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12.07.2025 à 17 H 13 • Mis à jour le 12.07.2025 à 17 H 13 • Temps de lecture : 4 minutes
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Festival Jazzablanca 2025 : une soirée aux couleurs du monde portée par Dominique Fils-Aimé, Oum et Ibrahim Maalouf

Animée par les prestations de Dominique Fils-Aimé, Oum et Ibrahim Maalouf, la soirée du vendredi 11 juillet à Jazzablanca 2025 a offert un condensé de diversité musicale et d’émotions partagées. Entre scène et rue, voix du monde et jeunes talents marocains, le festival a célébré l’universalité du jazz et la richesse des croisements culturels qui font vibrer Casablanca

La soirée du vendredi 11 juillet a offert à Casablanca un moment de grâce musicale, marqué par l’élégance et la diversité des expressions artistiques. Portée par des figures majeures du jazz et des musiques du monde, l’édition 2025 du festival Jazzablanca a tenu ses promesses en offrant au public une série de performances de haute tenue, entre sophistication instrumentale, profondeur émotionnelle et fusion des identités.


Sur la Scène 21, c’est la chanteuse montréalaise Dominique Fils-Aimé qui a ouvert la soirée avec une présence à la fois discrète et magnétique. Dans une atmosphère recueillie, presque intime, sa voix limpide et expressive a su instaurer un climat d’écoute rare. Maîtrisant chaque nuance de son répertoire, l’artiste a construit un lien subtil avec le public, qui s’est laissé peu à peu captiver par la cohérence de son univers sonore, mêlant soul, jazz et blues dans un fil narratif aussi délicat qu’engagé.


Jazzablanca : Les scènes du festival brillent sous les notes de Dominique Fils-Aimé, Oum et Ibrahim Maalouf. Crédit: MAP


La soirée s’est poursuivie sur la scène Casa Anfa, où Oum a proposé une performance habitée, traversée par les influences croisées du jazz, de la soul et des musiques traditionnelles marocaines. Défendant son cinquième opus, Dakchi, la chanteuse a exploré les ponts entre les racines et les élans modernes, avec une énergie sereine et une profondeur de ton qui confirme sa place singulière dans le paysage musical marocain et international. Entre les morceaux, Oum a évoqué un art de la rencontre, célébrant ce qui relie les cultures, les générations et les émotions.


Sur la même scène, Ibrahim Maalouf a ensuite offert un moment d’intensité narrative et musicale avec un spectacle construit autour de l’idée d’un mariage oriental et mixte, conçu comme une allégorie de l’union des différences. Accompagné de ses musiciens, le trompettiste franco-libanais a emporté le public dans un voyage généreux, joyeux et rythmé, où chaque morceau racontait une facette de cette célébration symbolique.


Jazzablanca : Les scènes du festival brillent sous les notes de Dominique Fils-Aimé, Oum et Ibrahim Maalouf. Crédit: MAP


Interrogé par la presse, Maalouf a confié le plaisir tout particulier de retrouver Casablanca, ville avec laquelle lui et son équipe entretiennent une relation affective forte, nourrie par les souvenirs chaleureux des précédentes éditions de Jazzablanca. « Chaque morceau que je joue ici prend une couleur particulière. Le mariage, au-delà de l’amour, symbolise cette force que donne la diversité dans un monde incertain », a-t-il expliqué, tout en saluant le soutien du public marocain, nombreux à le suivre et l’encourager sur les réseaux sociaux.


Parallèlement aux grandes scènes, la ville a résonné aux sons de fanfares et d’expériences musicales ouvertes. Glen David Andrews, tromboniste emblématique de La Nouvelle-Orléans, a mené une parade festive dans les rues de Casablanca, de Rick’s Café au Marché Central. Une deuxième déambulation est prévue samedi, d’Anfa Place jusqu’à l’Hôtel Suisse, prolongeant la fête dans l’espace public.


Le Parc de la Ligue Arabe, investi par la scène Nouveau Souffle, a vu se produire Anas Chlih Quintet, formation marocaine qui explore les liens entre jazz modal et musiques traditionnelles locales, dans une veine à la fois contemporaine et enracinée. La scène accueillera samedi une dernière performance avec Soukaina Fahsi, jeune voix du folk marocain contemporain, dont la sensibilité et la sincérité trouvent un écho grandissant.


En alliant grands noms et jeunes talents, performances scéniques et interventions dans l’espace urbain, Jazzablanca 2025 confirme son statut de rendez-vous culturel majeur, ancré à Casablanca mais ouvert au monde. Dans cette édition marquée par l’hybridation, l’écoute et la mémoire, le festival donne à voir un jazz vivant, en mouvement, miroir des métissages qui traversent nos sociétés.

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