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Actu automobile en avant-première
Le fournisseur allemand de systèmes de câblage pour l'automobile a donné, le 11 juin à Casablanca, le coup d'envoi des travaux d'un site de production à Bouskoura, dans la province de Nouaceur
12.06.2026 à 10 H 28 • Mis à jour le 12.06.2026 à 23 H 47 • Temps de lecture : 4 minutes
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Equipementier
Leoni engage sa douzième usine au Maroc, chiffrée à 640 millions de dirhams

Le câblier allemand a lancé, le 11 juin à Casablanca, les travaux d'une nouvelle unité de production à Bouskoura. Un investissement de 640 millions de dirhams qui prolonge un programme d'implantation conclu avec l'État en 2023 et conforte la place du Royaume dans le dispositif industriel mondial du groupe

Leoni ajoute une douzième adresse à sa carte industrielle marocaine. Le fournisseur allemand de systèmes de câblage pour l'automobile a donné, le 11 juin à Casablanca, le coup d'envoi des travaux d'un site de production à Bouskoura, dans la province de Nouaceur. Le projet, chiffré à 640 millions de dirhams, doit s'étendre sur 35 000 m² et générer, selon les données communiquées lors de la cérémonie, près de 4 000 emplois directs et indirects.


L'unité ne se résume pas à une chaîne d'assemblage supplémentaire. Le groupe prévoit d'y adjoindre un centre de formation ainsi qu'un pôle de recherche et développement consacré aux technologies de câblage, orienté vers l'automatisation, la digitalisation et l'intelligence artificielle. Une montée en gamme que la direction marocaine présente comme une réponse à la mutation d'un secteur tiré par l'électrification et la connectivité des véhicules. Le directeur général de Leoni Maroc, Hicham Hannioui, a résumé l'orientation du site autour de la notion de « processus connectés », censés améliorer la qualité livrée aux constructeurs.


Bouskoura, une logique de densification

Le choix du site relève moins de l'opportunité que de la consolidation. Leoni exploite déjà quatre unités à Bouskoura, où le groupe dit maîtriser l'écosystème local, les compétences disponibles et les atouts logistiques. La nouvelle usine s'inscrit ainsi dans la densification d'un pôle existant plutôt que dans une expansion vers un nouveau territoire.


Installé au Maroc depuis 1971, Leoni y emploie aujourd'hui près de 20 000 personnes, réparties jusqu'ici sur onze sites situés notamment à Casablanca, Berrechid, Bouznika et Agadir. Le groupe affiche l'ambition de porter cet effectif à 23 000 collaborateurs dans le Royaume à l'horizon 2027.


Un programme engagé en 2023

Le lancement de Bouskoura prolonge une convention signée en 2023 entre Leoni et le gouvernement, portant sur un programme de développement supérieur à 932 millions de dirhams et sur six projets échelonnés jusqu'en 2027. Le premier jalon visible de cet accord avait été l'inauguration, en janvier 2025, d'une usine à Agadir, dans la zone d'accélération industrielle de Souss-Massa : 230 millions de dirhams d'investissement et plus de 3 000 emplois directs annoncés à terme.


Pour le ministre de l'Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, présent à la cérémonie, cette douzième implantation illustre la capacité du pays à retenir les équipementiers internationaux et à renforcer le taux d'intégration locale. L'argument est récurrent dans le discours public sur la filière, érigée en vitrine de la politique industrielle du Royaume.


Une filière présentée comme un pilier des exportations

Le secteur automobile s'est imposé comme l'un des premiers postes d'exportation du Maroc. Le ministère de tutelle avance plus de 155 milliards de dirhams d'exportations, environ 280 000 emplois directs et quelque 260 acteurs industriels. Le pays est présenté comme le premier producteur africain de voitures particulières et un fournisseur de premier plan du marché européen pour les véhicules thermiques. L'industrie, tous secteurs confondus, pèse environ un quart du produit intérieur brut national.


Le poids de l'Allemagne dans cet écosystème n'est pas neutre. Berlin figure, selon les données présentées par le groupe, parmi les premiers investisseurs étrangers au Maroc, avec des flux nets supérieurs à 2,1 milliards d'euros. La filière du câblage, gourmande en main-d'œuvre, demeure l'un des marqueurs les plus visibles de la montée en gamme industrielle revendiquée par les pouvoirs publics.


La durabilité érigée en argument

Leoni met enfin en avant la dimension environnementale du futur site, à l'image d'installations déjà engagées à Berrechid et Bouznika. Le groupe évoque des solutions centrées sur l'énergie solaire et le traitement des eaux usées. Son directeur financier, Andreas Krifka, a fait valoir une ambition d'« opérations résilientes » et de création de « valeur durable » pour les clients, les salariés et la région. L'entreprise inscrit ces engagements dans un registre plus large de « souveraineté industrielle », formule désormais courante dans la communication des équipementiers présents dans le Royaume.

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