Festival Tanjazz de retour en septembre, avec Rodrigo y Gabriela et Diego El Cigala en premières têtes d’affiche
Tanjazz retrouvera Tanger et les lumières du Détroit du 18 au 20 septembre pour sa 23e édition. Le rendez-vous marque la reprise d'un festival qui avait fait l'impasse sur 2025, et que ses organisateurs, l'agence Seven PM, en collaboration avec l'association Jazz au Maroc (JAM), présentent comme une « étape importante » dans la consolidation de leur modèle.
L'événement s'avance derrière une signature revendiquée : « Le festival des jazz de Tanger », manière d'assumer une lecture plurielle du genre. Selon le communiqué des organisateurs, la programmation entend célébrer « un jazz vivant, libre et nourri par les influences, les scènes et les territoires ». Swing, blues, funk, flamenco, grooves africains et improvisations doivent composer une affiche pensée en écho à l'histoire cosmopolite de la ville, carrefour où, soulignent-ils, « les sons et les générations se croisent ».
Deux premiers noms
Deux artistes ont été annoncés à ce stade. Le vendredi 18 septembre, le Palais des Institutions italiennes accueillera Rodrigo y Gabriela, duo mexicain couronné aux Grammy Awards, dont la guitare acoustique percussive s'est imposée sur de grandes scènes internationales, de Glastonbury à Coachella en passant par le Hollywood Bowl.
Le parcours de Rodrigo Sánchez et Gabriela Quintero a basculé loin du Mexique : après la dissolution de leur premier groupe, les deux musiciens s'installent en Irlande, où, à court d'argent, ils jouent dans la rue, sur Grafton Street à Dublin. C'est là qu'ils croisent l'auteur-compositeur-interprète Damien Rice, qui les invite à assurer sa première partie. Leur premier album, Re-Foc, paraît en 2002. Ont suivi plusieurs disques salués par la critique, Area 52, 9 Dead Alive, puis Mettavolution, récompensé en 2020 du Grammy Award du meilleur album instrumental contemporain.
Le samedi 19 septembre, toujours au Palais des Institutions italiennes, place à Diego El Cigala. Fort de plus de 30 ans de carrière, le chanteur s'est imposé comme l'une des grandes voix flamencas de sa génération et l'un des cantaores les plus reconnus à l'international. Lauréat de six Latin Grammy Awards et nommé aux Grammy Awards, il a porté le flamenco bien au-delà de ses frontières traditionnelles, en tissant des liens étroits avec les musiques latines.
Sa trajectoire prend un tournant en 2003 avec Lágrimas Negras, enregistré aux côtés du pianiste cubain Bebo Valdés et produit par Fernando Trueba. Salué par le New York Times, récompensé par deux Grammy Awards et vendu à quelque 2 millions d'exemplaires, l'album scelle la rencontre entre l'âme flamenca du chanteur et l'univers du boléro. C'est ce répertoire qu'il revisite aujourd'hui avec la tournée 20 años de Lágrimas, entre mélancolie et métissage, de l'Espagne à Cuba et du Mexique à l'Argentine.
Un format élargi, dans le sillage de 2024
Le festival inscrit cette édition dans la continuité d'un cru 2024 dont les organisateurs rappellent les chiffres : 59 000 festivaliers, 19 concerts et cinq lieux emblématiques. Forte de ce bilan, l'équipe dit confirmer « la valeur d'un format enrichi » et promet une attention particulière portée aux lieux, aux parcours et à l'accueil.
Pendant trois jours, le Palais des Institutions italiennes doit rester le cœur du dispositif, les jam sessions prolongeant les nuits. Autour des concerts, les festivaliers pourront circuler entre scènes gratuites en ville, cours de danse, food courts et espaces de rencontre, un dispositif que les organisateurs décrivent comme « une expérience en mouvement, à ciel ouvert ».
À l'heure où Tanger cultive son attractivité culturelle, le festival se présente comme un rendez-vous « ouvert et accessible », appelé à poursuivre son développement aux côtés de ses partenaires institutionnels et privés. D'autres noms doivent venir compléter une affiche encore partielle.
Programme et informations : www.tanjazz.org
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