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10.07.2026 à 11 H 02 • Mis à jour le 10.07.2026 à 19 H 23
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Mines

Or sénégalais : Managem verrouille 60% de Senala et consolide son hub aurifère de Kédougou

Imad Toumi, président-directeur général du groupe Managem. Imad Toumi, président-directeur général du groupe Managem. Crédit : Managem
Le groupe minier, filiale de la holding royale Al Mada, formalise sa prise de contrôle du projet d'exploration voisin de sa mine de Boto, au terme d'un earn-in de six ans. Son partenaire britannique Oriole Resources, dilué à 34%, ne financera pas la prochaine campagne de 2 millions de dollars

Managem a converti son option sur le projet aurifère de Senala, dans l'est du Sénégal, en participation de contrôle. Sa filiale à 100 % AGEM Senegal Exploration a signé avec le britannique Oriole Resources un accord de coentreprise définitif qui porte sa part à 60 % du projet.


L'opération clôt un cycle ouvert en mars 2018, lorsque Stratex-EMC, véhicule détenu à 85 % par Oriole et à 15 % par le partenaire local Energy and Mining Corporation, avait consenti à AGEM, alors filiale du canadien IAMGOLD, une option d'earn-in lui permettant de monter jusqu'à 70 % du projet contre 8 millions de dollars de dépenses d'exploration sur 6 ans. Managem a hérité de cette position en rachetant AGEM à IAMGOLD en 2023, dans le sillage de son acquisition du gisement voisin de Boto. Au terme de la période d'option, AGEM avait engagé 5,8 millions de dollars (M $), cristallisant un intérêt bénéficiaire d'environ 59 %, formalisé en février 2024.


Une mécanique de dilution asymétrique 

L'accord définitif organise le transfert de la licence d'exploration de Senala, jusqu'ici logée chez Stratex-EMC, vers une nouvelle société commune. AGEM y apporte 212 000 dollars de fonds de roulement pour arrondir sa participation à 60 %. Stratex-EMC conserve les 40 % restants, soit une participation effective de 34 % pour Oriole compte tenu des 15 % détenus par son partenaire sénégalais.


Le pacte prévoit un mécanisme classique de « contribute or dilute  » : tout actionnaire qui ne finance pas sa quote-part des programmes voit sa participation fondre au prorata des dépenses engagées par l'autre. Le dispositif est juridiquement symétrique. AGEM serait soumise aux mêmes termes si elle était la partie diluée, mais son application ne fait guère de doute : Oriole indique d'emblée qu'elle ne prévoit pas de participer au financement de la prochaine campagne. Si la part de Stratex-EMC passait sous le seuil de 10 %, elle se convertirait automatiquement en redevance de 2 % sur les revenus nets de fonderie (NSR).


Pour la junior britannique, qui concentre désormais ses moyens sur ses projets camerounais de Mbe et Bibemi, l'arbitrage est assumé : conserver une exposition optionnelle à un système aurifère potentiellement significatif, sans y consacrer un dollar de trésorerie. « La finalisation de l'accord de coentreprise avec notre partenaire Managem constitue une étape majeure  », a déclaré son directeur général Martin Rosser.


13 000 mètres de forage dès août

Le programme de travaux, budgété à 2 M $ et financé par AGEM, doit démarrer en août 2026. Il comprend 3 000 mètres de forage au diamant répartis sur douze sondages au prospect principal de Faré, destinés à tester les extensions latérales et en profondeur de la structure minéralisée, ainsi que 10 000 mètres de forage à la tarière sur les cibles de Baytilaye et Konkonou, au sud et au sud-est de la licence, où des anomalies géochimiques en sol restent à vérifier. Quatre cibles principales ont été confirmées par forage à ce jour sur le permis, la quatrième étant Madina Bafé.


Le potentiel connu du projet repose sur deux estimations successives. En 2021, Oriole avait publié une première ressource minérale conforme au code JORC pour la seule cible de Faré South : 155 000 onces d'or à une teneur moyenne de 1,26 gramme par tonne (g/t), en catégorie présumée (Inferred), calculée sur un cut-off de 0,30 g/t et dans une enveloppe de fosse à 1 800 dollars l'once, un paramètre daté au regard des cours actuels du métal. En juin 2025, le consultant indépendant Forge International a établi pour l'ensemble du prospect de Faré une cible d'exploration de 17 à 24 millions de tonnes entre 0,69 et 0,84 g/t, soit 380 000 à 650 000 onces contenues, en intégrant les forages réalisés par AGEM durant son earn-in. Cette fourchette, de nature conceptuelle et complémentaire à la ressource de 2021, devra être confirmée par les travaux à venir.


Les intersections historiques rapportées par Oriole justifient l'intérêt de Managem : le forage d'AGEM a notamment recoupé 35 mètres à 3,61 g/t, dont 18 mètres à 6,46 g/t, à Faré Far South, et 5 mètres à 12,45 g/t incluant 2 mètres à 26,61 g/t.


La logique Boto

Pour Managem, Senala s'inscrit dans une stratégie de consolidation territoriale autour de Boto, sa mine d'or sénégalaise entrée en production et créditée d'une réserve estimée à 1,8 million d'onces, avec un objectif de production annuelle de 160 000 onces, des chiffres avancés par Oriole. Le projet, d'une superficie de 354,5 km², se situe à une quinzaine de kilomètres seulement de la mine, au cœur de la boutonnière birimienne de Kédougou-Kéniéba, qui chevauche l'est du Sénégal et l'ouest du Mali.


Le district compte parmi les plus prolifiques d'Afrique de l'Ouest : le complexe Sabodala-Massawa d'Endeavour Mining (5,2 millions d'onces de ressources) côté sénégalais, et le gisement Loulo-Gounkoto de Barrick (11 millions d'onces attribuables) côté malien. Toute once définie à Senala pourrait, à terme, s'envisager comme alimentation satellite des installations de Boto, un schéma que ni Managem ni Oriole n'évoquent formellement à ce stade, mais que l’opération rend difficile à ignorer.

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