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04.04.2018 à 17 H 40 • Mis à jour le 04.04.2018 à 17 H 40
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Grand écran 2001, de Stanley Kubrick fête ses 50 ans sans une ride

Sorti le 2 avril 1968 aux Etats-Unis, 2001: l'Odyssée de l'espace a marqué son temps, révolutionnant même la science-fiction, en évoquant avec philosophie des sujets comme la conquête spatiale et l'évolution de l'espèce humaine

Fort du succès de son Docteur Folamour (1964), le cinéaste américain Stanley Kubrick (1928-1999) souhaita réaliser un film de science fiction, et parvint à convaincre la MGM de le produire. Il mit cinq ans à réaliser son projet, sollicitant le romancier britannique Arthur C. Clarke pour écrire le scénario, qui s’inspira de la nouvelle La sentinelle (parue en 1951), et passant de longs mois à se documenter, notamment auprès de la NASA.


La première de 2001 : l’odyssée de l’espace eut lieu au cinéma Uptown de Washington. Le film (qui reçut un accueil mitigé à sa sortie, avant de devenir culte) révolutionna le genre, s’appliquant notamment à respecter la réalité des voyages interplanétaires : lenteur des manœuvres, absence de son dans l’espace, réacteurs pas constamment allumés…



Son utilisation de la musique fit également sensation, du générique utilisant Ainsi parlait Zarathoustra de Richard Strauss, (le groupe Pink Floyd regrettera amèrement de n’avoir pas accepté de réaliser la bande-son), aux images d’amarrage à la station en rotation (inspirée de la station inachevée en forme de roue de Wernher von Braun), soutenues par Le Beau Danube Bleu de Johann Strauss.



Découpée en quatre tableaux, l’histoire peut donner lieu à de multiples interprétations philosophiques, qui continuent de susciter le débat.


« Écoutez Dave, je vois que vous êtes vraiment très affecté par cet incident. Et sincèrement, je pense que vous devriez reprendre vos esprits, absorber un tranquillisant, et essayer de faire le point. »


Le combat avec l’ordinateur HAL 9000 (décalage –involontaire ?– des lettres de la marque IBM) figure également dans toutes les anthologies du septième art.


Le film fut récompensé par l’Oscar des meilleurs effets spéciaux (supervisés par Douglas Trumbull) en 1969.


Aujourd’hui, le rêve des amateurs de science-fiction est (presque) en passe de se réaliser : pénétrer dans une reproduction de la célèbre chambre à coucher de 2001 : l’Odyssée de l’espace, exposée à Washington à l’occasion des 50 ans de la sortie du chef d’œuvre de Stanley Kubrick. « 2001 » Celebrates 50 Years


La reproduction de la fameuse chambre à coucher de «2001» au National Air and Space Museum, à Washington, D.C. Leo Mouren/AFP


Les visiteurs du célèbre Musée de l’air et de l’espace de la capitale américaine peuvent arpenter cette pièce de huit mètres sur 10, où le docteur David Bowman se voit vieillir à la fin du film, avant de renaitre.


Recréée à l’identique, mais monolithe non inclus, l’œuvre, intitulée The Barmecide Feast, impressionne par sa lumière agressive, comme elle avait été capturée sur pellicule par Kubrick.


Le public pourra donc « apprécier l’environnement physique autour des objets exposés », lit, chaises, tableaux et sculptures, explique à l’AFP Martin Collins, conservateur du musée.


« Pour Kubrick, il était important que la lumière ne vienne pas des projecteurs mais qu’elle soit intégrée dans la scène elle-même », ajoute-t-il pour expliquer l’intensité dégagée par cette chambre de style néo-classique.



L’installation, bluffante de réalisme et montée par l’artiste britannique Simon Birch, est un moyen pour le musée de rendre hommage à l’œuvre de Kubrick, considérée comme l’un des plus grands films de l’histoire du cinéma.


Avant des succès comme Star Wars ou Blade Runner, le réalisateur américain a révolutionné la science-fiction avec ce long métrage épique et métaphysique, co-écrit avec le Britannique Arthur C. Clarke.


Sorti en avril 1968 aux Etats-Unis, 2001 : l’Odyssée de l’espace a marqué son temps, en évoquant avec philosophie des sujets comme la conquête spatiale et l’évolution de l’espèce humaine. Un an avant que l’Homme ne marche sur la Lune pour la première fois, « les gens étaient préoccupés par leur futur. C’était une époque, dans les années 60 où, aux Etats-Unis comme dans l’Union soviétique, les avancées scientifiques et technologiques étaient très spectaculaires », analyse Martin Collins.


Mais ces progrès venaient avec leur lot de questionnements, notamment sur l’avenir de l’humanité, ajoute-t-il. Et d’une certaine manière 2001 y répondait.


L’une des particularités du film, qui lui vaut notamment d’être honoré par un musée aussi prestigieux que celui de l’air et de l’espace, est son respect de la rigueur scientifique.


A l’inverse de Star Wars, par exemple, la réalité du silence dans l’espace est observée. Pendant des dizaines de minutes, les spectateurs sont ainsi plongés dans des scènes sans bruit et sans dialogue, donnant au film un rythme lent et envoûtant.



« Les scènes dans l’espace s’inscrivent dans la connaissance scientifique du début des années 60 », explique Martin Collins.


« Kubrick et Clarke faisaient très attention à la précision », ajoute-t-il, en précisant avec un sourire : « Mais quand ils abordent l’avenir de l’humanité, on est plus dans la spéculation ».


La chambre exposée au musée ne fait en effet pas vieillir les visiteurs, ni rajeunir ceux qui auraient vu ce film en salles à sa sortie.