S'abonner
Se connecter
logo du site ledesk
Grand angle
Enquêtes, reportages, récits et portfolios
Les premières techniciennes de viabilité de l’histoire d’ADM, pionnières de l’exploitation autoroutière au Maroc. Déployées de Tanger à Kénitra, ces diplômées en génie civil incarnent une nouvelle réalité mise en lumière à l’occasion du 8 mars
08.03.2026 à 17 H 29 • Mis à jour le 09.03.2026 à 11 H 11 • Temps de lecture : 13 minutes
Par

Elles ouvrent la voie

8 MARS Huit femmes. Huit parcours, huit personnalités. Une seule et même mission : veiller sur la sécurité des clients-usagers et sur la pérennité de l’infrastructure autoroutière. Ce 8 mars, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, ADM met à l’honneur ses huit premières techniciennes de viabilité, une première dans les métiers de l’exploitation autoroutière au Maroc. De la première inspection à l’aube jusqu’à l’analyse des dernières données du trafic, immersion dans une journée où chaque détail compte

Il est 6 heures du matin. Le soleil commence à peine à effleurer le bitume. L’autoroute, elle, ne s’est jamais vraiment endormie. Dans la salle de contrôle d’un centre d’exploitation de la Société Nationale des Autoroutes du Maroc (ADM), les écrans clignotent, les flux de données défilent. Ce matin-là, c’est Meryem Targhi qui est aux commandes. Vingt-trois ans, technicienne en génie civil diplômée de l’Institut spécialisé de technologie appliquée (ISTA), elle consulte méthodiquement le journal des incidents, les états de trafic et les interventions en cours avant de prendre sa section en main.


Meryem Targhi fait partie des huit premières techniciennes de viabilité de l’histoire d’ADM, et les premières, tout court, dans les métiers de l’exploitation autoroutière au Maroc. Avec elle : Sara Daoui, Hanane Jarmouni, Salma Abdelkamel, Fatimazahrae Elouardi, Imane Ezzerda, Rachida Baassou et Fadwa Raji. Entre 22 et 25 ans, elles sont toutes diplômées en génie civil, venues d’instituts et d’écoles de formation aux quatre coins du Maroc, déployées sur différents tronçons du réseau, de Tanger à Kénitra. C’est à l’occasion de cette journée du 8 mars qu’ADM a choisi de les mettre en lumière. Non comme un symbole, mais comme une réalité.


Rachida Baasou — 25 ans. Technicienne en Génie Civil — Institut Spécialisé du Bâtiment et des Travaux Publics. Aînée du groupe à 25 ans, Baassou Rachida apporte à son poste de technicienne de viabilité une maturité technique solide, acquise à l’Institut Spécialisé du Bâtiment et des Travaux Publics. Sur le réseau ADM, elle incarne la continuité et la fiabilité que réclame le métier.Rachida Baasou – 25 ans. Technicienne en génie civil – Institut spécialisé du bâtiment et des travaux publics. Aînée du groupe à 25 ans, Baassou Rachida apporte à son poste de technicienne de viabilité une maturité technique solide. Sur le réseau ADM, elle incarne la continuité et la fiabilité que réclame le métier. Crédit : ADM


Huit personnalités distinctes, certes. Mais une même philosophie du métier, acquise sur les bancs de leurs écoles et confirmée dès leurs premiers pas sur le terrain. Immersion dans leur quotidien – un quotidien fait de rigueur, de réactivité et d’une exigence permanente envers elles-mêmes autant qu’envers l’infrastructure qu’elles ont en charge.


L’œil qui voit tout

La journée commence par un rituel immuable. Avant même de mettre un pied sur le terrain, la technicienne de viabilité s’installe face aux écrans de la salle de contrôle. Elle consulte les données de trafic collectées tout au long de la nuit, passe en revue le journal des incidents – accidents, objets sur chaussée, pannes signalées – et vérifie l’état des interventions en cours. C’est ce premier diagnostic, méthodique et complet, qui donnera le tempo de la journée.


Meryem Targhi — 23 ans. Technicienne en Génie Civil — Institut Spécialisé de Technologie Appliquée. Sur son tronçon, Meryem Targhi ne laisse rien au hasard. Suivi de l’état de la chaussée, contrôle des équipements, rédaction de rapports techniques, coordination des interventions : à 23 ans, elle incarne une rigueur que le terrain lui a confirmée dès ses premiers pas chez ADM.Meryem Targhi – 23 ans. Technicienne en génie civil – Institut spécialisé de technologie appliquée. Sur son tronçon, Meryem Targhi ne laisse rien au hasard. Suivi de l’état de la chaussée, contrôle des équipements, rédaction de rapports techniques, coordination des interventions : à 23 ans, elle incarne une rigueur que le terrain lui a confirmée dès ses premiers pas chez ADM. Crédit : ADM


Quelques minutes plus tard, le gilet de sécurité enfilé et la radio en main, place à la tournée d’inspection. C’est là que le métier prend tout son sens. Meryem Targhi, dont la mission consiste spécifiquement au suivi et au contrôle de l’état de la chaussée et des équipements, avance kilomètre après kilomètre sur la section dont elle est responsable. Hanane Jarmouni, 24 ans, diplômée en génie civil, procède de même sur son tronçon : son regard balaie l’infrastructure point par point – signalisation horizontale et verticale, dispositifs de retenue, ouvrages d’art, ouvrages hydrauliques. Rien n’échappe à l’inspection. La moindre anomalie est immédiatement signalée aux équipes concernées.


Hanane Jarmouni – 24 ans. Technicienne en génie civil. Inspection, supervision des travaux d’entretien, coordination des équipes d’intervention : Hanane Jarmouni maîtrise chaque dimension du métier. À 24 ans, elle est aussi en astreinte pour intervenir et sécuriser les lieux lors des accidents graves. Une responsabilité qu’elle assume avec le même calme que le reste. Crédit : ADM


Sara Daoui, 22 ans, diplômée en génie civil à l’ISTA – où elle avait déjà effectué ses stages au sein d’ADM avant d’y être recrutée – résume l’objectif avec une clarté toute technique : assurer la sécurité et la fluidité de l’axe autoroutier. Imane Ezzerda, 23 ans, formée à l’Institut spécialisé de bâtiment, travaux publics et matériaux de construction de Tamesna, ajoute à cela une dimension supplémentaire : veiller au bon fonctionnement global du réseau, dans toutes ses composantes.


Sara Daoui – 22 ans. Technicienne en Génie civil – Institut spécialisé de technologie appliquée. Sara Daoui a découvert ADM sur les bancs de l’ISTA, lors de ses stages de formation. Elle y est revenue, cette fois en uniforme. À 22 ans, elle veille chaque jour à la sécurité et à la fluidité de l’axe autoroutier dont elle a la charge. Crédit : ADM


L’objectif partagé est de ne jamais subir. Anticiper les dégradations avant qu’elles ne deviennent des dangers, préserver la qualité du réseau sur le long terme, garantir la sécurité des déplacements pour chaque usager qui emprunte ces routes. Cette philosophie de la prévention, elles l’ont d’abord apprise dans leurs écoles de formation – et elles la vivent, chaque matin, sur le terrain.


Quand la radio crépite

Sur l’autoroute, rien n’est jamais totalement prévisible. La tournée d’inspection peut basculer à tout instant. La radio grésille. Un incident. Un véhicule en panne immobilisé sur la bande d’arrêt d’urgence. Un objet tombé en pleine voie. Un accident à gérer.


C’est là que la formation en génie civil prend un relief particulier. Hanane Jarmouni est explicite sur ce point : elle est également en astreinte pour intervenir et sécuriser les lieux lors d’accidents graves. En quelques secondes, la technicienne de viabilité devient le pivot d’une coordination d’urgence. Elle s’assure que le balisage est mis en place correctement, que la zone est sécurisée. Elle mobilise et informe simultanément tous les intervenants concernés : la Gendarmerie royale, la Protection civile, les équipes d’assistance, les dépanneurs, les autorités locales. Elle veille en parallèle à la fluidité du trafic, pour éviter que les ralentissements n’engendrent eux-mêmes de nouveaux risques.


Et tout doit être documenté avec une précision sans faille. Meryem Targhi, qui assure également le suivi des points critiques sur son tronçon, consigne chaque information : nature de l’incident, heure d’intervention, intervenants mobilisés, mesures prises, état final de la voie. De l’ouverture du ticket jusqu’à sa clôture, rien ne doit échapper à la traçabilité. « Sur un accident, notre priorité est claire : protéger les clients-usagers. Nous veillons sur le respect des procédures, le dispositif de balisage, la fluidité du trafic, l’exhaustivité des informations de l’accident depuis l’ouverture du ticket jusqu’à sa clôture.  »


Elles le revendiquent avec une fierté tranquille, celle de femmes qui n’ont pas eu à convaincre de leur légitimité – elles l’ont simplement démontrée : « Sur l’autoroute, l’urgence ne choisit ni le jour, ni l’heure, ni le genre. Quand la radio crépite, que l’on soit homme ou femme, on agit. À ADM, veiller sur la sécurité des clients-usagers est une priorité absolue, c’est notre mission collective. »


Une phrase qui dit, mieux que n’importe quel discours, ce que représente cette intégration dans un corps de métier jusque-là exclusivement masculin au Maroc. Pas une revendication. Une évidence vécue, au quotidien, sur le terrain.


Garantir un réseau sûr… et accueillant

Il serait réducteur de limiter leur rôle aux seules situations d’urgence. Le métier de technicienne de viabilité embrasse également la surveillance des installations des aires de service – ces espaces essentiels pour le repos et le confort des clients-usagers. Salma Abdelkamel, 22 ans, technicienne de viabilité à Tanger, diplômée de l’École Mohammed VI de formation dans les métiers du bâtiment et des travaux publics (EM6METP), y consacre une part régulière de sa journée. De même pour Fadwa Raji, 23 ans, formée dans cette même école et déployée sur le tronçon de Kénitra.


Salma Abdelkamel — 22 ans. Technicienne Spécialisée en Génie Civil — École Mohammed VI de formation dans les métiers du bâtiment et des travaux publics (EM6METP). Formée à l’EM6METP, Salma Abdelkamel a rejoint ADM à Tanger. À 22 ans, elle veille sur la sécurité des usagers et sur la qualité d’une infrastructure qu’elle connaît kilomètre par kilomètreSalma Abdelkamel – 22 ans. Technicienne spécialisée en génie civil – École Mohammed VI de formation dans les métiers du bâtiment et des travaux publics (EM6METP). Formée à l’EM6METP, Salma Abdelkamel a rejoint ADM à Tanger. À 22 ans, elle veille sur la sécurité des usagers et sur la qualité d’une infrastructure qu’elle connaît kilomètre par kilomètre. Crédit : ADM


Ces haltes que s’accordent les familles, les routiers, les voyageurs de longue distance font l’objet d’une inspection rigoureuse : espaces verts, parkings, signalisation interne, bon fonctionnement de l’ensemble des installations. Un distributeur en panne, un espace mal éclairé, une signalétique dégradée : autant de détails qui, cumulés, altèrent l’expérience des usagers. « La sécurité est essentielle, mais l’expérience voyage l’est tout autant. Des aires de service bien entretenues rendent le trajet plus agréable pour les clients-usagers. »


Fadwa Raji — 23 ans. Technicienne Spécialisée en Génie Civil — École Mohammed VI de formation dans les métiers du bâtiment et des travaux publics (EM6METP). Diplômée de l’EM6METP, Fadwa Raji veille sur le tronçon de Kénitra avec l’attention méticuleuse que le métier exige. À 23 ans, elle a fait de la sécurité des usagers son engagement quotidien — et de l’autoroute, son terrain de jeu professionnelFadwa Raji – 23 ans. Technicienne spécialisée en génie civil – École Mohammed VI de formation dans les métiers du bâtiment et des travaux publics (EM6METP). Diplômée de l’EM6METP, Fadwa Raji veille sur le tronçon de Kénitra avec l’attention méticuleuse que le métier exige. À 23 ans, elle a fait de la sécurité des usagers son engagement quotidien, et de l’autoroute, son terrain de jeu professionnel. Crédit : ADM


Une conviction partagée par Fatimazahrae Elouardi, 24 ans, diplômée du Centre de Formation aux Métiers du bâtiment et des travaux publics (CFMBTP), et par Baassou Rachida, 25 ans – la doyenne du groupe – formée à l’Institut Spécialisé du Bâtiment et des Travaux publics. Toutes deux exercent avec la même exigence : la qualité de l’infrastructure ne se négocie pas, qu’il s’agisse du revêtement de la chaussée ou de l’état d’une pompe dans une aire de repos.


Sur le terrain comme au bureau, elles assurent

En milieu de journée, le rythme change de nature. Le gilet haute visibilité est rangé, place aux réunions de coordination avec les collègues. Autour de la table, les équipes font le point : les informations remontées du terrain sont partagées, les données analysées, les besoins d’intervention anticipés. Cette coordination permet de maintenir une circulation fluide sur le réseau et de synchroniser les actions de chaque agent sur sa section.


Puis vient le travail numérique. Devant son écran, la technicienne consulte les différentes plateformes d’ADM. Elle s’assure que les données des incidents et celles de l’infrastructure sont correctement renseignées. Meryem Targhi, qui participe également à la rédaction de rapports techniques et au suivi des points critiques sur son tronçon, sait combien cette rigueur documentaire conditionne la qualité des décisions qui seront prises le lendemain.


Fatimazahrae Elouardi – 24 ans. Technicienne spécialisée en génie civil – Centre de formation aux métiers du bâtiment et des travaux publics (CFMBTP). Diplômée du CFMBTP, Fatimazahrae Elouardi a fait de l’exigence technique une seconde nature. À 24 ans, elle met cette rigueur au service du réseau ADM, convaincue qu’une infrastructure bien entretenue, c’est d’abord des trajets sûrs. Crédit : ADM


Car ces données ne restent pas dans les systèmes internes. Elles alimentent directement les dispositifs d’information dédiés aux clients-usagers : les alertes en temps réel sur l’application mobile ADM Trafic et les panneaux à messages variables (PMV) implantés tout au long du réseau. Ce que la technicienne renseigne sur son écran peut, quelques minutes plus tard, s’afficher sur un panneau lumineux à l’approche d’un échangeur et orienter les décisions de conduite de centaines d’automobilistes. Un continuum entre le terrain et l’usager que ces jeunes femmes ont pleinement intégré.


La journée se clôt sur la rédaction des rapports quotidiens : consolidation des données, vérification des informations, transmission aux destinataires concernés. Un travail minutieux qui constitue la mémoire vivante de l’infrastructure.


Une vigilance 24h/24

Les rapports sont finalisés. Les informations sont mises à jour. La journée, officiellement, touche à sa fin. Mais sur le réseau autoroutier, la vigilance ne s’arrête pas. D’autres équipes prennent le relais. Car l’autoroute, elle, ne dort jamais.


Imane Ezzerda — 23 ans. Technicienne Spécialisée en Génie Civil — Institut Spécialisé de Bâtiment, Travaux Publics et Matériaux de Construction, Tamesna. Formée à l’Institut Spécialisé de Bâtiment, Travaux Publics et Matériaux de Construction de Tamessna, Imane Ezzerda consacre ses journées à la surveillance et au bon fonctionnement du réseau. À 23 ans, la sécurité des usagers est, pour elle, bien plus qu’une mission : c’est une conviction.Imane Ezzerda – 23 ans. Technicienne spécialisée en Génie civil – Institut Spécialisé de Bâtiment, Travaux publics et Matériaux de Construction, Tamesna. Formée à l’Institut spécialisé de bâtiment, travaux publics et matériaux de construction de Tamesna, Imane Ezzerda consacre ses journées à la surveillance et au bon fonctionnement du réseau. À 23 ans, la sécurité des usagers est, pour elle, bien plus qu’une mission : c’est une conviction. Crédit : ADM


Ce passage de relais permanent, cette chaîne humaine ininterrompue qui garantit qu’à chaque heure du jour et de la nuit, des yeux veillent sur l’infrastructure, est peut-être ce qui définit le mieux la culture professionnelle dans laquelle Meryem Targhi, Sara Daoui, Hanane Jarmouni, Salma Abdelkamel, Fatimazahrae Elouardi, Imane Ezzerda, Rachida Baassou et Fadwa Raji se sont intégrées. Une culture de la continuité, de la responsabilité collective et de l’exigence partagée. Elles en font partie, pleinement. « Être parmi les premières techniciennes de viabilité au sein de la Société Nationale des Autoroutes du Maroc est une grande fierté, mais aussi une responsabilité. Chaque jour, sur le terrain, nous contribuons à la sécurité des clients-usagers et à la qualité du réseau autoroutier, et nous ouvrons la voie à d’autres femmes qui souhaitent s’engager dans ces métiers… »


Huit visages, un même engagement : faire de chaque trajet sur autoroute un trajet sûr et agréable. Elles sont les premières. Elles ne seront pas les dernières. À la Société Nationale des Autoroutes du Maroc, la sécurité est une mission qui se conjugue au féminin comme au masculin.


(Communication)

©️ Copyright Pulse Media. Tous droits réservés.
Reproduction et diffusions interdites (photocopies, intranet, web, messageries, newsletters, outils de veille) sans autorisation écrite.

Par
De longs formats Enquêtes, reportages, récits et portfolios