Abonnez-vous !

Connectez-vous

Mot de passe oublié ?

Abonnez-vous !

Découvrez l'offre de lancement du Desk

60 DH
1 mois
Découvrir les offres
L'agenda
25.09.2020 à 14 H 21 • Mis à jour le 25.09.2020 à 14 H 21
Par

Expo Des clichés de «Juifs du Maroc» pris par Jean Besancenot dans les années 30 exposés à Paris

Une exposition de photographies de Jean Besancenot au Musée d'art et d'histoire du judaïsme (MahJ) à Paris offre un aperçu rare de la vie de la population juive marocaine à la fin des années 1930

Une exposition de photographies, qui se déroule au Musée d’art et d’histoire du judaïsme (mahJ) à Paris jusqu’en mai de l’année prochaine, offre un aperçu rare sur la population juive du Maroc à la fin des années 30, le pays abritait alors plus de 250 000 Juifs, soit la plus grande communauté israélite du monde arabe.


« Juifs du Maroc » présente une soixantaine de photographies et de dessins en noir et blanc du photographe et peintre français Jean Besancenot, qui a voyagé plusieurs fois au Maroc et dont on connaît aujourd’hui le célèbre ouvrage sur les costumes et parures du pays.


Les images ont été prises entre 1934 et 1937. Elles sont à la fois un portrait intime et documentaire de la communauté juive du Maroc –  certains hommes, femmes et enfants posant dans des vêtements élaborés sur un fond neutre, d’autres de personnes pratiquant des activités quotidiennes. Dans l’ensemble, l’exposition préserve et présente « un fond inestimable sur les communautés juives rurales du Maroc qui n’existent plus », selon un communiqué publié par le musée.


La co-commissaire de l’exposition, Hannah Assouline, une photographe française avec plus de 30 ans d’expérience, née en Algérie et résidant à Paris explique sa passion pour ces photographies : l’une d’elles est celle de son père, alors adolescent, le rabbin Messaoud Assouline.


Goulmima, Région du Tafilalet Jeune femme en blanc. MahJ. (Adagp, Paris, 2020)


« J’ai rencontré Jean Besancenot en 1985, lorsque mon intérêt pour la photographie a commencé », a déclaré Assouline à Arab News. « Dès que Besancenot m’a vu, il a immédiatement su d’où je venais. Il m’a dit : « Vous venez de Tafilalet et vous êtes juive ». Besancenot avait 2 800 photographies représentant le monde juif du Maroc.


Par hasard, Assouline tomba sur un cliché de 1935 d’un très jeune couple marié et remarqua que le garçon ressemblait à l’un de ses neveux. Intriguée, elle a acheté la photographie –  ainsi que six autres comme cadeaux pour ses frères et sœurs –  et était impatiente de les montrer à sa famille. A sa vue, son père s’est reconnu sur l’image vieille de 50 ans.


Le père d’Assouline, alors âgé de 13 ans avait été photographié à Erfoud dans le grand sud marocain.


Erfoud, Région du Tafilalet Messaoud Assouline (Tinghir, 1922 - Jérusalem, 2007), 13 ans, en costume de mariage Collection Hannah Assouline. (Adago, Paris, 2020)


La présence de femmes juives domine l’œuvre de Besancenot. Leurs coiffes imposantes et leurs superpositions volumineuses de colliers, boucles d’oreilles et bracelets étaient au cœur de leur identité, de leur beauté et, dans certains cas, de leur statut social. « Sur certaines photos, vous verrez des femmes portant de vieux vêtements déchirés, mais elles portent toujours tous leurs bijoux », a noté Assouline.


Film présenté dans l’exposition “Comment j’ai retrouvé la photo de mon père” 
Lorsqu’elle rencontre en 1984 le photographe Jean Besancenot (1902-1992), Hannah Assouline tombe par hasard sur un portrait de son père, le rabbin Messaoud Assouline, photographié par Besancenot lorsqu’il était enfant dans l’oasis d’Erfoud, au Maroc. Aujourd’hui co-commissaire de l’exposition « Juifs du Maroc, 1934-1937 », elle raconte l’histoire de cette image oubliée et de sa réappropriation par son père, né à Tinghir en 1920, élève du rabbin Baba Salé, qui devint à son arrivée en France rabbin de la rue du Bourg Tibourg (Paris 4e)… 



Juifs du Maroc, 1934-1937 Photographies de Jean Besancenot
du mardi 30 juin 2020 jusqu’au dimanche 2 mai 2021
Commissaires
Hannah Assouline et Dominique Carré
Coordination
Nicolas Feuillie, mahJ
Partenaires
Avec le concours du musée du quai Branly – Jacques Chirac, de l’Institut du monde arabe et du musée berbère, fondation Majorelle, Marrakech