Guerre au Moyen-Orient : l’escalade se poursuit, désignation imminente d’un nouveau guide suprême en Iran
Les États-Unis et Israël ont intensifié dimanche leurs frappes contre l’Iran, visant à la fois des cibles militaires et des infrastructures énergétiques stratégiques, dans un conflit qui ne montre pour l’instant aucun signe d’apaisement. Les bombardements ont notamment touché des dépôts de carburant autour de Téhéran, provoquant d’épaisses fumées visibles dans la capitale, tandis que Washington affirme cibler des sites liés aux gardiens de la révolution, des batteries de défense aérienne et des positions de missiles.
Dans le même temps, l’Iran tente d’afficher une forme de continuité institutionnelle après la mort de l’ayatollah Ali Khamenei, tué lors des premières frappes américano-israéliennes le week-end précédent. La télévision d’État iranienne affirme que les plus hauts dignitaires religieux sont proches de désigner un nouveau guide suprême. Selon plusieurs sources, Mojtaba Khamenei, fils de l’ancien dirigeant, reste le favori pour lui succéder. Donald Trump a toutefois prévenu que le futur dirigeant « ne tiendra pas longtemps » sans l’aval des États-Unis, suscitant une réaction immédiate de Téhéran : le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a réaffirmé que ce choix relève exclusivement du « peuple iranien ».
Sur le terrain militaire, les représailles iraniennes se poursuivent. Téhéran a lancé des salves de missiles et de drones contre Israël et des bases américaines dans la région, visant notamment Tel-Aviv, le désert du Néguev et plusieurs installations militaires. Certains projectiles ont également touché des infrastructures civiles dans les pays du Golfe. Les tensions se sont aggravées après des attaques contre des usines de dessalement d’eau : une installation iranienne sur l’île de Qeshm a été frappée par les États-Unis, perturbant l’approvisionnement en eau de dizaines de villages, ce qui a été suivi d’une frappe iranienne contre une installation similaire à Bahreïn. Ces infrastructures sont cruciales dans la région, où l’eau potable dépend largement du dessalement.
Le bilan humain reste difficile à établir. La Croix-Rouge iranienne évoquait en début de semaine près de 800 morts, tandis que l’ambassadeur iranien à l’ONU a évoqué plus de 1 300 victimes. Du côté américain, l’armée a annoncé la mort d’un septième soldat, décédé des suites de blessures subies lors d’une attaque iranienne contre une base américaine en Arabie saoudite le 1er mars. Des civils sont également touchés dans les pays voisins : en Arabie saoudite, deux travailleurs migrants – un Indien et un Bangladais – ont été tués par la chute d’un projectile, tandis que douze autres ont été blessés.
Le conflit s’étend aussi au Liban. Une frappe israélienne contre un hôtel du centre de Beyrouth a fait au moins quatre morts. L’armée israélienne affirme avoir ciblé des commandants de la force Al-Qods des gardiens de la révolution, chargée de coordonner les milices alliées de l’Iran dans la région. Selon l’armée israélienne, cinq membres des gardiens de la révolution, dont trois commandants de cette unité, auraient été tués. Au Liban, le bilan de l’offensive israélienne approche désormais les 400 morts et plus de 517 000 personnes ont été déplacées.
Malgré les frappes, les dirigeants militaires israéliens préviennent que la guerre pourrait durer « encore longtemps ». Téhéran, de son côté, a menacé d’étendre le conflit aux installations pétrolières régionales si les attaques contre ses infrastructures énergétiques se poursuivent, avertissant que le prix du pétrole pourrait dépasser 200 dollars le baril.
Les répercussions économiques commencent déjà à se faire sentir. Sur les marchés internationaux, la hausse des prix du pétrole se répercute sur les carburants, notamment aux États-Unis où le prix moyen de l’essence a augmenté de 16 % depuis le début de la guerre.
Face à cette escalade, les ministres des Finances du G7 doivent se réunir en urgence lundi par visioconférence pour évaluer l’impact du conflit sur la stabilité du Golfe et sur les marchés énergétiques mondiaux. Dans un développement inattendu, l’Ukraine a également annoncé l’envoi prochain d’experts en drones au Moyen-Orient, Kiev espérant échanger son expérience face aux drones iraniens contre des missiles pour renforcer sa défense aérienne face à la Russie.
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