Washington promet d’empêcher le blocage du détroit d’Ormuz, plus de 2 000 morts en deux semaines de guerre
Les États-Unis ont affirmé ce vendredi qu’ils empêcheront toute tentative de l’Iran de bloquer le détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite habituellement près de 20 % du pétrole mondial. Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a assuré que Washington dispose d’un plan pour maintenir la voie maritime ouverte et que l’armée américaine cible notamment les capacités iraniennes de pose de mines dans la zone. L’objectif militaire inclut aussi la destruction de la marine iranienne afin d’empêcher Téhéran de contester durablement le contrôle du détroit.
Cette déclaration intervient alors que la guerre déclenchée le 28 février entre Israël, les États-Unis et l’Iran continue de s’intensifier. Selon Hegseth, les forces aériennes américaines et israéliennes ont déjà frappé plus de 15 000 cibles depuis le début du conflit. Malgré les risques sur l’approvisionnement énergétique mondial, les marchés pétroliers restent pour l’instant relativement stables, avec un baril autour de 100 dollars.
Sur le terrain, les affrontements se poursuivent sur plusieurs fronts. Au Liban, l’armée israélienne a élargi ses frappes contre le Hezbollah au-delà de ses bastions traditionnels, y compris dans certaines zones de Beyrouth jusque-là relativement épargnées. Plus de 800 000 personnes ont fui leurs foyers dans le pays, tandis qu’un tir de missiles vers le nord d’Israël a endommagé des habitations et fait des dizaines de blessés. Hezbollah a revendiqué ces tirs en direction de zones proches de la frontière libanaise.
À Téhéran, des milliers d’Iraniens se sont rassemblés pour la journée annuelle d’Al-Qods, scandant des slogans hostiles à Israël et aux États-Unis et brûlant des drapeaux israéliens. Une explosion a été signalée à proximité du rassemblement, sans que son origine ne soit immédiatement établie. Les autorités iraniennes avaient auparavant averti de nouvelles frappes israéliennes dans la capitale.
Le conflit déborde également sur les pays voisins. En Turquie, les systèmes de défense aérienne de l’OTAN ont intercepté un missile iranien entré dans l’espace aérien turc, la troisième interception de ce type en dix jours selon Ankara.
Le bilan humain s’alourdit rapidement. Selon les autorités iraniennes, plus de 1 348 civils ont été tués en Iran depuis le début de la guerre, tandis qu’au Liban plus de 700 personnes ont péri et plus de 1 500 ont été blessées. Au total, le conflit aurait fait plus de 2 000 morts et provoqué des déplacements massifs de populations.
Parallèlement, plusieurs incidents et controverses alimentent les tensions. Les six membres d’équipage d’un avion ravitailleur américain KC-135 se sont tués dans un crash en Irak, portant à au moins 13 le nombre de militaires américains morts depuis le début des opérations. Une enquête a été ouverte sur une frappe ayant touché une école primaire en Iran le premier jour de la guerre, tandis que des informations évoquent la possible responsabilité américaine.
Le nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei — qui aurait été blessé lors des premières frappes israélo-américaines — continue pour sa part de menacer de maintenir le blocage du détroit d’Ormuz, malgré les avertissements de Washington. Ce bras de fer stratégique autour de la principale artère énergétique du Golfe reste l’un des enjeux majeurs du conflit, susceptible de provoquer de fortes secousses sur les marchés mondiaux de l’énergie et de l’alimentation.
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