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11.04.2026 à 04 H 35 • Mis à jour le 11.04.2026 à 04 H 35 • Temps de lecture : 3 minutes
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Financement

Banque mondiale : 500 millions de dollars pour l’emploi et la croissance verte au Maroc

Siège de la Banque mondiale à Washington.

Le Conseil d'administration de la Banque mondiale a approuvé, le 10 avril, un financement de 500 millions de dollars (M $) en faveur du Maroc au titre du « First Morocco Jobs and Green Growth Development Policy Loan ». Cette opération est la première d'une série de trois, dont les tranches suivantes sont conditionnées à l'avancement des réformes.


Le programme s'inscrit dans la Feuille de route nationale pour l'emploi, le Nouveau Modèle de Développement et la Stratégie de développement à faibles émissions, avec pour objectif d'élargir les opportunités d'emploi — en particulier pour les jeunes et les femmes —, d'améliorer le climat des affaires pour les PME et de stimuler l'investissement privé dans les secteurs verts et l'industrie pharmaceutique d'exportation.


Le premier volet du programme porte sur le capital humain. Il prévoit l'extension des programmes actifs du marché du travail, tels qu'Idmaj, Tahfiz et le nouveau dispositif Tadarouj, aux demandeurs d'emploi non diplômés du secondaire, avec un objectif de 330 000 bénéficiaires d'ici 2029. Le financement soutient également la création de plus de 40 000 places en crèches agréées et de 1 200 emplois directs féminins dans ce secteur, via la simplification et la digitalisation des procédures d'autorisation. Un décret doit par ailleurs renforcer l'orientation scolaire et professionnelle pour mieux aligner la formation sur les besoins du marché du travail.


Le deuxième volet cible l'environnement des affaires. Les Centres régionaux d'investissement (CRI) doivent devenir de véritables guichets uniques pour les investisseurs. Le cadre d'insolvabilité est modernisé pour rendre les procédures de redressement plus prévisibles, et un régime prudentiel dédié est mis en place pour Tamwilcom, l'institution nationale de garantie de crédit aux PME.


Le troisième volet vise à mobiliser les capitaux privés dans les secteurs verts. Le programme clarifie les règles d'accès au réseau pour la production décentralisée d'électricité renouvelable, ouvre la voie à l'activité des Sociétés de services énergétiques (ESCOs) et modernise les procédures réglementaires de l'Agence nationale du médicament (AMMPS) afin de porter les exportations pharmaceutiques à un niveau sept fois supérieur d'ici 2029.


La supervision stratégique du programme relève du Chef du gouvernement, tandis que le ministère de l'Économie et des Finances assure la gestion des fonds et le reporting auprès de la Banque mondiale. La mise en œuvre technique est confiée aux ministères et agences compétents, et le suivi repose sur des indicateurs mesurables alimentés par les données du Haut-Commissariat au Plan.


Ce financement intervient dans un contexte de croissance soutenue — le PIB marocain a progressé d'environ 4,9 % en 2025 avec une inflation contenue à 0,8 % — mais aussi de tensions persistantes sur le marché du travail, le chômage restant élevé chez les jeunes et les femmes. Le gouvernement a annoncé la création de 233 000 emplois non-agricoles en 2025 et table sur un million de créations cumulées d'ici fin 2026. Le Maroc a par ailleurs bénéficié ces derniers mois de plusieurs autres appuis internationaux : 600 M $ de la Banque mondiale pour le capital humain, 250 M $ pour la protection sociale, 496 M $ du FMI au titre de la Facilité pour la résilience et la durabilité, et environ 301 millions d'euros (M €) de la Banque africaine de développement pour la résilience économique et l'emploi.

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