Guerre au Moyen-Orient : frappes massives, 555 morts en Iran et risque d’embrasement régional
Au troisième jour d’une offensive d’ampleur inédite, les armées américaine et israélienne poursuivent leurs frappes contre l’Iran et ses alliés, tandis que le conflit s’étend du Liban au Golfe persique et menace de dégénérer en guerre régionale ouverte. Les bombardements ont déjà fait au moins 555 morts en Iran, selon le Croissant-Rouge iranien, des dizaines de victimes au Liban et plusieurs morts dans les pays du Golfe. Les pertes américaines s’alourdissent également, avec l’annonce d’un quatrième soldat décédé des suites de ses blessures.
Depuis samedi, plus de 2 000 cibles auraient été visées en Iran par les forces israéliennes et américaines, selon des responsables militaires. Des bases, des installations militaires, des systèmes d’armement et des infrastructures stratégiques sont ciblés à travers le pays, y compris à Téhéran, où des avions de chasse israéliens opèrent presque sans opposition notable des défenses aériennes iraniennes.
Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a affirmé que les frappes visent le programme nucléaire, le programme balistique et la marine iranienne, accusant Téhéran d’avoir armé et financé pendant des décennies des groupes hostiles aux États-Unis. « Nous n’avons pas commencé cette guerre, mais sous le président Trump, nous allons la terminer », a-t-il déclaré. Le chef d’état-major interarmées, le général Dan Caine, a reconnu que la durée des opérations restait indéterminée, tout en confirmant l’envoi de renforts américains au Moyen-Orient. Selon le président Donald Trump, les frappes pourraient se poursuivre « quatre à cinq semaines ».
Sur le terrain, l’armée israélienne affirme mener des frappes à grande échelle en territoire iranien, y compris contre de nouvelles « cibles » à Téhéran. En parallèle, elle a annoncé avoir tué à Beyrouth Hassan Moukalled, présenté comme le chef des services de renseignement du Hezbollah, lors d’une frappe dimanche. Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a averti que le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, « découvrira que quiconque suit la voie de Khamenei finit comme Khamenei : au fin fond de l’enfer ».
Au Liban, la trêve fragile observée depuis un an a volé en éclats après la mort de l’ayatollah Ali Khamenei dans une frappe israélo-américaine. Le Hezbollah a tiré une salve de roquettes vers Israël, entraînant des bombardements massifs israéliens sur la banlieue sud de Beyrouth, notamment dans le quartier de Bourj Al-Barajneh, dont les habitants ont été appelés à évacuer avant des frappes imminentes. Le ministère libanais de la Santé fait état d’au moins 31 morts. Le Premier ministre Nawaf Salam a annoncé « l’interdiction totale de toute activité militaire » du Hezbollah, l’enjoignant à rendre ses armes illégales et à se transformer en parti politique, dans une prise de position sans précédent.
En Israël, la population a été contrainte à plusieurs reprises de se réfugier dans des abris alors que l’Iran lançait des missiles balistiques et des drones. Si la majorité des projectiles ont été interceptés, une frappe directe a tué au moins neuf personnes à Beit Shemesh, à l’ouest de Jérusalem.
Dans le Golfe, l’onde de choc militaire se double d’un risque énergétique majeur. Des installations pétrolières et gazières ont été affectées en Arabie saoudite et au Qatar. À Riyad, un incendie s’est déclaré dans une raffinerie après l’interception de drones. À Doha, des « attaques militaires » sur deux sites ont conduit la compagnie nationale à suspendre la production de gaz naturel liquéfié. Des explosions ont également été signalées au Koweït, aux Émirats arabes unis et dans d’autres pays abritant des bases américaines.
La circulation navale dans le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ un cinquième de l’approvisionnement mondial en pétrole, serait désormais interrompue selon des compagnies maritimes et des médias iraniens. Le groupe Maersk a annoncé suspendre une partie de son trafic en mer Rouge. Les marchés pétroliers et gaziers restent extrêmement volatils.
Les pertes américaines s’alourdissent. Outre les quatre soldats tués, trois avions de combat américains se sont écrasés au Koweït après avoir été abattus « par erreur » par les défenses aériennes koweïtiennes dans un incident qualifié de tir ami. Les équipages ont pu être récupérés sains et saufs.
Côté iranien, les autorités affichent une posture de défi. Ali Larijani, haut responsable de la sécurité nationale, a rejeté toute rumeur de négociation avec Washington, dénonçant les « fantasmes délirants » de Donald Trump et affirmant que l’Iran s’était préparé à une guerre longue. Le corps des gardiens de la révolution islamique a annoncé la mort de trois de ses membres dans une frappe sur la province du Lorestan.
Sur le plan international, les réactions se multiplient. La Russie a appelé à « la cessation immédiate des hostilités par toutes les parties ». Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Rafael Grossi, a déclaré ne pas avoir connaissance de bombardements sur les infrastructures nucléaires iraniennes, contrairement aux affirmations de Téhéran. Deux drones visant la base militaire britannique d’Akrotiri à Chypre ont été interceptés, tandis qu’un terminal de l’aéroport de Paphos, situé à proximité, a été évacué.
Donald Trump a par ailleurs critiqué le Premier ministre britannique Keir Starmer, l’accusant d’avoir tardé à autoriser l’utilisation de la base de Diego Garcia dans l’océan Indien pour des opérations contre l’Iran.
L’absence de stratégie de sortie clairement définie alimente les critiques à Washington, alors que les pertes civiles et militaires s’accumulent. Entre frappes massives, extension géographique du conflit et paralysie partielle des routes énergétiques mondiales, le Moyen-Orient s’enfonce dans une spirale dont l’issue demeure incertaine.
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