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04.03.2026 à 00 H 43 • Mis à jour le 04.03.2026 à 00 H 43 • Temps de lecture : 5 minutes
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Conflit

Guerre au Moyen-Orient : évacuations massives d’étrangers, succession ouverte en Iran

Un drapeau iranien planté parmi les décombres d’un poste de police détruit à Téhéran lors de la campagne militaire américano-israélienne. (AP Photo/Vahid Salemi)

L’escalade militaire au Moyen-Orient continue de s’intensifier, plongeant la région dans une guerre dont l’issue demeure incertaine et qui commence à produire des effets géopolitiques, humanitaires et économiques à l’échelle mondiale. Les bombardements conjoints menés par Israël et les États-Unis contre l’Iran se poursuivent, tandis que Téhéran intensifie ses représailles par missiles et drones contre plusieurs pays du Golfe. Parallèlement, l’armée israélienne a étendu ses opérations au Liban afin de contenir les tirs de roquettes du Hezbollah, faisant craindre l’ouverture d’un nouveau front terrestre.


Face à l’élargissement du conflit, plusieurs États tentent d’organiser l’évacuation de leurs ressortissants présents dans la région. Des centaines de milliers d’étrangers vivent en effet dans les pays du Golfe, notamment des travailleurs venus d’Asie du Sud et des Philippines. Les pays européens et l’Inde s’efforcent d’établir des couloirs de sortie et de mettre en place des vols d’urgence. La France estime à elle seule à environ 400 000 le nombre de ses ressortissants présents au Moyen-Orient. Les États-Unis ont pour leur part appelé leurs citoyens à quitter plus d’une douzaine de pays, de l’Égypte à l’Irak, tout en annonçant la mise en place de vols charters depuis les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite et la Jordanie. Environ 9 000 Américains auraient déjà quitté la région par leurs propres moyens.


Sur le plan politique, l’Iran s’apprête à traverser une période de transition majeure après la mort du Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, tué samedi dans une frappe israélienne ciblée. Les autorités religieuses doivent annoncer mercredi son successeur, tandis que les cérémonies funéraires se préparent. Selon l’agence Fars, Khamenei sera inhumé dans la ville sainte de Machhad, au nord-est du pays, après une grande cérémonie d’adieu prévue à Téhéran.


Cette disparition ouvre une période d’incertitude sur la direction future de la République islamique. Le président américain Donald Trump a lui-même reconnu que plusieurs figures iraniennes envisagées comme successeurs potentiels avaient été tuées dans les frappes, admettant que Washington ignorait désormais qui pourrait prendre la tête du régime. Il a également indiqué que l’issue la plus inquiétante serait l’arrivée au pouvoir d’un dirigeant « aussi radical » que ses prédécesseurs.


Dans une notification officielle adressée au Congrès, la Maison-Blanche a justifié les frappes contre l’Iran par la nécessité de répondre à une « menace » contre les États-Unis et leurs forces déployées dans la région, invoquant également la défense collective des alliés régionaux, notamment Israël. Donald Trump a toutefois reconnu qu’il était impossible à ce stade d’anticiper l’ampleur et la durée de l’opération militaire. Des parlementaires démocrates ont critiqué le manque de clarté sur les objectifs stratégiques de la campagne militaire après un briefing à huis clos du secrétaire d’État Marco Rubio.


Les combats continuent par ailleurs de s’étendre. Au Liban, le Hezbollah affirme avoir lancé des drones d’attaque contre Israël, tandis que l’armée israélienne dit avoir frappé des dépôts d’armes et des infrastructures militaires à Beyrouth. L’avancée des forces israéliennes dans le sud du Liban alimente les craintes d’une offensive terrestre d’envergure comparable à celle menée lors de la guerre de 2024 contre le mouvement chiite.


Sur le plan militaire, Israël affirme avoir neutralisé environ 300 lanceurs de missiles iraniens depuis le début de la campagne de frappes le 28 février. L’armée israélienne indique que ces résultats sont le fruit de plus de 1 600 sorties aériennes menées de manière continue afin de repérer et détruire les plateformes de lancement et les stocks de missiles destinés à frapper le territoire israélien.


Le bilan humain ne cesse de s’alourdir. Plus de 800 personnes ont été tuées depuis samedi dans l’ensemble du conflit. La Société du Croissant-Rouge iranien fait état de 787 morts en Iran depuis le début des bombardements américains et israéliens, auxquels s’ajoutent plusieurs dizaines de victimes au Liban et six militaires américains. Dans une ville du sud de l’Iran, des milliers de personnes ont participé aux funérailles des victimes d’une frappe ayant touché une école primaire de filles, bombardement qui aurait fait au moins 175 morts.


La guerre commence également à produire des effets majeurs sur l’économie mondiale. La flambée des prix du pétrole alimente les craintes d’un retour de l’inflation, tandis que les marchés financiers ont reculé. La situation dans le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial, est devenue particulièrement préoccupante. Le trafic de pétroliers y a fortement diminué par crainte d’attaques, poussant Washington à envisager le déploiement de la marine américaine pour escorter les navires commerciaux.


Dans ce contexte, la perspective d’un conflit long et régionalisé apparaît de plus en plus probable, alors que l’enchaînement des frappes, des représailles et des opérations militaires multiplie les fronts et complique toute issue diplomatique à court terme.

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