Naissance de quatre lionceaux de l’Atlas en Tchéquie, une future réintroduction au Maroc à l’étude
Quatre lionceaux de l’Atlas, issus d’une espèce aujourd’hui éteinte à l’état sauvage, ont vu le jour récemment au Safari Park de Dvůr Králové nad Labem, en République tchèque. Il s’agit de trois femelles et un mâle, nés de Khalila et Bart, deux spécimens maintenus dans le cadre d’un programme international de conservation, selon l’agence AP.
Cette naissance représente une contribution précieuse à une population captive extrêmement réduite, estimée à moins de 200 individus dans le monde. L’espèce, connue pour sa crinière imposante et son allure majestueuse, est l’un des symboles les plus puissants de la faune marocaine. Autrefois présent dans les montagnes de l’Atlas et au-delà, le lion de l’Atlas (ou de Barbarie) a été décimé par les activités humaines. Utilisé dans les combats de gladiateurs durant l’Antiquité, il a été victime de la chasse sportive durant le protectorat français puis progressivement privé de son habitat naturel.
La dernière photographie connue d’un lion de l’Atlas dans la nature date de 1925, tandis que le dernier individu confirmé aurait été abattu en 1942. Et il est communément admis que les dernières petites populations se sont éteintes au milieu des années 1960.
Les lionceaux venus au monde en Tchéquie ne resteront pas longtemps dans leur zoo natal. Conformément aux règles du programme international d’élevage pour les espèces menacées, ils seront prochainement envoyés dans d’autres parcs partenaires, notamment celui de Beersheba en Israël. Cette dispersion vise à renforcer la diversité génétique de la population captive et à préparer, à plus long terme, une éventuelle réintroduction.
Mais un tel projet reste à un stade embryonnaire. Le directeur adjoint du parc de Dvůr Králové, Jaroslav Hyjánek, a confirmé que de premiers échanges ont eu lieu avec les autorités marocaines, qui n’ont pas fermé la porte à l’idée d’une réintroduction du lion de l’Atlas dans un parc national du Royaume, probablement dans le Haut Atlas. Une conférence d’experts devrait ainsi se tenir au Maroc, d’ici la fin de l’année ou début 2026, afin d’évaluer la faisabilité d’un tel projet.
Les obstacles sont toutefois nombreux. Il faudra d’abord s’assurer de la capacité des zones envisagées à accueillir une population viable : présence suffisante de proies, vastes territoires protégés et, surtout, acceptation des communautés locales. Sur le plan administratif également, les délais et exigences pour la réintroduction d’une espèce éteinte depuis si longtemps sont considérables.
Pour autant, Jaroslav Hyjánek insiste sur l’importance d’un tel projet. « Il est essentiel de conserver cette vision pour n’importe quelle espèce. Sans cela, l’existence même des zoos n’aurait aucun sens », argumente-t-il. Pour lui, la réintroduction d’un animal aussi emblématique que le lion de l’Atlas mérite d’être envisagée, à condition qu’elle repose sur une approche durable et rigoureuse.
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