Festival Le soulman Michael Kiwanuka magnétise le Théâtre Mohammed V
Le Théâtre Mohammed V a vibré au rythme des harmonies profondes et des textes habités de Michael Kiwanuka, figure incontournable de la soul britannique contemporaine. Dès les premières notes de Rule the World, le ton était donné : une voix rugueuse et magnétique, portée par une instrumentation subtile mêlant folk, rock et soul, signature d’un artiste qui transcende les genres et touche au cœur.
Devant un public conquis, l’auteur-compositeur-interprète, né à Londres de parents ougandais, a enchaîné les morceaux avec une sincérité désarmante. « C’est merveilleux de chanter dans cette ville magique ce soir », a-t-il lancé en toute simplicité, déclenchant une salve d’applaudissements. Le lien avec la salle, dense et immédiat, s’est renforcé à chaque morceau.
Avec Love and Hate, pièce maîtresse de son répertoire, Kiwanuka a exploré les tensions identitaires, le poids du passé, et l’espoir fragile d’un monde meilleur. La salle, suspendue à ses mots, a basculé dans une écoute quasi religieuse. L’intensité n’est pas retombée lorsque le chanteur a entonné Four Long Years, témoignage vibrant d’une quête personnelle prolongée.
Mais c’est avec Home Again, repris en chœur par le public, que la magie a atteint un sommet d’humanité. Comme un retour aux sources, cette ballade introspective a fait résonner un sentiment universel de déracinement et de renaissance, dans une atmosphère de grâce collective.
Enfin, l’attendu Cold Little Heart, pièce épique popularisée par la série Big Little Lies, a clos la soirée avec une charge émotionnelle rare. Les arpèges de guitare, les montées orchestrales et la voix profonde de Kiwanuka ont enveloppé la salle dans une vague de frissons.
Couronné par un Mercury Prize en 2020 pour son album Kiwanuka, et salué aux Brit Awards, Michael Kiwanuka s’impose, concert après concert, comme l’un des artistes les plus puissants et authentiques de sa génération. Sa venue au Festival Mawazine, dans ce cadre intime du Théâtre Mohammed V, restera comme un moment de pure émotion musicale.
Organisé sous le Haut Patronage du Roi Mohammed VI, le Festival Mawazine – Rythmes du Monde poursuit jusqu’au 28 juin sa célébration de la diversité sonore, accueillant à Rabat et Salé les voix majeures de la scène arabe et internationale. Dimanche soir, c’était celle, inimitable, de Michael Kiwanuka qui s’est élevée.
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