Festival Mawazine, l’éclectisme comme signature
S’il ne fallait retenir qu’une caractéristique du festival Mawazine, ce serait son éclectisme. Sa 21e édition, qui s’est déroulée du 19 au 27 juin, en a encore apporté la confirmation. Avec le concert de clôture de Morad et ElGrande Toto, apôtres du rap des deux côtés du détroit, tenu le 27 juin au Stade Prince Moulay Abdallah, le festival vient encore de signer une parenthèse de fête dont le public de la capitale est devenu coutumier.
Rares sont les rendez-vous culturels qui font rencontrer autant de stars internationales à des artistes nationaux profondément ancrés dans la tradition locale. D’édition en édition, la programmation de Mawazine a su proposer un vaste éventail de concerts, allant des tendances musicales les plus « hot » du moment à des scènes plus confidentielles, destinées à un public d'avertis et de connaisseurs.
Éclectisme et accessibilité
Cette année encore, la programmation a joué sur tous les tableaux, entre têtes d'affiche ultra-contemporaines et artistes fidèles aux racines. À l'OLM Souissi des noms comme Ninho, Major Lazer, Tyla, Itzy, Rema, Tiësto, Ty Dolla $ign ou Bebe Rexha ont su allumer chaque soir des dizaines de milliers de jeunes connectés aux tendances mondiales. Du côté de la scène Nahda, place à l'émotion pure avec les grandes voix arabes comme Wael Kfoury, Tamer Hosny, ou encore l’artiste marocain Hatim Amor. Quant à la scène Bouregreg, traditionnellement réservée à la World music, des formations comme Stoneboys, The Ancestors ou Orchestra Baobab ont su faire danser le public. Du côté de Salé, la scène est résolument marocaine avec Abdelaziz Stati, Tahour, Statia, Oulad El Bouazzaoui, Saïd Ould El Houate ou encore Hamid Serghini.
La grande promesse de Mawazine, c’est aussi la gratuité de la majorité de ses concerts, afin que le plus grand nombre profite de cette fenêtre ouverte sur les cultures du monde ou puisse simplement partager une ambiance de fête sur des sonorités bien de chez nous. Au fil des éditions, de larges audiences ont appris à découvrir et à aimer des sons venus d’ailleurs, parfois totalement méconnus du grand public marocain. Proposant des sonorités des Balkans, d’Asie ou des tréfonds de l’Afrique, Mawazine a su cultiver chez son public une curiosité artistique que seuls les plus grands rendez-vous culturels peuvent entretenir.
Les artistes marocains comme cœur battant
Curieux, certes, le public de Mawazine apprécie également les rendez-vous annuels avec les artistes marocains les plus populaires. Des grandes voix les plus classiques comme Nouamane Lahlou aux étoiles les plus populaires du moment, ce sont eux, encore et toujours, qui font vibrer les foules avec le plus de ferveur. Au Stade Prince Moulay Hassan, nouvelle scène inaugurée lors de cette édition, Douzi, Khaled, Morad et ElGrande Toto ont signé deux soirées mémorables, démontrant l’attachement du public marocain à ses artistes.
« Mawazine 2026 restera dans les mémoires comme une édition de tous les records, marquée par l'ouverture de nouveaux espaces emblématiques, une programmation d'exception », ont souligné les organisateurs du festival dans un communiqué. En effet, l’autre première marquante de cette édition, c’est l'entrée du Théâtre Royal de Rabat dans la programmation, avec un moment de grâce signé Dee Dee Bridgewater, célèbre diva du jazz américain. Une soirée qui a confirmé, s’il le fallait encore, que Mawazine sait attirer les noms les plus prestigieux de la chanson internationale.
La fête est passée, mais les grands moments d’émotion qu’elle a offerts au public continueront à résonner longtemps dans les mémoires, jusqu’à la prochaine édition.
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