônant notamment l’isolement des musulmans du reste de la société, la supériorité de la charia sur la loi espagnole et le rejet absolu de l'ordre constitutionnel. Il aurait également fait l’apologie du port obligatoire du niqab pour les femmes et tenu des discours de haine à l’égard de courants musulmans non salafistes, notamment les chiites, tout en qualifiant d’infidèles ses coreligionnaires qui respectent la législation espagnole.


Dans un geste symbolique révélateur de ses positions idéologiques, il avait même renoncé à sa demande de naturalisation espagnole, déclarant que «  l’Islam interdit d’avoir la nationalité d’un pays non musulman  ».


Après deux recours infructueux, d’abord devant l’Audience nationale, puis devant la Cour suprême, la mesure d’expulsion a été confirmée. L’arrestation et le transfert vers l’aéroport Adolfo Suárez Madrid-Barajas ont été pris en charge par le Groupe des opérations d'immigration (GOE) de l’Unité d’immigration et de documentation (UED) de Camprodon. L’homme a ensuite été acheminé vers le Maroc par vol spécial.


Les expulsions de ce type, qualifiées de prioritaires par le ministère de l’Intérieur espagnol, sont systématiquement mises en œuvre dès lors que les personnes concernées présentent un risque jugé élevé pour l’ordre public. En Catalogne, la Police nationale travaille de concert avec les Mossos d’Esquadra et la Garde civile pour surveiller les activités de groupes salafistes, en particulier ceux liés au jihadisme. Plusieurs opérations ciblées ont été menées ces derniers mois dans ce cadre, dans un contexte de vigilance accrue face à la menace terroriste.

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