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29.07.2025 à 22 H 53 • Mis à jour le 30.07.2025 à 10 H 30 • Temps de lecture : 4 minutes
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Economie

Bank Al-Maghrib : hausse soutenue de la masse monétaire, reprise du crédit bancaire à fin juin

Bank Al Maghrib à Casablanca. Crédit : ©Mohamed Drissi K./Le Desk

La Banque centrale a publié son bulletin mensuel des statistiques monétaires, arrêtées à fin juin 2025. Ce document met en lumière une dynamique marquée par la progression de la masse monétaire, la reprise du crédit bancaire au secteur non financier, ainsi qu’un léger redressement de certains indicateurs de liquidité et de placements financiers des agents économiques.


À fin juin, la masse monétaire (agrégat M3) a atteint 1 956,3 milliards de dirhams, en hausse annuelle de 8 %, contre 7,7 % en mai. Cette progression s’explique essentiellement par trois facteurs : l’accélération de la croissance du crédit bancaire au secteur non financier, qui est passée de 3,4 % à 4,4 %  l’augmentation plus rapide des avoirs officiels de réserve, en hausse de 11,1 % contre 8,4 % le mois précédent  ainsi qu’un ralentissement de la baisse des créances nettes des institutions de dépôt sur l’Administration centrale, dont le recul s’est atténué de 1,1 % à 0,9 %.


Dans le détail, l’agrégat M3 a bénéficié d’une progression des dépôts à vue auprès des banques, en hausse de 11,7 % après 10,2 %. En revanche, d’autres composantes de la liquidité monétaire ont montré des signes de repli : la croissance de la monnaie fiduciaire a ralenti à 7 % (contre 8,9 % en mai), tout comme celle des comptes à terme (3,2 % après 7,5 %) et des détentions en titres d’OPCVM monétaires, dont la hausse a chuté de 12,1 % à 5,7 %.


L’analyse par secteur institutionnel met en évidence des tendances différenciées. Les sociétés non financières publiques ont vu leurs actifs monétaires, hors monnaie fiduciaire, croître à un rythme plus soutenu. Les actifs monétaires des ménages ont, en revanche, affiché une croissance quasi stable à 6,2 %, masquant une stagnation de leurs dépôts à vue, une décélération de leurs comptes d’épargne et une intensification du repli de leurs dépôts à terme. Quant aux sociétés non financières privées, la progression de leurs actifs monétaires a décéléré de 15,7 % à 13,9 %, en lien avec le ralentissement de leurs comptes à terme et de leurs placements en OPCVM, malgré la hausse de leurs dépôts à vue.


Sur le front du financement, le crédit bancaire au secteur non financier a poursuivi sa reprise, progressant de 4,4 % en rythme annuel, après 3,4 % un mois plus tôt. Cette évolution traduit une amélioration globale de l’offre de financement, notamment au profit des sociétés non financières privées, dont les concours ont crû de 3,5 % après 2,9 %. La hausse s’est appuyée sur un redressement des facilités de trésorerie (dont la baisse s’est atténuée à -2,3 % après -2,9 %) et sur une accélération des crédits à l’équipement, passés de 11,1 % à 12 %.


Les sociétés non financières publiques ont également bénéficié d’une nette reprise, leurs crédits ayant bondi de 7,4 % contre seulement 0,6 % en mai. Du côté des ménages, la croissance des prêts s’est maintenue à 2,5 %, reflétant une relative stabilité de la demande de financement des particuliers.


Par objet économique, la dynamique des crédits reflète des signaux contrastés. Les crédits à l’équipement confirment leur rôle moteur, avec une hausse de 12,6 % après 11,8 %. Les prêts à la consommation progressent légèrement à 2,8 % contre 2,5 %. Les facilités de trésorerie, qui étaient en repli en mai (-2,1 %), repassent en territoire positif (+0,4 %), traduisant un assouplissement des tensions de liquidité à court terme. En revanche, les crédits immobiliers ralentissent, avec une croissance limitée à 3 % contre 3,2 % le mois précédent.


Enfin, les créances en souffrance enregistrent un rebond préoccupant, en hausse de 5,7 % en glissement annuel après une progression de 4,6 % en mai. Toutefois, leur part dans le total des crédits a légèrement reculé à 8,6 %, contre 8,8 % un mois auparavant, ce qui suggère que l’augmentation des encours globaux a partiellement compensé la hausse des défauts.


Dans l’ensemble, Bank Al-Maghrib brosse une image d’un système bancaire qui accompagne, de manière modérée mais continue, la reprise économique, tout en restant confronté à des risques de qualité du portefeuille de prêts, dans un contexte de rééquilibrage progressif des liquidités et des comportements de placement.

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