CAN féminine : les Lionnes de l’Atlas échouent de nouveau au pied du sacre
CAN féminine: Maroc-Nigéria. Crédit: DR
Le rêve s’est brisé dans les dernières minutes. Ce samedi 26 juillet 2025, au Stade Olympique de Rabat, les Lionnes de l’Atlas ont bien cru tenir leur premier sacre continental. Face à une équipe nigériane archi-titrée mais bousculée comme rarement, les Marocaines ont mené 2-0 avant de s’effondrer en fin de rencontre, concédant trois buts qui offrent un dixième trophée aux Super Falcons. Une revanche parfaite pour les Nigérianes, éliminées en demi-finale lors de la précédente édition par cette même équipe marocaine.
Une entame parfaite : le Nigeria assommé
Dès le coup d’envoi, les Marocaines ont imprimé un rythme élevé, étouffant leur adversaire par un pressing haut et une grande justesse technique. Dès la 13e minute, Ghizlane Chebbak lançait les hostilités avec une frappe sèche à l’entrée de la surface, consécutive à un contre favorable, qui trompait Chiamaka Nnadozie sur sa droite. Un cinquième but dans la compétition pour la capitaine marocaine de 34 ans, qui s’impose comme la meilleure buteuse du tournoi.
Les Nigérianes, surprises par l’agressivité marocaine, peinaient à réagir. Leur première occasion sérieuse se soldait par une frappe trop précipitée de Folashade Ijamilusi, contrée par la défense (22e). Dans la foulée, le Maroc doublait la mise par l’intermédiaire de Sanaâ Mssoudy. À la réception d’un centre fuyant d’Ibtissam Jraidi, l’attaquante de l’AS FAR croisait sa frappe pour battre Nnadozie au second poteau (24e). Le public de Rabat exultait, le Nigeria était méconnaissable.
Le Maroc frôle le break, une suite cauchemardesque
À l’image de Sakina Ouzraoui, qui manquait le but du 3-0 dans le temps additionnel de la première période après un rush impressionnant côté droit (45e+3), les Lionnes dominaient physiquement et mentalement. Le Nigeria, dépassé, rentrait aux vestiaires sans avoir montré sa véritable identité.
Mais le repos allait tout changer. Les Super Falcons revenaient des vestiaires métamorphosées, plus agressives, plus lucides, et portées par une Esther Okoronkwo omniprésente. À la 64e minute, la VAR intervenait après une main dans la surface de Nouhaila Benzina. Okoronkwo transformait le penalty et relançait totalement le match (2-1). Le doute s’installait dans les rangs marocains.
À peine sept minutes plus tard, Ijamilusi, bien servie par Okoronkwo, égalisait d’une frappe puissante (2-2, 71e). Le Maroc pensait obtenir à son tour un penalty à la 83e minute pour une main nigériane, mais après consultation de la VAR, l’arbitre revenait sur sa décision. Le coup de massue arrivait cinq minutes plus tard, par Jennifer Echegini, entrée en jeu peu avant, qui reprenait victorieusement un centre au point de penalty pour offrir le titre au Nigeria (88e).
Un parcours héroïque mais une nouvelle désillusion
Comme en 2022 face à l’Afrique du Sud, les Marocaines s’inclinent à domicile en finale, au terme d’un parcours pourtant remarquable. Victorieuses aux tirs au but d’un Ghana coriace en demi-finale (1-1 4-2 tab), elles ont cette fois échoué à contenir le retour d’un géant africain habitué aux grands rendez-vous. Les Lionnes auront pourtant réussi à mettre en difficulté la meilleure défense du tournoi, menée au score pour la première fois de toute la compétition, et stoppée pendant plus d’une mi-temps. C’est dire la performance.
Le Nigeria, de son côté, reste intraitable en finale de la CAN féminine : dix finales jouées, dix titres remportés. Un palmarès désormais inégalé sur le continent, où les Super Falcons dominent depuis des décennies.
Le match s’est joué sous les yeux de nombreuses personnalités, dont le président de la FIFA Gianni Infantino, le président de la CAF Patrice Motsepe, le président de la FRMF Fouzi Lekjaa, et le ministre de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports, Mohamed Saad Berrada. L’organisation du tournoi, saluée pour sa rigueur et son accueil, a confirmé la capacité du Maroc à organiser des compétitions de haut niveau.
La troisième place de cette édition est revenue au Ghana, qui a battu l’Afrique du Sud aux tirs au but (4-3, après 1-1 dans le temps réglementaire), lors du match de classement disputé vendredi au stade Larbi Zaouli à Casablanca.
Immense déception, congratulations royales
À l’issue de la finale, le Roi Mohammed VI a adressé un message de félicitations aux membres de la sélection nationale féminine de football. Le Souverain y a exprimé sa grande fierté face au brillant parcours des Lionnes, qui ont atteint la finale d’un tournoi continental organisé avec une hospitalité chaleureuse et une logistique irréprochable.
Le Roi a salué l’esprit combatif et le patriotisme exemplaire des joueuses, ainsi que leur contribution à l’essor du football féminin marocain sur la scène continentale et internationale. Le message royal a également rendu hommage à l’ensemble du staff – technique, médical et administratif – pour leur dévouement, tout en formulant des vœux de succès pour la suite de leurs carrières, sous le signe de la bienveillance royale.
Si la déception est immense, les fondations sont solides. Cette génération dorée a marqué les esprits et inscrit définitivement le Maroc dans la cour des grandes nations du football féminin africain. La route vers un premier sacre est peut-être encore longue, mais elle est désormais bien tracée.
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