Festival Jazzablanca déploie sa partition entre scènes urbaines, têtes d’affiche et découvertes musicales
La musique a commencé à résonner bien avant la tombée de la nuit. Au Parc de la Ligue arabe, où Jazzablanca propose une programmation gratuite en parallèle des concerts d'Anfa Park, une scène intimiste a accueilli les premiers festivaliers dans une ambiance décontractée. Assis ou allongés sur les pelouses, des promeneurs, des familles et des curieux se sont laissés porter par les sonorités de Kel Dadès, tandis que des enfants jouaient et dansaient au pied de la scène.
Originaire du Sud-Est marocain, le groupe puise dans les traditions musicales amazighes et les sonorités du desert blues. Avec des textes en Tamazight, ses compositions font dialoguer héritage musical local et influences sahariennes aux sonorités peules ou touarègues. Une entrée en matière à l'image de cette scène gratuite, pensée comme un espace de proximité où le festival se mêle à la vie de la ville.
Casa Anfa, la pop en grand format
À Anfa Park, la soirée a changé d'échelle avec l'entrée en scène de Charlotte Cardin. L'auteure-compositrice-interprète canadienne, révélée par son album Phoenix, a déroulé un répertoire où se succèdent ballades intimistes et morceaux plus incisifs. Entre Take Me Back, Passive Aggressive, Meaningless et Puppy, l'artiste montréalaise a alterné puissance vocale et retenue, ponctuant son concert de confidences sur son parcours sentimental et de son attachement au Maroc, où elle a toujours rêvé de se produire.
L'auteure-compositrice-interprète canadienne Charlotte Cardin, lors de son concert sur la scène Anfa Park, dans le cadre du festival Jazzablanca, le 9 juillet 2026. Crédit : Le Desk Après 23 heures, Mika a pris le relais dans une tout autre énergie. Révélé en 2007 avec Life in Cartoon Motion et le tube Grace Kelly, le chanteur libano-britannique a transformé Casa Anfa en vaste piste de danse. En costume vert scintillant, il a enchaîné Relax, Take It Easy, Modern Times et Eleven, multipliant chorégraphies et échanges avec le public. Trois ans après son précédent passage à Casablanca, il a retrouvé un public toujours aussi réceptif à son univers pop flamboyant.
Scène 21, virtuosité et blues
À quelques mètres de là, la Scène 21 poursuit sa vocation de laboratoire musical. La pianiste japonaise Hiromi Uehara, figure du jazz contemporain, formée au Berklee College of Music, a livré un concert où l’improvisation n’a rien enlevé à la virtuosité. Passant du piano au clavier, jouant parfois des deux instruments simultanément, elle a interprété des compositions de ses albums Sonic Wonderland et Out There, confirmant une approche où la spontanéité occupe une place centrale.
La soirée s'est achevée tout en beauté avec Fantastic Negrito. Derrière ce nom de scène se cache le musicien américain Xavier Amin Dphrepaulezz, plusieurs fois récompensé aux Grammy Awards pour son travail sur le blues contemporain. Guitare en bandoulière, il a proposé un set où blues, rock, soul et funk se sont entremêlés. Pour son public casablancais, il a notamment interprété An Honest Man et Chocolate Samurai.
Encore une soirée où Jazzablanca régalé son public de talents divers en investissant les espaces urbains, confirmant un rendez-vous dorénavant incontournable pour les mélomanes de la ville.
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