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01.09.2025 à 22 H 14 • Mis à jour le 01.09.2025 à 22 H 14
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Politique

Le PPS présente un mémorandum pour « moraliser » et « assainir » les élections de 2026

Nabil Benabdellah, secrétaire général du PPS, lors de la présentation du mémorandum de son parti pour la réforme du cadre général régissant les élections de 2026. Crédit : PPS
Le Parti du progrès et du socialisme (PPS) a rendu public un mémorandum pour la réforme du cadre général régissant les élections de 2026. Le document dresse un réquisitoire sévère contre le scrutin de 2021, qu’il dit « entaché par l’achat de voix et la corruption », et réclame une réforme radicale pour « restaurer la crédibilité des institutions ». Les détails

Après le Parti de la justice et du développement (PJD), le Parti du progrès et du socialisme (PPS-opposition) a dévoilé à son tour, le jeudi 28 août, un mémorandum détaillant ses propositions de réforme du cadre général qui régit les élections prévues en 2026.


Dans ce document de plusieurs dizaines de pages, la formation menée par Mohamed Nabil Benabdallah insiste sur la nécessité de « moraliser le processus électoral », afin de « restaurer la crédibilité » des institutions représentatives et de garantir une participation citoyenne élargie, en particulier celle des jeunes et des femmes.


Un diagnostic sévère des élections de 2021

Le parti dresse un constat critique de l’expérience des élections législatives de 2021, qu’il dit « entachée par une présence massive de la corruption, de l’argent et de pratiques illégales ». Pour le PPS, ce phénomène a « privé notre pays de la possibilité de franchir une nouvelle étape dans l’assurance de l’intégrité du processus électoral et d’un véritable pluralisme démocratique équilibré ».


Pour la formation du Livre, ces éléments remettent en cause la crédibilité des institutions élues et alimentent l’abstention, la méfiance et le désintérêt des citoyens envers la chose politique, aggravant le danger d’un système électoral où « la puissance de l’argent » dicte les résultats, détournant les élections de leur rôle réformateur pour en faire « un instrument de clientélisme et de manipulation ».


Moralisation et transparence

Au cœur des propositions du PPS pour remédier à cet état des choses figure la « moralisation du processus électoral  ». Le parti réclame ainsi l’interdiction de candidature pour toute personne soupçonnée ou condamnée dans des affaires de corruption ou de fraude électorale, le renforcement des sanctions contre l’achat de voix et l’interdiction stricte d’utiliser fonds publics, projets ou activités caritatives pour influencer les électeurs.


Le document propose également un dispositif légal encadrant les observateurs électoraux, l’obligation de signature par empreinte digitale des votants, la numérisation complète du processus (de l’inscription au dépouillement) et une campagne nationale de sensibilisation contre la corruption électorale.


Participation et représentativité

Pour lutter contre l’abstention, le PPS avance plusieurs mesures : l’autorisation d’absence le jour du scrutin pour les salariés, les fonctionnaires et les étudiants, des campagnes de sensibilisation massives à travers les médias et les réseaux sociaux, voire l’étude de la possibilité d’instaurer le vote obligatoire.


La représentativité est également au centre des propositions du parti. À ce chapitre, la formation propose, entre autres, l’augmentation du nombre de sièges réservés aux femmes à un tiers du total, la réintroduction d’une liste nationale pour les jeunes, avec un système d’alternance homme/femme, des financements supplémentaires pour les candidates, ainsi que la création de circonscriptions dédiées aux Marocains résidant à l’étranger, avec possibilité de vote électronique.


Le PPS plaide aussi pour un découpage électoral plus équilibré, fondé sur le recensement de 2024, afin de corriger les distorsions entre zones rurales et urbaines. Il propose de regrouper les petites circonscriptions en entités plus larges et de permettre la présentation de listes communes par des alliances partisanes pré-électorales, afin de « rationaliser l’espace politique ».


Supervision, numérisation et financement

Le PPS souhaite aller plus loin dans la supervision des élections avec la création d’une instance nationale de suivi, composée de représentants des partis, de l’administration, des instances de gouvernance et du pouvoir judiciaire. Il met aussi l’accent sur l’usage du numérique : dépouillement électronique, publication instantanée des résultats, sanctions contre la désinformation via l’intelligence artificielle et accessibilité renforcée pour les personnes en situation de handicap.


Enfin, le parti dirigé par Nabil Benabdellah appelle à doubler le budget public dédié aux campagnes électorales, à introduire une définition plus large des dépenses électorales (y compris numériques et médiatiques) et à renforcer les mécanismes de contrôle financier.


Une bataille politique et démocratique

Au-delà des aspects techniques, le PPS insiste sur la dimension éminemment politique et sociétale du scrutin de 2026. Pour le parti « la question électorale ne relève pas uniquement de mesures techniques ou du seul champ partisan : il s’agit d’un enjeu sociétal décisif », il s’agit d’une « bataille démocratique » destinée à réconcilier citoyens et institutions, en particulier les jeunes, et à restaurer la confiance dans la vie publique.


Les élections doivent constituer « un exercice de rupture » ouvrant la voie à un nouveau contrat politique capable de soutenir le modèle de développement. À travers ce plaidoyer, le PPS appelle à « purifier le champ électoral des pratiques corruptrices », afin de garantir une compétition fondée sur les programmes plutôt que sur l’argent, tout en se posant en porte-voix d’un renouveau démocratique et d’une réforme électorale en profondeur.

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