Il est la raison de votre présence à Casablanca. Généreux et accueillant, le coquet s'est fait tout beau pour votre visite. Désormais totalement dans l'air du temps, il demeure une institution historique dans sa ville de toujours. Si son nom officiel est bien « Complexe sportif Mohammed V », les puristes lui préfèrent son patronyme historique, le Stade d'Honneur, « Donor » pour les intimes.
C'est entre ces murs chargés d'histoire que résonneront les plus grandes affiches de la phase de groupes et sans doute quelques-uns des chocs les plus attendus de la phase finale. Ici, le ballon rond sera roi, et les plus grandes sélections du continent viendront se mesurer pour écrire un nouveau chapitre de la légende de ce stade. Ce monument iconique est aussi le point de départ de notre circuit à la découverte de la plus grande ville du Maroc. Après avoir vibré aux exploits sportifs, laissez-vous emporter par les multiples visages de cette cité fascinante.
Depuis le stade, dirigez-vous vers la façade atlantique pour découvrir un autre symbole de la ville. Autant vous prévenir, le prochain monument n'est pas du genre à entretenir le suspense, puisqu'il se voit de très loin. Le minaret de la mosquée Hassan II, s'élevant sur 210 mètres, est le plus haut édifice religieux du monde. Il dépasse la pyramide de Khéops et le clocher de la cathédrale Notre-Dame de Paris.
Pèlerinage urbain
Construit aux deux tiers sur la mer, ce prodige d'ingénierie a nécessité 300 000 mètres cubes de ciment, 40 000 tonnes d'acier, 65 000 tonnes de marbre, 40 000 mètres carrés d'ornements en bois de cèdre ainsi que 10 000 mètres carrés de zellige (faïence marocaine). La toiture mobile, voulue par l'ancien monarque pour symboliser l'interaction des trois éléments que sont l'eau, la terre et le ciel, couvre une superficie de 3 400 mètres carrés. Trêve de statistiques, le mieux reste de découvrir ce prodige par vous-même, les visites étant accessibles que vous soyez de confession musulmane ou pas.
La mosquée Hassan II, lieu de culte et chef-d'œuvre d'ingénierie. Crédit: Hans Juergen
Depuis la mosquée iconique, la corniche de Casablanca en direction du phare d'El Hank est l'occasion d'une balade aux senteurs d'embruns, à travers parcs et jardins de bord de mer. Les plus courageux pousseront jusqu'au très remuant quartier de Aïn Diab, sa vaste plage, ses cafés et ses bars. De là, vous pouvez regagner le centre-ville depuis le terminus du tram, ou, pour les adeptes d'un shopping haut de gamme, pousser jusqu'au Morocco Mall. Il s'agit de l'un des plus grands centres commerciaux du continent qui saura, avec ses plus de 300 enseignes, contenter vos plus pointilleuses recherches.
Après cette bouffée d'air marin, plongez dans l'univers légendaire du cinéma. Pour le peu que vous soyez cinéphile, faites escale au Rick's Café, gravé au marbre du panthéon des lieux cinématographiques mythiques depuis la sortie, en 1942, du film de Michael Curtiz. Le réalisateur américain livre une œuvre qui va traverser les générations et qui va populariser le nom de la capitale économique du Maroc à travers le monde. Si le long métrage a entièrement été tourné dans les studios hollywoodiens de la Warner, le lieu où se joue l'essentiel de l'intrigue, le Rick's Café, a ici été fidèlement reproduit, pour une immersion dans le Casablanca des années 1940.
À quelques encablures de ce lieu mythique, un autre voyage dans le temps vous attend. Depuis la grande place des Nations unies, traversez vers la médina historique. Ce lieu est une référence pour tous les locaux qui le nomment « Al Kora Al Ardia » (le globe terrestre), en référence à la coupole en charpente métallique, pièce phare du dispositif souterrain qui vous permet de traverser en toute sécurité vers l'âme de la ville et le fief du club mythique du Wydad.
La coupole en charpente métallique baptisée « Al Kora Al Ardia », littéralement « le globe terrestre ». Crédit : Mustapha Razi / Le DeskAvant de vous engouffrer dans la médina, laissez-vous séduire par l'avenue Mohammed V, véritable musée à ciel ouvert de l'architecture Art déco. Sur quelques centaines de mètres d'une balade urbaine immersive se succèdent des bâtiments audacieux qui ont fait de la capitale économique du Royaume un cas unique à partir des années 1920.
Façade Art Déco d'un immeuble du centre historique de Casablanca. Crédit: Agence Imaginium / Le DeskNe manquez pas de vous arrêter au Marché Central, autre patrimoine historique érigé en modèle du genre dès 1919. Récemment rénové, il est d'abord un régal pour les yeux avec sa façade muséale, ses arcades monumentales et ses fontaines en zelliges qui confirment le cachet « mauresque » de ce lieu singulier. À l'intérieur, les étals sont une vitrine de la fascinante variété de poissons et crustacés pêchés dans l'Atlantique tout proche. Des mets raffinés que vous pouvez d'ailleurs vous faire préparer sur place par la dizaine de restaurants spécialisés dans les grillades, pour une pause gastronomique des plus authentiques.
Depuis la Tour de l'Horloge, via une porte appelée « Bab Marrakech », engouffrez vous dans les méandres du centre-ville historique, reliquat d'une époque lointaine où la blanche cité se nommait Anfa. Les ruelles animées sont garnies de commerces, de cafés doublés d'espaces culturels ou encore de concept stores originaux.
En quittant l'effervescence de la médina, une autre facette de Casablanca vous attend. Direction l'avenue Hassan II, qui prend naissance place des Nations unies. En la remontant, vous verrez défiler d'importants monuments de Casablanca, la Grande Poste, puis sur la place Mohammed V, le Palais de Justice et le siège de la Wilaya, tous trois modèles grandioses de l'architecture néo-mauresque.
Une modernité authentique
De l'autre côté se dessine l'élégante silhouette de la cathédrale du Sacré-Cœur, objet d'une restauration particulièrement réussie. Aujourd'hui transformée en espace culturel, elle est aussi ouverte au public. Elle borde un skatepark prisé des jeunes, et surtout le plus grand espace paysagé de la ville, l'incontournable Parc de la Ligue arabe. Ce sont là pas moins de 30 hectares parfaitement entretenus, de vastes pelouses, des terrains de jeux pour enfants, et d'installations sportives au cœur de la cité. Le poumon du centre-ville vaut le détour, tout comme le dernier lieu de notre circuit.
Le Parc de la Ligue Arabe, ses fontaines, son immense pelouse, ses terrains de sports et aires de jeux sont ouverts à tous. Crédit : Agence Imaginium / Le DeskÀ quelques poignées de minutes en taxi, sur le boulevard de la Résistance, le dernier venu de l'offre muséale de la ville blanche est prêt à vous accueillir. La Villa Carl Ficke est une synthèse de l'évolution de l'architecture, de l'art et de l'urbanisme de Casablanca au XXe siècle. La demeure centenaire, désormais musée moderne et espace culturel, se chargera de vous apprendre davantage sur les secrets d'une ville pas comme les autres.
Notre périple nous mène ensuite vers le sud, dans le quartier atypique des Habous, un curieux laboratoire urbain qui date de l'époque du Protectorat. En plus d'abriter le Palais royal, cette zone a la particularité d'être une propriété des domaines des Habous, institution de droit musulman qui garantit la jouissance d'un bien au profit de l'intérêt général. Le quartier date de 1917, année au cours de laquelle le Résident général Hubert Lyautey œuvre pour éviter la mixité sociale et ethnique. Il invite les urbanistes à penser un lieu en périphérie de la ville capable d'abriter les Marocains tout en leur octroyant un espace fidèle à leur identité et conforme à leurs habitudes urbaines. Avec le temps, « la cité indigène », dotée de vastes et élégantes maisons traditionnelles, se peuple de riches marchands, pour la plupart venus de Fès.
Le quartier devient ainsi un foyer économique important où circulent des marchandises venues de tout le pays, aussi variées que de la tapisserie, des produits d'artisanat ou des épices. N'hésitez pas à faire vos emplettes dans le souk du quartier des Habous, aujourd'hui encore l'un des plus réputés de Casablanca. N'oubliez pas non plus de jeter un œil à la légendaire « Mahkamat Al Bacha » (Le tribunal du Pacha), chef-d'œuvre du style mauresque.
Vous méritez désormais une pause pour siroter un thé à la menthe sur la terrasse de l'un des cafés de la place centrale. Ne vous privez pas non plus d'une gourmandise, que vous pouvez apporter de la pâtisserie Bennis à proximité, réputée pour la finesse de ses gâteaux traditionnels.
Pour clore cette découverte de Casablanca en beauté, la dernière étape de votre périple vous mène vers le nord de la ville, dans l'immense quartier de Aïn Sebaâ. Littéralement traduit par « Source du Lion », il a longtemps incarné le foyer industriel de tout le royaume. Il est désormais bien plus que cela, abritant d'importants bâtiments administratifs, de paisibles zones résidentielles et des lieux de loisirs incontournables. C'est justement l'objet de votre visite, au plus grand bonheur des grands et des petits. Situé entre le parc préfectoral et la gare ferroviaire, qui dessert aussi le centre-ville par le biais de la gare de Casa Port, le Parc zoologique de Aïn Sebaâ, fraîchement remis à neuf, est la promesse d'un moment enchanté.
Création : Mohamed Mhannaoui / Le DeskAprès cette escapade hors du temps et du tumulte urbain, vous aurez parcouru les multiples facettes d'une ville qui saura largement outrepasser le seul rôle d'hôte pour les matchs de la Coupe d'Afrique des nations. De son patrimoine architectural à ses espaces verts, en passant par ses lieux de loisirs en tout genre, Casablanca vous aura révélé presque tous ses secrets… Les autres attendront votre prochaine visite.
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