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09.12.2025 à 14 H 41 • Mis à jour le 09.12.2025 à 14 H 41 • Temps de lecture : 3 minutes
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Biodiversité

Des scientifiques proposent un sanctuaire pour les cétacés dans la mer d’Alboran

Des chercheurs de l'Institut espagnol d'océanographie (IEO-CSIC) étudient des cétacés. Crédit : IEO-CSIC

Des chercheurs de l’Institut espagnol d’océanographie (IEO-CSIC), en collaboration avec l’association CIRCE, proposent la création d’un sanctuaire international pour la protection des cétacés dans la mer d’Alboran, un espace stratégique au large du Maroc où se rencontrent Atlantique et Méditerranée et qui abrite l’une des plus fortes concentrations de mammifères marins du bassin méditerranéen.


Cette zone, qui englobe le détroit de Gibraltar, se distingue par une productivité exceptionnelle nourrie par ses courants, canyons et monts sous-marins. On y observe régulièrement dauphins communs, bleus et blancs, grands dauphins, globicéphales, cachalots, baleines à bec et rorquals communs, mais cette richesse est aujourd’hui fragilisée par la pêche intensive, la pollution et un trafic maritime dense.


Publiée dans la revue Aquatic Conservation, l’étude dirigée par le chercheur Joan Giménez propose la création de la « Porte d’entrée du sanctuaire méditerranéen », une zone de coopération transfrontalière réunissant l’Espagne, le Maroc et Gibraltar afin d’harmoniser les politiques de conservation. À partir de modèles de répartition des espèces et d’une analyse des pressions humaines, les auteurs identifient trois zones clés permettant de relier les aires marines protégées existantes, comme Natura 2000 Sud Almería–Seco de los Olivos, la zone marine d’Alborán ou encore le détroit oriental, pour constituer un réseau cohérent d’habitats essentiels.


L’un des constats majeurs de l’étude est l’asymétrie des connaissances : la façade nord, bien documentée, contraste avec la marge sud — au large du Maroc — encore largement méconnue. Les chercheurs appellent à une actualisation urgente des données écologiques pour permettre une gestion équilibrée de l’ensemble du bassin. Le projet s’inscrit dans le cadre des Aires spécialement protégées d’importance méditerranéenne (ASPIM) de la Convention de Barcelone et reprend les limites de l’habitat critique des cétacés identifié par l’ACCOBAMS, tout en intégrant trois zones importantes pour les mammifères marins reconnues par l’UICN.


Pour Renaud de Stephanis, président du CIRCE, la réussite du sanctuaire dépendra d’une coopération étroite entre les quatre rives concernées, seule capable de répondre à des menaces communes comme la pollution, la surpêche ou l’intensité du trafic maritime. L’étude recommande enfin d’étendre et connecter les aires marines protégées morcelées afin d’assurer la circulation des cétacés entre leurs zones d’alimentation et de reproduction, comme le souligne la chercheuse Ana Cañadas de l’Université Duke. Ces travaux s’inscrivent dans le cadre du projet Marxan CETALBORAN, cofinancé par le Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche (FEAMP) via le programme PLEAMAR (Fondation pour la biodiversité, MITECO) et la Fondation Loro Parque.

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