Uber revient au Maroc, à Casablanca et Marrakech pour commencer
Création : Fatima Zahra Ouazzani Touhami / Le Desk
Uber, le géant des services de véhicule de transport avec chauffeur (VTC), fait son retour sur les routes marocaines à partir de ce jeudi 27 novembre, un come-back qui se fera dans les villes de Casablanca et Marrakech. Objectif annoncé : accompagner le Maroc durant la Coupe d'Afrique des nations (CAN) 2025. Toutefois, cette arrivée ne se fera qu'avec des voitures agréées, apprend-on.
« À Casablanca comme à Marrakech, les utilisateurs peuvent dès aujourd'hui commander une course via l'application Uber, et choisir entre UberX ou UberXL, selon leurs besoins de déplacement. Cette offre simplifie leur mobilité en ville et aux alentours, tout en leur donnant accès à plusieurs fonctionnalités conçues pour améliorer leur confort au quotidien : courses multi-destinations, réservations programmées, paiements dématérialisés et assistance permanente grâce à l'équipe d'intervention internationale d'Uber disponible 24h/24 et 7j/7 », annonce le communiqué diffusé ce jeudi.
En mai dernier, nous le rapportions en primeur : Uber préparait son retour au Maroc, en choisissant la ville de Marrakech, et cherchait un Country Manager (directeur pays) basé dans la ville ocre. Pour ce faire, l’application de VTC s'était reposée sur Yousra Lakhdar, une Franco-Marocaine chargée de chapeauter ce retour en tant que responsable Strategy & Planning au sein de la branche dubaïote d'Uber. Comme prémices de cette arrivée, les utilisateurs de l’application Careem (propriété du groupe Uber), clients comme conducteurs, avaient reçu un message annonçant un switch prochain vers Uber.
Flou juridique persistant
Le come-back d'Uber s'opère dans un contexte persistant de flou juridique. En juillet dernier, le ministre de l'Intérieur, Abdelouafi Laftit, avait rappelé l'illégalité des applications de VTC au Maroc. Un rappel qui faisait suite à plusieurs incidents survenus entre les chauffeurs de taxi et les conducteurs utilisant des applications de VTC.
Quelques mois plus tôt, le même ministre déclarait au Parlement que son département travaillait sur une étude afin d'organiser et encadrer les plateformes de VTC. « Des solutions seront mises en place pour organiser ces services et garantir aux citoyens une offre de transport claire et encadrée », avait-il promis.
Uber, un passif au Maroc
Pour rappel, si Uber avait annoncé officiellement son retrait du Maroc, cela ne l'a pas empêché de conserver sa filiale locale : Uber Systems Morocco est en effet toujours active, et continue de déposer ses états de synthèse au tribunal de commerce. Pour l'exercice 2023, la société a ainsi fait état d'un chiffre d'affaires de 8,8 millions de dirhams (MDH). Difficile de dire si ce flux financier provient de l'activité de Careem qui, pour sa part, ne dispose pas à proprement parler d'une filiale marocaine. L'opérateur de VTC, originaire des Émirats arabes unis, disposait uniquement d'un bureau à Casablanca, situé sur le boulevard Abdelmoumen et destiné à l'accueil des chauffeurs candidats, mais qu'il a délaissé depuis quelques mois.
Durant sa période d'activité au Maroc, entamée en juillet 2015, Uber, alors unique application de VTC opérant dans le pays, s'était attirée les foudres de la Wilaya de la région Casablanca-Settat, qui avait prononcé l'interdiction de la plateforme. Un véritable bras de fer s'était alors engagé entre les deux parties et, comme le démontrait notre enquête sur le sujet, les efforts de lobbying déployés par Uber se sont révélés désastreux. L'opérateur avait fini par quitter le marché marocain en février 2018… avant de racheter son concurrent émirati Careem en 2019.
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@soufianesbiti