S'abonner
Se connecter
logo du site ledesk
Newsroom
Le meilleur de l’actualité au fil des événements
25.07.2025 à 20 H 22 • Mis à jour le 26.07.2025 à 09 H 34
Par
Télécoms

Licences 5G : Maroc Telecom, Orange et Inwi retenus pour un total de 2,28 MMDH

Le siège de l'Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT), à Rabat. Le siège de l’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT), à Rabat. Crédit : Mohamed Drissi K. / Le Desk
Les trois opérateurs télécoms ont obtenu leurs licences 5G à l’issue de l’appel à concurrence lancé par l’ANRT le 11 juillet. Le ticket d’entrée global atteint les 2,28 milliards de dirhams, ouvrant la voie à un déploiement commercial dès novembre 2025. Ce basculement vers la 5G, très attendu, amorce une transformation structurelle des télécoms, avec une couverture nationale projetée à 85% d’ici 2030

L’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT) a tenu, le vendredi 25 juillet à Rabat, une réunion de son conseil d’administration présidée par le Chef du gouvernement Aziz Akhannouch. Cette réunion a entériné les résultats de l’appel à concurrence lancé le 11 juillet pour l’attribution des licences 5G. L’opération a été conduite conformément aux articles 10 et 11 de la loi 24-96 relative à la poste et aux télécommunications, ainsi qu’au règlement d’appel à concurrence (RAC) et au cahier des charges (CdC) validés par la Commission administrative compétente.


Les trois opérateurs nationaux, Itissalat Al-Maghrib (Maroc Telecom), Médi Telecom (Orange Maroc) et Wana Corporate (Inwi), ont déposé leurs offres dans les délais, au plus tard le lundi 21 juillet.


Un financement direct de 2,28 MMDH pour l’État

Le prix de réserve pour chaque licence était fixé à 600 millions de dirhams (MDH). Maroc Telecom a dû s’acquitter de 900 MDH, Orange et Inwi de 600 MDH chacun. À cela s’ajoute une redevance forfaitaire de 60 MDH par opérateur, destinée à couvrir les coûts du réaménagement du spectre. Le total perçu par l’État s’élève ainsi à 2,28 milliards de dirhams (MMDH).


Ce montant est supérieur à celui encaissé lors de l’attribution des licences 4G en 2015. Il reflète non seulement la valeur économique de la bande passante mise à disposition, mais aussi l’importance stratégique de la 5G dans l’économie numérique.


Une évaluation technique détaillée

La grille de notation comportait 5 critères techniques totalisant 100 points. Chaque dossier a été évalué selon les mêmes critères : la couverture et le déploiement (40 points), la qualité de service (15 points), l’attractivité commerciale et l’innovation (10 points), la cohérence du plan d’affaires et la vision stratégique (20 points), et enfin la stratégie tarifaire (15 points).


Sur le premier critère, celui de la couverture et des infrastructures, Maroc Telecom a obtenu le score le plus élevé avec 38 points sur 40, traduisant un engagement particulièrement ambitieux. Inwi a été crédité de 35 points, et Orange de 33. Cette notation repose sur des objectifs chiffrés de couverture nationale et régionale, la densité des sites prévus, les délais de mise en service, et les engagements spécifiques concernant les axes routiers, ferroviaires, les établissements publics et les zones rurales.


Concernant la qualité de service, mesurée selon des indicateurs tels que la latence, le débit minimal garanti, la performance en streaming vidéo ou la navigation, Inwi a obtenu 14 points sur 15, contre 13 pour IAM et Orange. Les éléments d’appréciation comprenaient aussi les niveaux d’engagements sur les services différenciés (entreprises, services critiques) et les niveaux de disponibilité du réseau.


L’innovation et l’attractivité commerciale ont donné lieu à une évaluation plus qualitative, fondée sur la différenciation des offres, l’accessibilité des services 5G au grand public et l’intégration d’usages innovants. Orange et Inwi ont tous deux obtenu 8 points sur 10, et IAM 7 points.


Sur la vision stratégique et la cohérence du plan d’affaires, qui regroupaient des éléments liés aux projections financières, aux investissements déclarés, à la planification de l’évolution technologique (notamment vers l’architecture autonome), Inwi a dominé avec 18 points sur 20, suivi d’Orange (17) et d’IAM (16).


Enfin, la stratégie tarifaire, dernier critère de la grille, a été particulièrement valorisée pour Orange (14 points), devant IAM (13) et Inwi (12). L’ANRT a évalué ici la clarté des grilles tarifaires projetées, la progressivité des offres, ainsi que leur capacité à favoriser une adoption large et rapide des services 5G.


À l’issue de cette évaluation, IAM et Inwi ont obtenu chacun une note globale de 87 sur 100, et Orange celle de 85 points.


Des fréquences stratégiques attribuées avec équilibre

Les bandes attribuées aux opérateurs concernent les 700 MHz et la bande 3,4–3,8 GHz, deux plages de fréquences fondamentales pour la 5G. La bande 700 MHz (2x10 MHz par opérateur) est destinée à offrir une bonne pénétration dans les bâtiments et une couverture étendue, y compris en zones rurales. Elle est essentielle pour les services sur les axes linéaires, notamment les routes nationales et autoroutes, les voies ferroviaires et les grands axes logistiques.


La bande 3,5 GHz est celle qui assure les débits les plus élevés. Maroc Telecom a obtenu 100 MHz, contre 50 MHz chacun pour Orange et Inwi. Ces attributions sont immédiates et pleinement exploitables. Elles ont été rendues disponibles grâce aux réaménagements du Plan national des fréquences (PNF) menés par l’ANRT ces derniers mois.


La neutralité technologique est également activée, permettant aux opérateurs d’évoluer vers des configurations techniques optimales sans contrainte réglementaire sur le type de technologie utilisée par bande. Cela garantit une flexibilité maximale dans le design des réseaux, tout en respectant les objectifs de performance.


Un calendrier de déploiement à partir de novembre 2025

La mise en service commerciale des premiers réseaux 5G est prévue dès le mois de novembre 2025 dans huit grandes villes, incluant leurs aéroports respectifs. Les trois opérateurs devront à cette date offrir un service effectif.


Les engagements contractuels imposent ensuite une couverture de 45 % de la population d’ici fin 2026, et de 85 % à l’horizon 2030. Ces objectifs dépassent largement les seuils minimaux du cahier des charges, initialement fixés à 25 % pour 2026 et 70 % pour 2030.


Les obligations de couverture concernent également les zones prioritaires telles que les établissements publics, les infrastructures logistiques, les zones industrielles, les centres urbains secondaires et les grands axes de mobilité.


Des leviers techniques structurants activés par l’ANRT

Pour permettre un déploiement efficace, l’ANRT a activé un ensemble de leviers techniques déterminants. L’accès au génie civil de Maroc Telecom est désormais encadré réglementairement, permettant aux concurrents d’utiliser les infrastructures existantes (tranchées, conduites, chambres, etc.) dans des conditions transparentes.


Le partage de sites radio est également opérationnalisé à travers une plateforme déclarative commune, avec obligation pour les opérateurs d’y publier leurs prévisions annuelles de déploiement, afin de favoriser la mutualisation. L’accès aux fibres noires interurbaines et urbaines a été élargi, facilitant la densification des sites et le raccordement à très haut débit.


L’objectif fixé est d’atteindre un taux de fibrage supérieur à 80 % des sites urbains dès les premières phases, condition indispensable au bon fonctionnement des cellules 5G.


Un passage planifié vers la 5G autonome

Le déploiement initial s’appuiera sur l’architecture non autonome (NSA), qui repose sur les réseaux 4G existants. Deux ans après la mise en service, les opérateurs devront migrer vers une architecture autonome (5G-SA), entièrement indépendante, capable d’offrir des performances maximales.


Ce passage permettra de développer des services à très faible latence, tels que les applications critiques dans la santé, l’industrie 4.0, les véhicules autonomes, les réseaux énergétiques intelligents, ou encore les services de sécurité publique à large bande.


Les licences 5G intègrent des obligations contractuelles strictes en matière de cybersécurité. Les opérateurs devront garantir la résilience de leurs réseaux, la continuité des services critiques, et la protection des données sensibles. Des audits réguliers seront exigés, selon des standards internationaux, avec un reporting régulier à l’ANRT.


Cette exigence s’inscrit dans la politique nationale de cybersécurité, portée par l’organe de veille stratégique et les dispositifs de sécurité numérique souveraine.


Une couverture universelle : priorité nationale

Le Chef du gouvernement a rappelé que la généralisation des réseaux à l’ensemble du territoire national, notamment les zones montagneuses, ne saurait faire l’objet d’un quelconque report. Une campagne nationale d’identification des zones blanches est en cours, en coordination avec les ministères concernés et les collectivités territoriales. L’objectif est d’assurer un accès équitable, rapide et de qualité aux services de télécommunications.


Aziz Akhannouch a réaffirmé l’engagement du gouvernement à mobiliser les ressources nécessaires aux côtés de l’ANRT et des opérateurs pour atteindre cet objectif.


Objectif : CAN 2025 et Mondial 2030

Le Maroc accueillera la Coupe d’Afrique des Nations 2025 et co-organisera la Coupe du monde 2030. Le gouvernement considère que le déploiement de la 5G est stratégique pour garantir la qualité des communications, la sécurité des grands événements, la diffusion audiovisuelle, la connectivité des visiteurs et les usages critiques pour les autorités publiques. Le directeur général de l’ANRT, Azlarab Hassibi, a ainsi annoncé que le déploiement de la technologie 5G sera soutenu par un effort d’investissement colossal de 80 MMDH à l’horizon 2030. Cette enveloppe servira à assurer une première couverture de plusieurs grandes villes dès fin 2025, avant une extension progressive qui devrait permettre d’atteindre 85 % de la population d’ici la fin de la décennie.


Le pays dispose déjà d’un réseau 4G couvrant 99 % de la population, d’un taux de pénétration internet dépassant les 105 %, et d’un parc de smartphones 4G estimé à 80 % du parc total. Le dernier classement de l’Union internationale des télécommunications (UIT), selon l’indice IDI 2025, place le Maroc en tête des pays africains.


Avec l’attribution des licences 5G, et le lancement de la stratégie Maroc Digital 2030, le Royaume franchit une nouvelle étape vers une infrastructure numérique souveraine, compétitive et universelle.

©️ Copyright Pulse Media. Tous droits réservés.
Reproduction et diffusions interdites (photocopies, intranet, web, messageries, newsletters, outils de veille) sans autorisation écrite.