Sahara : le Parti populaire espagnol répond aux critiques de l’Istiqlal
En réponse aux critiques exprimées par le Parti de l’Istiqlal, le Parti populaire (PP) espagnol a réaffirmé sa position sur la question du Sahara. Lors d’une conférence de presse tenue ce lundi 14 juillet au siège national du PP, Borja Sémper, porte-parole du parti et secrétaire adjoint à la culture, a défendu « la cohérence de la ligne » suivie par sa formation, tout en réitérant l’indépendance de la politique étrangère espagnole.
Cette prise de parole intervient après l’envoi, la semaine dernière, d’une lettre par l’Istiqlal – parti dirigé par le ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka – à la direction du PP. Le parti historique du mouvement national y exprimait sa « préoccupation » face à ce qu’il qualifie de « manque de clarté » sur la question du Sahara, en particulier après la participation remarquée du représentant du Front Polisario en Espagne, Abdullah Arabi, au dernier congrès du PP. Il regrettait également que le PP ne se soit pas inscrit dans la dynamique de soutien explicite au plan d’autonomie marocain pour le Sahara, comme l’ont fait la France et le Royaume-Uni, ou encore le gouvernement de Pedro Sánchez en mars 2022, à travers une lettre adressée au roi Mohammed VI.
Interrogé sur une éventuelle réponse de son président Alberto Núñez Feijóo à la lettre de Nizar Baraka, Borja Sémper a botté en touche, rappelant que « la position du PP et de son leader sur le Sahara est publique et connue, contrairement aux décisions prises par ce gouvernement concernant le Sahara, qui sont cachées ». Il a insisté sur la « constance » de son parti : « Nous avons toujours exprimé la même position, et c'est celle que nous maintenons aujourd’hui ».
La résolution adoptée à l’issue du récent congrès du PP évoque en effet la question du Sahara, mais sans endosser clairement le plan d’autonomie marocain. Le texte se limite à réaffirmer l’attachement au « respect du droit international et des résolutions des Nations unies », une ligne qui s’inscrit dans la tradition diplomatique espagnole antérieure au revirement opéré par le gouvernement socialiste.
Borja Sémper a également tenu à rappeler les principes d’indépendance en matière de relations internationales : « La politique étrangère de notre pays est décidée par notre pays. Elle n’est ni subordonnée ni influencée par d’autres, pour lesquels nous avons le plus grand respect ». Et de conclure : « Nous fixons notre position en fonction des intérêts du peuple espagnol et de nos traditions, particulièrement sur un sujet aussi sensible ».
Le Parti populaire reste par ailleurs l’un des plus farouches critiques du revirement opéré en 2022 par le Chef du gouvernement Pedro Sánchez, qui avait officiellement qualifié le plan d’autonomie marocain de « base la plus sérieuse, crédible et réaliste » pour parvenir à une solution au conflit. Une position que le PP dénonce comme « unilatérale et opaque », prise, selon lui, « sans débat parlementaire préalable ni concertation avec les principales forces politiques du pays ».
Cette nouvelle passe d’armes met en lumière la persistance des divergences entre Rabat et la principale force d’opposition espagnole, au moment où le Maroc multiplie les démarches diplomatiques pour obtenir un alignement explicite de ses partenaires sur sa vision du règlement du différend saharien.
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