Le TSP représente désormais 65 % de la production d’OCP Nutricrops
OCP Nutricrops, la filiale du groupe OCP dédiée aux engrais, qui prévoit de ramener sa production au maximum de ses capacités d'ici la fin du mois de juin, après avoir réduit ses volumes au deuxième trimestre, accompagne ce redémarrage d'une réorientation de son portefeuille vers des fertilisants moins dépendants du soufre, au premier rang desquels le superphosphate triple (TSP).
Au cours du deuxième trimestre, OCP Nutricrops avait abaissé sa production d'engrais d'environ 30 %, en anticipant un programme de maintenance face à l'envolée des coûts du soufre. Cette flambée est attribuée aux perturbations dans le détroit d'Ormuz et aux restrictions chinoises à l'exportation, deux facteurs qui ont resserré l'approvisionnement de cet intrant clé pour la fabrication de l'acide phosphorique.
Le retour à pleine capacité traduirait, selon l'entreprise, la hausse saisonnière normale de la demande à l'approche des pics agricoles sur ses principaux marchés. OCP Nutricrops affirme que celle-ci demeure « robuste », portée par la saisonnalité plutôt que par les développements géopolitiques, en dépit d'une offre plus tendue. La société s'est toutefois refusée à communiquer une estimation de ses revenus pour l'exercice en cours.
C'est sur la composition même de cette production que se concentre l'inflexion la plus notable. Pour absorber le renchérissement de ses intrants, OCP Nutricrops a accru la part du TSP, un engrais qui nécessite moins de soufre et aucun apport d'ammoniac, contrairement au phosphate diammonique (DAP). Le TSP représenterait désormais environ 65 % des volumes, contre quelque 30 % en 2025, d'après les chiffres avancés par l'entreprise à Reuters.
Ce basculement répond aussi à une demande spécifique, le TSP étant utilisé lors des phases précoces de développement des cultures. Sa progression serait soutenue par de grands marchés agricoles tels que le Brésil et l'Afrique, où les engrais phosphatés sont largement employés, ainsi que par les cultures à forts besoins en phosphore et à plus faibles besoins en azote, comme le soja et les légumineuses. En Europe, les marchés orientés vers la durabilité et l'encadrement des apports azotés joueraient également en faveur de ce produit, selon OCP.
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