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29.09.2025 à 10 H 51 • Mis à jour le 29.09.2025 à 10 H 55
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Mouvement

GenZ212 : les autorités haussent le ton pour la deuxième journée de manifestations

Deuxième journée de manifestations du mouvement GenZ212 à Casablanca, au quartier Derb Sultan. Crédit : Mustapha Razi / Le Desk
La répression des mobilisations du mouvement GenZ212 s'est intensifiée lors de cette seconde journée de mobilisation. Selon des sources concordantes, certains jeunes ont été placés en garde à vue et seront présentés au parquet, alors que le mouvement se prépare déjà à une troisième journée de démonstration. Les détails

Dimanche n'aura pas été de tout repos dans certaines villes du pays : alors que le mouvement GenZ212 a récidivé pour la seconde journée, après une première marquée par les interpellations, les autorités ont choisi dans certaines villes de maintenir en détention et de présenter au Parquet les jeunes sortis manifester pour la seconde fois, apprend Le Desk. 


À Rabat et Casablanca, villes ayant concentré le plus de personnes mobilisées dimanche, plusieurs centaines d'interpellations ont eu lieu. Cette fois-ci, les forces de l'ordre ont empêché tout rassemblement, dispersant les groupes et avortant de ce fait toute mobilisation. La réaction des autorités était telle qu'une violente répression a ciblé les manifestations, à Rabat et Casablanca comme constaté par nos équipes sur place.


Selon nos informations, au moins une dizaine de jeunes ont été placés en garde à vue et seront présentés devant le parquet ce mardi, indiquent des sources concordantes.


Des interpellations ont eu lieu à Rabat, où le mouvement GenZ212 a tenu sa deuxième manifestation à l'instar d'autres villes. Crédit : Le Desk


Niet ferme des autorités

À Rabat, les jeunes du mouvement du GenZ212 ont occupé plusieurs points de la ville : Bab El Had, la place El Joulan, aux abords du Théâtre National, puis sur l’avenue Mohammed V. Ces rassemblements, émaillés de scènes de poursuite entre protestataires et forces de l’ordre, ont conduit à l’interpellation de plus d’une centaine de jeunes hommes et femmes et à l’enregistrement de plusieurs blessés, apprend-on.


Les autorités ont adopté une posture ferme, interdisant aux jeunes de se rassembler sur la place Bab El Had, point de départ annoncé de la manifestation, et procédant à l’arrestation de toute personne suspectée d’appartenir ou de sympathiser avec le mouvement. Les protestataires se sont alors dispersés en cortèges mobiles en direction de la place El Joulan, des abords du Théâtre National et de l’avenue Mohammed V, où se sont concentrées les principales confrontations avec les forces de l’ordre.


Même son de cloche à Casablanca : là aussi, les autorités ont opposé un niet catégorique à toute tentative de rassemblement dans le quartier populaire de Derb Sultan. Ce qui n'a pas empêché des centaines de personnes de se rassembler et de manifester, poussant les autorités à procéder à leurs interpellations.


À Casablanca, les échauffourées sont montées d'un cran. Crédit : Mustapha Razi / Le Desk


Selon les informations disponibles, les personnes ayant participé à la première comme à la seconde manifestation sont traitées de manière différente par rapport aux primo-manifestants : les récidivistes, ayant été relâchés la veille, seront présentés au parquet pour d'éventuelles poursuites judiciaires.


Si Rabat et Casablanca semblent avoir été agitées, cela n'a pas été le cas dans d'autres villes, à l'instar de Marrakech où la mobilisation devait se tenir à la place Jamaa El Fna. Sur place, les forces de l'ordre ont procédé à un encerclement sécuritaire, intimidant toute personne suspecte de participer à un quelconque rassemblement. Les petits groupes ont de ce fait rapidement été dispersés, alors que les récalcitrants ont été interpellés et emmenés au commissariat le plus proche. Sur place, ce sont des procédures de vérification de l'identité qui sont effectuées et des interrogatoires pour connaître l'origine du mouvement. Ils sont ensuite relâchés, apprend-on.


À Marrakech, les jeunes qui ont tenté de se rassembler ont rapidement été interpellés à la place Jamaa El Fna. Crédit : Soufiane Sbiti / Le Desk


Cette seconde journée de démonstration du mouvement GenZ212, réclamant une réforme des système de santé et de l'éducation en plus de la fin de la corruption, ne sera pas la dernière : en effet, dans la nuit du dimanche au lundi, le mouvement GenZ212 a anoncé une troisième journée de manifestations. Pour cette fois-ci, le lieu ne sera communiqué qu'à deux heures de la tenue de la mobilisation.


Des soutiens qui se déclarent

En plus des formations de gauche et des associations de droits humains, les revendications du mouvement GenZ212 ont déjà trouvé écho au sein de certaines formations partisanes. C'est le cas pour chez le Parti de la Justice et du Développement, comme nous le rapportion précédémment, qui a diffusé un communiqué où il incombait la responsabilité au gouvernement actuel.


Le Parti du Progrès et du Socialisme (PPS) s'alligne aussi avec les jeunes, ayant dédié la une de ses quotidiens partisans à la couverture des manifestations, l'accompagnant avec des déclarations de figures du parti s'affichant comme pro-GenZ212 et dénonçant toute répression policière. De plus, le secrétaire du PPS, Nabil Benabdellah, interrogé par la presse, s'est aussi montré solidaire du mouvement.


Au-delà des partis, étant donné la génération derrière le mouvement GenZ212, des pressions ont aussi visé les influenceurs, rendus coupables pour certains de mutisme face à la situation. Des figures des réseaux sociaux et des humoristes se sont cependant distingués, en apportant un soutien sans équivoque, à l'instar de Simo Sedraty ou encore Ilyas El Maliki. Pour la sphère culturelle, les rappeurs répondent présents, notamment à travers les prises de position de El Grande Toto, Draganov ou encore Dizzy Dross.


Côté médias, les chaînes publiques n'ont toujours pas abordé les manifestations et les répressions subies, alors que des figures de ce média, présentateurs comme journalistes, ont utilisé leurs réseaux sociaux pour apporter leur soutien au mouvement.

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